Voyage en Guinée-Bissau : Bijagós, quand partir et sécurité
La Guinée-Bissau se visite surtout pour l’archipel des Bijagós, 88 îles et îlots de mangroves, de plages et de forêts de palmiers, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. La meilleure période est la saison sèche, de novembre à avril ; comptez 7 à 10 jours pour Bissau et deux ou trois îles. Le visa est obligatoire, tout comme le vaccin contre la fièvre jaune, et il n’existe pas de vol direct depuis Paris. Le Quai d’Orsay demande une vigilance renforcée sur tout le territoire et déconseille, sauf raison impérative, la zone frontalière avec le Sénégal.
La Guinée-Bissau en un coup d’œil
| Repère | À savoir |
|---|---|
| Capitale | Bissau |
| Langues | portugais (officielle) ; créole (kriol), langue commune ; langues locales (balante, peul, mandingue, bijago…) |
| Monnaie | franc CFA d’Afrique de l’Ouest (XOF), à parité fixe avec l’euro ; espèces indispensables |
| Décalage avec Paris | −1 h en hiver, −2 h en été |
| Vol depuis Paris | pas de vol direct ; une escale à Lisbonne, Casablanca ou Dakar, soit souvent 8 à 12 h de trajet |
| Formalités (Français) | passeport, visa à demander à l’ambassade avant le départ, fièvre jaune obligatoire ; à vérifier avant le départ |
| Meilleure période | novembre à avril (saison sèche) |
| Superficie | 36 125 km², un peu plus que la Belgique |
Sécurité : ce qu’il faut savoir
- Frontière avec le Sénégal (Casamance) : zone déconseillée sauf raison impérative. Des trafics y circulent et certaines parties, mal délimitées, sont encore minées. Ne quittez jamais les routes bitumées ; sur l’axe Bissau-Ziguinchor, restez sur la route principale entre Ingoré et le poste frontière de Mpack.
- Reste du pays : vigilance renforcée. On peut circuler avec des précautions simples : pas de trajet de nuit (routes dégradées, véhicules sans éclairage, coupeurs de route sur les axes secondaires), portières verrouillées en voiture, pas d’objets de valeur visibles.
- Contexte politique : le pays a connu de nombreux coups d’État et crises depuis l’indépendance. Tenez-vous à l’écart de tout rassemblement, surtout dans le centre de Bissau.
- Santé : aucun service d’urgence adapté à un accident grave et pas d’avion sanitaire sur place ; le plus proche est à Dakar, à environ 1 h 30 de vol. Une assurance voyage couvrant l’évacuation sanitaire est indispensable.
L’ambassade de France à Bissau a des capacités d’aide limitées ; le consulat général de Dakar est compétent pour les démarches. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs de la Guinée-Bissau avant le départ, la situation pouvant évoluer.
Quand partir en Guinée-Bissau ?
Le climat est tropical, avec deux saisons nettes. De novembre à avril, il ne pleut pratiquement pas, les maximales vont de 32 à 36 °C et l’harmattan peut voiler le ciel de poussière en début d’année : c’est la saison du voyage, des traversées en bateau et de l’observation des oiseaux migrateurs. Mars et avril sont les mois les plus chauds. La saison des pluies, de juin à octobre, apporte des pluies diluviennes (près de 470 mm en août à Bissau), rend les pistes et la mer difficiles et ferme une partie des campements.
L’archipel des Bijagós
Formé par l’ancien delta des fleuves Geba et Grande de Buba, l’archipel compte environ 88 îles et îlots, dont une vingtaine habités. Réserve de biosphère de l’Unesco depuis 1996, il a été inscrit au patrimoine mondial pour ses écosystèmes côtiers et marins : c’est le seul archipel deltaïque actif de la côte atlantique africaine. Les vasières et mangroves accueillent chaque hiver des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs venus d’Europe.
- Bubaque : l’île la plus peuplée et la plus accessible, avec des pensions et campements, le point de départ habituel vers les autres îles.
- Orango et son parc national (1 582 km², terre et mer) : on y observe des hippopotames qui vivent entre lagunes d’eau douce et mer, un comportement très rare. L’Orango Hôtel, lié au parc, organise les transferts en bateau depuis Bissau ou Quinhamel.
- Parc marin de João Vieira et Poilão : îles inhabitées où pondent les tortues vertes, imbriquées et olivâtres ; Poilão est une île sacrée pour les Bijagós et son accès est très encadré.
- Bolama : ancienne capitale de la Guinée portugaise, aux bâtiments coloniaux en ruine envahis par la végétation.
La culture bijago est singulière : sociétés où les femmes tiennent un rôle important dans la vie religieuse et la répartition des terres, îles sacrées interdites aux non-initiés, cérémonies et masques animaliers. Respectez les interdits signalés par les guides. Les déplacements se font en pirogue motorisée ou en bateau rapide affrété ; une liaison par bateau relie Bissau à Bubaque, avec des horaires dépendant des marées. Les traversées sont longues et parfois agitées : choisissez un prestataire équipé de gilets de sauvetage.
Que voir sur le continent ?
- Bissau : la vieille ville portugaise de Bissau Velho, la forteresse d’Amura, le port de pêche et le marché de Bandim, très animé. Le carnaval, avant le carême (février ou mars), mêle masques et danses de toutes les ethnies.
- Cacheu : l’une des plus anciennes implantations européennes d’Afrique subsaharienne, sur le fleuve du même nom ; fort portugais et mémorial de l’esclavage. Le parc naturel des mangroves du fleuve Cacheu est tout proche.
- Varela : les plus longues plages du pays, à l’extrême nord-ouest ; la localité est proche de la frontière sénégalaise, renseignez-vous sur la zone déconseillée avant d’y aller.
- Cantanhez, au sud : forêts humides où vivent des chimpanzés, accessibles avec des guides communautaires.
Y aller et se déplacer
Aucun vol direct ne relie la France à Bissau. Les itinéraires habituels passent par Lisbonne (TAP Air Portugal), Casablanca (Royal Air Maroc) ou Dakar (vols régionaux). Par la route, Bissau est reliée à Ziguinchor, en Casamance, puis à Dakar, mais la zone frontalière est déconseillée. Sur place, les taxis-brousse et minibus relient les villes ; une voiture avec chauffeur est plus sûre pour les longs trajets, toujours de jour.
Formalités, santé et budget
- Visa obligatoire, à demander à l’ambassade de Guinée-Bissau à Paris. Un visa à l’aéroport n’est possible que dans des cas précis (invitation signalée à l’avance au service de l’immigration, urgence), payable en espèces et souvent plus cher.
- Fièvre jaune : vaccination obligatoire, dans un centre agréé.
- Paludisme présent : traitement préventif à voir avec un médecin et protection contre les moustiques.
- Douane : déclaration détaillée des marchandises à l’arrivée et contrôle des changes.
Prévoyez des euros en espèces à changer en francs CFA : les distributeurs sont rares hors de Bissau et les cartes peu acceptées. L’hébergement dans les îles, souvent en pension complète, et les transferts en bateau affrété sont les plus gros postes de dépense.
Combiner avec les pays voisins
La Guinée-Bissau se combine avec le Sénégal (Saloum, Dakar ; la Casamance voisine fait l’objet de restrictions près de la frontière) ou la Gambie. Au sud et à l’est, la Guinée prolonge les paysages de mangroves. Pour un autre archipel lusophone, plus facile d’accès, voyez le Cap-Vert. D’autres idées sur notre sélection des plus beaux endroits d’Afrique à visiter et toutes nos destinations en Afrique.
Questions fréquentes
Quelles sont les plus belles plages de Guinée-Bissau ?
Celles des Bijagós, autour de Bubaque, d’Orango et des îles voisines, et les longues plages de Varela, au nord-ouest du continent. Varela étant proche de la frontière sénégalaise, vérifiez la zone déconseillée avant de vous y rendre.
Faut-il un visa pour la Guinée-Bissau ?
Oui, il se demande à l’ambassade de Guinée-Bissau à Paris avant le départ. Le visa à l’aéroport n’est accordé que dans des cas particuliers. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire. À vérifier avant le départ.
Comment aller aux Bijagós ?
En bateau depuis Bissau : la liaison régulière vers Bubaque, ou un bateau rapide affrété par un hébergement ou un prestataire. Comptez plusieurs heures selon l’île et les marées. Voyagez de jour et avec des gilets de sauvetage.
La Guinée-Bissau est-elle dangereuse ?
Le pays est en vigilance renforcée et la zone frontalière avec le Sénégal est déconseillée sauf raison impérative. Les principaux risques sont la route de nuit, la petite délinquance à Bissau, l’instabilité politique et surtout l’absence de soins d’urgence.
