Haïti : pays, histoire, patrimoine et conditions de voyage

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre en Haïti, sur l’ensemble du territoire, en raison de l’activité de gangs armés, d’une criminalité très élevée et d’un risque d’enlèvement important. Cette page n’est donc pas un guide de séjour : elle présente le pays (situation, histoire, patrimoine, langues, monnaie) et les conditions réelles d’accès. Avant tout projet, consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour Haïti, la situation pouvant évoluer.

Haïti en bref

ContinentAmérique, dans les Caraïbes (Grandes Antilles)
SituationTiers ouest de l’île d’Hispaniola, partagée avec la République dominicaine
Superficie27 750 km²
PopulationEnviron 11,6 millions d’habitants
CapitalePort-au-Prince ; deuxième ville : Cap-Haïtien, au nord
Langues officiellesCréole haïtien et français
MonnaieGourde haïtienne (HTG)
Décalage avec Paris−6 h (heure d’été appliquée dans les deux pays)
Point culminantPic la Selle, 2 680 m
Indépendance1er janvier 1804, vis-à-vis de la France
Avis du Quai d’OrsayEnsemble du pays formellement déconseillé

Est-il dangereux d’aller en Haïti ?

Oui. Selon le Quai d’Orsay, aucune zone du pays n’est exempte de risques. Les dangers décrits sont durables :

  • Port-au-Prince et ses environs : gangs armés, enlèvements, braquages, y compris sur le trajet entre l’aéroport et la ville, où des voyageurs sont ciblés dès leur arrivée. Les quartiers de l’ouest de la capitale et les zones défavorisées, de Cité Soleil au centre-ville, sont particulièrement exposés, la traversée de Martissant et de Carrefour est très dangereuse, et l’entrée ou la sortie de la capitale par la route est formellement déconseillée.
  • En province : le département de l’Artibonite, la route nationale 1 entre Saint-Marc et Les Gonaïves, la zone entre Croix-des-Bouquets et l’étang Saumâtre (dont la route vers le poste frontière de Malpasse) et l’île de la Tortue font l’objet d’un avis formel. La frontière avec la République dominicaine est un lieu de trafics et de violences.
  • Risques naturels : le pays se trouve sur une zone sismique active, et la saison cyclonique court de juin à novembre ; les ouragans ont plusieurs fois dévasté le sud et l’ouest.

Le ministère déconseille aussi les taxis individuels, la conduite de nuit, la randonnée et le bivouac en montagne (les « mornes »), ainsi que le mouillage des bateaux de plaisance, en raison d’actes de piraterie. Les personnes qui doivent malgré tout s’y rendre pour des raisons impératives (famille, mission professionnelle) organisent leur arrivée avec une structure sur place et s’inscrivent sur le service Ariane.

Comment se rendre en Haïti et quelles formalités ?

Haïti dispose de deux aéroports internationaux, Port-au-Prince et Cap-Haïtien. Il n’existe pas de liaison directe stable depuis la France : les vols passent en général par les États-Unis (Miami notamment), ce qui impose l’ESTA ou un visa américain en transit, et la desserte est régulièrement perturbée par l’insécurité. Pour un Français, il faut :

  • un passeport valide six mois après la date de retour prévue, y compris en arrivant par la République dominicaine ;
  • s’acquitter à l’arrivée d’une taxe touristique payable en devises (dollars américains ou canadiens, ou euros) ;
  • conserver précieusement la carte verte « Départ/Sòti » remise à l’entrée : elle est exigée à la sortie du territoire.

Un séjour de moins de 90 jours ne demande pas de visa. Ces règles sont à vérifier avant le départ auprès de l’ambassade d’Haïti à Paris. Dans l’autre sens, un ressortissant haïtien qui souhaite venir en France doit en principe demander un visa sur le site officiel France-Visas, puis déposer son dossier selon les modalités indiquées par l’ambassade de France à Port-au-Prince.

Une histoire liée à celle de la France

Haïti ne fait pas partie de la France : c’est un État indépendant depuis 1804. Le lien historique est pourtant étroit. Peuplée de Taïnos à l’arrivée de Christophe Colomb en 1492, l’île d’Hispaniola est d’abord espagnole ; des boucaniers et flibustiers français s’installent à l’ouest au XVIIe siècle, et le traité de Ryswick (1697) consacre la colonie française de Saint-Domingue, devenue la plus riche des Antilles grâce au sucre et au café produits par des centaines de milliers d’esclaves.

L’insurrection de 1791, la figure de Toussaint Louverture, puis la défaite de l’expédition envoyée par Napoléon Bonaparte mènent à la proclamation de l’indépendance par Jean-Jacques Dessalines, le 1er janvier 1804 : Haïti est le premier pays issu d’une révolte d’esclaves, et reprend le nom taïno de l’île. En 1825, une ordonnance de Charles X reconnaît cette indépendance en échange d’une indemnité de 150 millions de francs-or, qui pèsera durablement sur l’économie du pays.

Haïti : les grandes dates de l’histoire du paysFrise chronologique : 1492 arrivée de Christophe Colomb à Hispaniola ; 1697 traité de Ryswick, la partie ouest devient la colonie française de Saint-Domingue ; 1791 insurrection des esclaves ; 1er janvier 1804 indépendance ; 1825 ordonnance de Charles X imposant une indemnité de 150 millions de francs-or ; 1915-1934 occupation américaine ; 1957-1986 dictature des Duvalier ; 12 janvier 2010 séisme de magnitude 7.Haïti en huit dates1492Christophe Colomb aborde HispaniolaL’île est alors peuplée de Taïnos1697Traité de RyswickL’ouest de l’île devient Saint-Domingue, colonie française1791Insurrection des esclavesDébut de la révolution haïtienne1804Indépendance, le 1er janvierPremier pays issu d’une révolte d’esclaves1825Ordonnance de Charles XIndépendance reconnue contre 150 millions de francs-or1915Occupation américaineJusqu’en 19341957Dictature des Duvalier« Papa Doc » puis « Baby Doc », jusqu’en 19862010Séisme du 12 janvierMagnitude 7, des centaines de milliers de victimesSources : Wikipédia, Unesco, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
Huit repères pour comprendre l’histoire d’Haïti, de l’arrivée des Espagnols au séisme de 2010.

Géographie et patrimoine

Le nom taïno Ayiti signifierait « terre des hautes montagnes », et le relief le confirme : deux grandes chaînes encadrent la plaine du Cul-de-Sac, où se trouve Port-au-Prince. Au sud, le massif de la Selle, avec le pic la Selle (2 680 m), et le massif de la Hotte abritent des forêts de pins d’Hispaniola. Le territoire compte aussi des îles, dont La Gonâve, l’île de la Tortue et les Cayemites. Le climat est tropical, chaud toute l’année.

  • Parc national historique Citadelle, Sans-Souci, Ramiers, près de Milot dans le nord : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1982. La citadelle La Ferrière, construite à environ 900 m d’altitude par Henri Christophe après l’indépendance pour parer à un retour des Français, est la plus grande forteresse des Caraïbes ; le palais de Sans-Souci, en contrebas, était sa résidence royale.
  • Cap-Haïtien, ancienne Cap-Français, capitale de la colonie, et son marché Cluny.
  • Jacmel, sur la côte sud, connue pour ses maisons coloniales, son carnaval et le Bassin Bleu, une série de vasques naturelles dans la montagne.
  • Labadie, station balnéaire de la côte nord.

La culture haïtienne est l’une des plus riches de la Caraïbe : peinture naïve, littérature francophone et créolophone, musique konpa, vaudou, cuisine (griot, diri ak djon djon). On peut aussi la découvrir depuis la France, à travers la diaspora et ses festivals.

Questions fréquentes

Haïti est dans quel continent ?

En Amérique : Haïti fait partie des Grandes Antilles, dans la mer des Caraïbes, entre Cuba à l’ouest et Porto Rico à l’est.

Haïti fait-il partie de la France ?

Non. Ancienne colonie française de Saint-Domingue, Haïti est indépendant depuis le 1er janvier 1804. Le français y reste langue officielle, aux côtés du créole haïtien.

Quelle est la monnaie utilisée en Haïti ?

La gourde haïtienne (HTG).

Quelle est la deuxième ville d’Haïti ?

Cap-Haïtien, dans le nord, est la principale ville hors de l’agglomération de Port-au-Prince.

Qui a colonisé Haïti ?

L’Espagne d’abord, après 1492, puis la France, qui obtient la partie ouest de l’île par le traité de Ryswick en 1697 et y fonde la colonie de Saint-Domingue.

Pour voyager dans les Caraïbes

Pour découvrir la culture créole francophone, la Guadeloupe et la Martinique restent les destinations les plus simples depuis la France : voir notre guide pratique de la Guadeloupe et les meilleures activités en Martinique. Sur la même île d’Hispaniola, la République dominicaine a ses propres conditions de sécurité, à consulter séparément. Toutes nos pages du continent sont réunies sur voyager en Amérique.