Érythrée : Asmara, conditions d’accès et sécurité

L’Érythrée est l’un des pays les plus fermés d’Afrique, et le ministère des Affaires étrangères y déconseille tout déplacement hors de la capitale, Asmara, sauf raison impérative ; les zones frontalières avec l’Éthiopie et le Soudan sont formellement déconseillées. Le voyage reste possible mais très encadré : visa à obtenir à l’avance à l’ambassade d’Érythrée à Paris, permis de voyage obligatoire pour s’éloigner de plus de 25 km d’Asmara, véhicule avec chauffeur imposé au-delà, paiements uniquement en liquide. Cette page présente le pays et ses conditions réelles d’accès.

L’Érythrée en un coup d’œil

RepèreCe qu’il faut savoir
CapitaleAsmara, à environ 2 300 m d’altitude
Languestigrinya, arabe et anglais sont les plus utilisés ; neuf langues nationales
Monnaienakfa (ERN), non convertible hors du pays ; pas de distributeur ni de paiement par carte
Décalage avec Paris+2 h en hiver, +1 h en été
Accès depuis Parisaucun vol direct ; une escale, notamment via Le Caire, Istanbul ou Dubaï
Formalités (Français)visa obligatoire, à demander à l’ambassade d’Érythrée à Paris (délai d’environ deux à trois semaines) ; pas de visa à l’arrivée sauf exception ; à vérifier avant le départ
Déplacementspermis de voyage (travel permit) du ministère du Tourisme pour aller au-delà de 25 km d’Asmara
Sécuritéhors d’Asmara : déconseillé sauf raison impérative ; frontières : formellement déconseillées

Où se trouve l’Érythrée

Le pays occupe la côte africaine de la mer Rouge, dans la Corne de l’Afrique, entre le Soudan au nord-ouest, l’Éthiopie au sud et Djibouti au sud-est. Il couvre environ 120 000 km² et se divise en trois ensembles : les hauts plateaux du centre, où se trouvent Asmara et la plupart des villes ; les basses terres de l’ouest, chaudes et semi-arides, vers le Soudan ; et la longue plaine côtière, qui descend jusqu’à la dépression du Danakil, l’une des régions les plus chaudes du globe. Au large de Massaoua s’étend l’archipel des Dahlak, plus d’une centaine d’îles coralliennes.

Histoire en bref

Le port d’Adulis, sur la côte, fut l’un des débouchés du royaume d’Aksoum dans l’Antiquité ; les vestiges de Qohaito, sur le plateau, datent de la même époque. L’Italie colonise le territoire à partir de la fin du XIXe siècle et en fait sa colonie d’Érythrée, avant d’être chassée par les Britanniques en 1941. Fédérée à l’Éthiopie en 1952 puis annexée en 1962, l’Érythrée mène une guerre d’indépendance de trente ans et devient indépendante en 1993, après un référendum. Une nouvelle guerre frontalière avec l’Éthiopie a suivi de 1998 à 2000. Depuis l’indépendance, le pays est dirigé par un parti unique, sans élection nationale ; le service national y est obligatoire et de durée indéterminée.

Ce qu’on peut voir

Asmara, ville moderniste

Asmara est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2017 pour son ensemble d’architecture moderniste de l’époque coloniale italienne, bâti surtout dans les années 1930 : la station-service Fiat Tagliero en forme d’avion, le cinéma Impero, la cathédrale catholique, les cafés de l’avenue Harnet où l’on boit encore le macchiato. La ville est calme, propre et, selon le ministère, la petite délinquance y reste très limitée. Le marché, la grande mosquée et la cathédrale orthodoxe Enda Mariam témoignent de la double tradition chrétienne et musulmane du pays.

Hors de la capitale (avec permis)

  • La route Asmara-Massaoua : environ 115 km et 2 300 m de descente vers la mer Rouge, sur une route de montagne sans parapets, dangereuse en fin de journée. Le chemin de fer construit par les Italiens, qui suit le même trajet, fonctionne surtout pour des circulations touristiques affrétées.
  • Massaoua : vieux port ottoman et égyptien, maisons de corail, en partie en ruines depuis les guerres ; c’est aussi la porte d’accès aux îles Dahlak, réputées pour leurs fonds marins.
  • Keren : ville des hauts plateaux connue pour son marché du lundi aux dromadaires et au bétail.
  • Qohaito et Metera : sites archéologiques de l’époque aksoumite, au sud-est d’Asmara.

Tous ces lieux se trouvent hors de la zone d’Asmara : le ministère y déconseille les déplacements sauf raison impérative, et un permis peut être refusé ou des zones fermées sans préavis.

Climat : quand partir

Grâce à l’altitude, Asmara a un climat doux toute l’année : 21 à 25 °C l’après-midi, des nuits fraîches, et une saison des pluies concentrée en juillet-août (175 et 156 mm). La côte est à l’opposé : à Massaoua, les maximales dépassent 40 °C de juin à août et il ne pleut qu’un peu en hiver. Les mois d’octobre à mars sont les plus agréables pour combiner les deux.

Climat d’Asmara mois par moisMaximales moyennes à Asmara (normales 1961-1990) : 21 à 25 °C toute l’année. Pluie : moins de 5 mm de décembre à février, 175 mm en juillet et 156 mm en août. Période la plus favorable : octobre à mars ; juillet-août pluvieux.°C max22J424F225M1525A3325M4125J3822J17522A15623S1622O1522N2022D3Pluie (mm)Sec et doux, côte supportablePetites pluies ou côte très chaudeSaison des pluies sur le plateau
Climat d’Asmara (normales 1961-1990) : maximales moyennes en °C, pluie en mm.

Conditions réelles d’accès

  • Visa : obligatoire, demandé avant le départ à l’ambassade d’Érythrée à Paris ; plusieurs types (tourisme, affaires…), et le régime des autorisations de déplacement dépend du type de visa.
  • Arrivée : par avion à l’aéroport d’Asmara ; les frontières terrestres avec l’Éthiopie et Djibouti sont fermées, et les autorisations pour les zones frontalières ne sont en principe pas accordées.
  • Déclarations : tous les appareils électroniques doivent être déclarés à l’arrivée, ainsi que les devises au-delà de 10 000 dollars. Les contrôles sont stricts, avec confiscations et amendes en cas d’oubli.
  • Argent : emportez des espèces (dollars ou euros) à changer dans les bureaux officiels ; il est interdit de sortir plus de 1 000 nakfas du pays.
  • Photos : interdiction de photographier bâtiments officiels et installations militaires ; certains sites, comme le cimetière de chars d’Asmara, demandent une autorisation préalable.
  • Assistance : l’ambassade de France à Asmara a des moyens très limités et ne peut pas intervenir rapidement hors de la capitale ; en cas d’arrestation, les autorités ne préviennent pas l’ambassade.

Santé et sécurité

Les médicaments disponibles sur place se limitent à une liste de base et des pénuries existent : emportez votre traitement pour tout le séjour. La vaccination contre la fièvre jaune est fortement recommandée ; demandez conseil à un centre de vaccinations internationales pour les autres vaccins et la prévention du paludisme. Une assurance couvrant l’hospitalisation et l’évacuation sanitaire est indispensable (choisir une assurance voyage). Hors des routes principales, des mines peuvent subsister. Ne roulez pas de nuit. La navigation de plaisance en mer Rouge et vers le détroit de Bab-el-Mandeb est fortement déconseillée.

La situation peut évoluer : consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour l’Érythrée avant tout projet.

Pays voisins

Pour découvrir la Corne de l’Afrique dans des conditions plus ouvertes, voyez nos pages sur l’Éthiopie et sur Djibouti. Pour la plongée en mer Rouge, l’Égypte est bien plus accessible. Toutes les destinations du continent sont sur notre page voyager en Afrique.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale de l’Érythrée ?

Asmara, sur les hauts plateaux, à environ 2 300 m d’altitude. Son centre moderniste est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Peut-on faire du tourisme en Érythrée ?

Oui, mais dans un cadre très contraint : visa préalable, permis de voyage pour sortir d’Asmara, chauffeur obligatoire au-delà de 25 km, paiements en liquide. Le ministère des Affaires étrangères déconseille les déplacements hors de la capitale sauf raison impérative.

Quelle est la situation de l’Érythrée ?

Le pays est gouverné par un parti unique depuis l’indépendance de 1993, sans élection nationale, et reste très fermé. Ses frontières terrestres avec l’Éthiopie et Djibouti sont fermées, et les régions frontalières sont formellement déconseillées.

Quelle monnaie utiliser en Érythrée ?

Le nakfa, qu’on obtient en changeant des dollars ou des euros dans les bureaux officiels d’Asmara ou à l’aéroport. Il n’y a ni distributeur ni paiement par carte ; certains hôtels demandent à être payés en dollars.