Pakistan : régions, patrimoine, visa et sécurité

Un voyage touristique au Pakistan n’est pas recommandé : le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement plusieurs provinces (Baloutchistan, Khyber-Pakhtunkhwa, Azad Jammu-et-Cachemire, frontière indienne, une grande partie du Pendjab) et déconseille le reste du pays sauf raison impérative, en raison d’un risque terroriste très élevé. Cette page présente donc le pays, ses régions et son patrimoine, ainsi que les formalités pour ceux qui doivent s’y rendre, sans itinéraire de vacances. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour le Pakistan avant tout projet : la situation peut évoluer.

Le Pakistan en bref

Où se trouve le PakistanAsie du Sud, entre l’Iran, l’Afghanistan, la Chine et l’Inde, avec une façade sur la mer d’Arabie
SuperficieEnviron 882 000 km² (Gilgit-Baltistan et Azad Cachemire compris)
PopulationPrès de 248 millions d’habitants (recensement de 2023), cinquième pays le plus peuplé du monde
CapitaleIslamabad ; plus grandes villes : Karachi et Lahore
LanguesOurdou (langue nationale), anglais (usage officiel) ; langues régionales : pendjabi, pachto, sindhi, baloutche…
ReligionIslam, environ 96 % de la population
MonnaieRoupie pakistanaise (PKR)
Décalage avec Paris+4 h en hiver, +3 h en été (pas d’heure d’été au Pakistan)
Indicatif téléphonique+92 (0092 depuis la France)
FormalitésVisa obligatoire, demandé en ligne avant le départ
Avis du Quai d’OrsayRouge sur une grande partie du territoire, orange ailleurs

Est-il dangereux d’aller au Pakistan ?

Oui, le risque est élevé. Le Quai d’Orsay souligne un risque terroriste très important, particulièrement dans les provinces occidentales du Khyber-Pakhtunkhwa et du Baloutchistan, mais aussi dans les grandes villes, où des attentats ont visé lieux publics, hôtels et restaurants. Les tensions avec l’Afghanistan voisin et avec l’Inde sur le Cachemire pèsent durablement sur la sécurité des régions frontalières. Aucune région n’est classée en vigilance normale.

Pakistan : zones de sécurité selon le Quai d’OrsayFormellement déconseillés (rouge) : Baloutchistan, Khyber-Pakhtunkhwa et ex-zones tribales, Azad Jammu-et-Cachemire, frontière avec l’Inde, Pendjab hors de la zone Faisalabad-Lahore-Islamabad. Déconseillés sauf raison impérative (orange) : tout le reste du pays, dont Islamabad, la zone Faisalabad-Lahore-Islamabad, le Sind avec Karachi et le Gilgit-Baltistan.Pakistan : niveau de risque par régionBaloutchistanQuetta, frontières iranienne et afghaneKhyber-Pakhtunkhwa et ex-zones tribalesPeshawar, Swat, Chitral, frontière afghaneAzad Jammu-et-Cachemireet toute la frontière avec l’IndePendjab (hors axe central)Sud et ouest de la provinceAxe Faisalabad – Lahore – IslamabadLahore, Islamabad, RawalpindiSindKarachi, Hyderabad, ThattaGilgit-BaltistanHunza, Skardu, KarakoramFormellement déconseilléDéconseillé sauf raison impérativeD’après la carte « Conseils aux voyageurs » du ministère des Affaires étrangères
Aucune région du Pakistan n’est en zone jaune ou verte. Les limites exactes figurent sur la carte du Quai d’Orsay, à consulter avant tout déplacement.

Le visa ne donne pas accès à certaines zones soumises à autorisation préalable, et le non-respect de ces restrictions expose à une arrestation. Le ministère recommande aussi d’éviter la conduite de nuit, de rester à l’écart des rassemblements et de s’inscrire sur le service Ariane.

Visa pour le Pakistan

Un Français doit obtenir un visa avant le départ. La demande se fait en ligne sur le portail officiel du gouvernement pakistanais (Pakistan Online Visa System), ou auprès de l’ambassade du Pakistan à Paris ; le visa est généralement accordé pour trois mois, et une prolongation payante est possible sur place. Le tarif dépend de la nationalité et de la catégorie de visa, et le régime a changé plusieurs fois : vérifiez-le avant le départ. Les groupes de touristes voyageant avec une agence agréée peuvent obtenir un visa à l’arrivée, demandé par l’organisateur local. Il faut aussi un passeport valide, et respecter la réglementation : l’importation d’alcool est interdite.

Comment se rendre au Pakistan ?

Le pays compte douze aéroports internationaux, dont Islamabad, Lahore et Karachi. Depuis Paris, la plupart des trajets se font avec une escale dans le Golfe (Doha, Dubaï, Abou Dhabi) ou à Istanbul. Sur place, les horaires des vols intérieurs sont indicatifs, surtout vers le Gilgit-Baltistan où la météo en montagne provoque des annulations. Le réseau routier est inégal : deux autoroutes relient Islamabad à Lahore et Karachi à Hyderabad, le reste demande souvent un véhicule tout-terrain.

Géographie : de la mer d’Arabie au K2

Le Pakistan s’organise autour de l’Indus, qui le traverse du nord au sud jusqu’à la mer d’Arabie et concentre la population et l’agriculture. Au nord, trois grandes chaînes se rejoignent : Himalaya, Karakoram et Hindou Kouch. Le K2 (8 611 m), deuxième sommet du monde, se trouve dans le Karakoram, au Gilgit-Baltistan, tout comme la vallée de Hunza et la route du Karakoram, qui monte vers la Chine. À l’ouest s’étendent des montagnes arides et le plateau du Baloutchistan ; au sud-est, le désert du Thar.

Le climat est contrasté : forte chaleur dans les plaines au printemps et en début d’été, mousson en été, hivers frais au nord et très froids en altitude. Les cols et sentiers du Karakoram ne sont praticables qu’en été. Au nord-ouest, dans la région de Chitral (Khyber-Pakhtunkhwa, zone rouge), vivent les Kalash, petite communauté aux traditions religieuses propres.

Patrimoine : six sites de l’Unesco

  • Mohenjo-daro (Sind, 1980) : ville de la civilisation de l’Indus, au plan quadrillé, vieille de plus de 4 000 ans.
  • Taxila (Pendjab, 1980) : vestiges bouddhiques et cités antiques, au carrefour des routes de l’Asie centrale.
  • Takht-i-Bahi et Sahr-i-Bahlol (Khyber-Pakhtunkhwa, 1980) : monastère bouddhique accroché à une colline.
  • Fort et jardins de Shalimar à Lahore (1981) : chefs-d’œuvre de l’époque moghole.
  • Monuments historiques de Makli, à Thatta (Sind, 1981) : l’une des plus vastes nécropoles du monde.
  • Fort de Rohtas (Pendjab, 1997) : forteresse du XVIe siècle.

Lahore, capitale culturelle du pays, ajoute la mosquée Badshahi face au fort. La cuisine pakistanaise (biryani, karahi, nihari, kebabs) et le cricket, sport national, partagent beaucoup avec l’Inde voisine ; voir notre article sur les sports populaires en Inde.

Comment est né le Pakistan ?

La région, berceau de la civilisation de l’Indus, a été islamisée à partir de 711 avec la conquête arabe du Sind, puis intégrée à l’Empire moghol et enfin à l’Empire britannique des Indes. Portée par la Ligue musulmane de Muhammad Ali Jinnah, l’idée d’un État pour les musulmans du sous-continent aboutit à la partition de 1947 : le Pakistan naît le 14 août 1947, en deux parties séparées par l’Inde. La partie orientale, le Pakistan oriental, fait sécession en 1971 et devient le Bangladesh. Depuis 1947, le pays est en conflit avec l’Inde sur le Cachemire. La vie politique alterne entre gouvernements élus et régimes militaires.

Us et coutumes à respecter

  • Vêtements amples et couvrants, pour les hommes comme pour les femmes ; les shorts sont mal perçus. Les femmes se couvrent la tête dans les lieux de culte.
  • Alcool interdit en public ; autorisé aux non-musulmans seulement dans un cadre privé.
  • Pendant le ramadan, ne pas manger, boire ni fumer en public pendant la journée.
  • Le prosélytisme est illégal et le blasphème lourdement réprimé ; évitez les marques d’affection en public.

Les frais médicaux et une éventuelle évacuation coûtent cher : vérifiez qu’une assurance voyage couvre bien une destination déconseillée, ce qui n’est pas toujours le cas.

Questions fréquentes

Le Pakistan est-il un pays arabe ?

Non. C’est un pays d’Asie du Sud, majoritairement musulman, dont les langues (ourdou, pendjabi, pachto, sindhi…) ne sont pas l’arabe.

0092 : indicatif de quel pays ?

Le +92, composé 0092 depuis la France, est l’indicatif téléphonique du Pakistan.

Quelle langue parle-t-on au Pakistan ?

L’ourdou est la langue nationale, comprise par une grande majorité, et l’anglais sert dans l’administration et l’enseignement supérieur. Le pendjabi est la langue maternelle la plus répandue.

Quel pays s’est séparé du Pakistan ?

Le Bangladesh, ancien Pakistan oriental, devenu indépendant en 1971.

Peut-on faire un trek au Pakistan ?

Le Karakoram attire des alpinistes, mais le Gilgit-Baltistan est classé « déconseillé sauf raison impérative » et la route depuis Islamabad traverse une zone rouge. Les expéditions passent par des agences agréées et des autorisations spécifiques ; renseignez-vous auprès du Quai d’Orsay avant d’envisager un projet.

Pays voisins

Pour découvrir l’héritage moghol et l’Himalaya dans de meilleures conditions, voyez l’Inde ou le Népal. À l’ouest, l’Afghanistan est lui aussi formellement déconseillé. Toutes nos pages pays sont réunies sur voyager en Asie.