Voyage en Moldavie : que faire, quand partir et comment s’y rendre
Pour un premier voyage en Moldavie, comptez 4 à 5 jours : deux jours à Chișinău avec la visite d’une cave géante (Cricova ou Mileștii Mici), une journée au monastère rupestre d’Orheiul Vechi, puis une boucle vers les monastères du Dniestr et la forteresse de Soroca. Partez en mai-juin ou en septembre-octobre, pendant les vendanges. Les Français entrent sans visa avec une carte d’identité ou un passeport, mais la Transnistrie, région séparatiste à l’est, est déconseillée sauf raison impérative par le ministère des Affaires étrangères (consultez la fiche Conseils aux voyageurs avant le départ).
La Moldavie en un coup d’œil
| Capitale | Chișinău (environ 485 000 habitants) |
| Langue | Roumain (langue officielle) ; le russe reste très parlé, surtout à Chișinău et en Transnistrie |
| Monnaie | Leu moldave (MDL) ; 1 € vaut environ 20 lei (cours variable) |
| Décalage avec Paris | +1 h toute l’année |
| Vol depuis Paris | Pas de vol depuis Roissy ; vols depuis Beauvais (Wizz Air, HiSky) et, en saison, depuis Orly (Transavia) ; environ 3 h de vol |
| Formalités | Sans visa jusqu’à 90 jours par semestre ; carte d’identité ou passeport valable 6 mois après l’entrée (carte « prolongée » refusée) ; à vérifier avant le départ |
| Meilleure période | Mai-juin et septembre-début octobre |
| Budget indicatif | Environ 40 à 80 € par jour et par personne, hors vols |
Où se situe la Moldavie, et la Transnistrie ?
La Moldavie est un petit pays sans façade maritime de 33 851 km², coincé entre la Roumanie à l’ouest, dont la sépare la rivière Prut, et l’Ukraine au nord, à l’est et au sud. Elle compte environ 2,9 millions d’habitants (recensement 2024), majoritairement de confession orthodoxe. Ne la confondez pas avec la région historique de Moldavie, dont la partie occidentale appartient aujourd’hui à la Roumanie (autour de Iași) : la république actuelle correspond surtout à l’ancienne Bessarabie.
La Transnistrie est la bande de terre étroite située sur la rive gauche du Dniestr, le long de la frontière ukrainienne, avec Tiraspol pour ville principale. Elle a fait sécession en 1990, n’est reconnue par aucun État et représente environ 12 % du territoire. Des militaires russes y tiennent des postes de contrôle. Le ministère des Affaires étrangères y déconseille les voyages sauf raison impérative, précise que l’ambassade de France ne peut y apporter ni assistance ni protection et rappelle que tous les points de passage entre la Transnistrie et l’Ukraine sont fermés depuis le 28 février 2022.
Côté européen, la Moldavie n’est pas membre de l’Union européenne : un accord d’association est en vigueur depuis 2016 et le pays a engagé une procédure d’adhésion après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Quand partir en Moldavie ?
Le climat est continental. À Chișinău, les maxima moyens passent de 1 °C en janvier à 28 °C en juillet et en août, et les nuits d’hiver descendent sous zéro de décembre à février (normales 1991-2020). Il pleut peu, environ 555 mm par an, avec un maximum en juin et juillet, souvent sous forme d’orages. Mai, juin et septembre sont les mois les plus agréables pour marcher dans les monastères et sur les sentiers du Dniestr. Début octobre, la saison des vendanges anime les domaines viticoles. L’hiver, froid et gris, ne se prête qu’à une visite de Chișinău et des caves, où la température reste stable toute l’année.
Combien de jours et quel itinéraire ?
Le pays mesure environ 350 km du nord au sud, et la plupart des sites se rejoignent en une demi-journée depuis Chișinău. Trois jours suffisent pour la capitale, une cave et Orheiul Vechi ; cinq jours permettent d’ajouter le nord. Voici un itinéraire type de 5 jours :
- Jour 1 – Chișinău : boulevard Ștefan cel Mare, cathédrale de la Nativité et parc de la Cathédrale, marché central, musée national d’histoire.
- Jour 2 – Caves : visite guidée de Cricova (environ 120 km de galeries souterraines, à une quinzaine de minutes de route de la capitale) ou de Mileștii Mici (environ 200 km de galeries), puis monastère de Căpriana, à une quarantaine de kilomètres.
- Jour 3 – Orheiul Vechi : monastère creusé dans la falaise au-dessus de la rivière Răut, village de Butuceni, nuit chez l’habitant.
- Jour 4 – Monastères du Dniestr : Saharna (environ 110 km au nord de Chișinău) et le monastère rupestre de Țipova, au bord du fleuve.
- Jour 5 – Soroca : forteresse ronde fondée en 1499 et rebâtie en pierre au XVIe siècle, puis retour à Chișinău.
Que faire en Moldavie ?
Visiter les caves à vin
C’est la principale raison de venir. Cricova, aux portes de Chișinău, possède environ 120 km de galeries creusées dans le calcaire, jusqu’à 100 m de profondeur ; la visite guidée parcourt une partie de ce réseau. Mileștii Mici revendique le plus grand réseau souterrain du genre, environ 200 km, et une collection de bouteilles inscrite au Guinness des records. Ces deux caves se visitent uniquement sur réservation et Mileștii Mici demande un véhicule : passez par une agence ou un chauffeur. Comptez aussi les domaines familiaux du centre du pays, qui proposent dégustations et repas.
Orheiul Vechi et la vallée du Răut
À une soixantaine de kilomètres au nord-est de Chișinău, la rivière Răut forme un méandre encaissé. Dans la falaise calcaire, un monastère rupestre orthodoxe, dont l’origine remonte au XIVe siècle environ, est encore entretenu par quelques moines, avec une église sur le plateau. Le parc national d’Orhei, créé en 2013, protège aussi les vestiges d’une forteresse gète et d’une ville de la Horde d’or du XIVe siècle. Le village voisin de Butuceni sert de base pour marcher sur le plateau. Six minibus par jour partent de la gare routière centrale de Chișinău ; l’entrée du site coûte quelques dizaines de lei.
Monastères et forteresse du nord
Sur la rive droite du Dniestr, contrôlée par Chișinău, le monastère de Saharna est un grand lieu de pèlerinage, avec une cascade et un sentier au-dessus de la gorge. Țipova, plus au sud, est un ensemble de cellules creusées dans la roche face au fleuve. Plus au nord, la forteresse de Soroca garde un gué du Dniestr : fondée en bois par Étienne le Grand en 1499, elle a été rebâtie en pierre entre 1543 et 1546, en cercle presque parfait d’environ 30 m de diamètre. La ville est aussi connue pour sa communauté rom et ses maisons aux toits ouvragés.
Chișinău
La capitale se visite en une journée : avenues soviétiques, parcs, cathédrale orthodoxe de la Nativité, arc de triomphe, musée national d’archéologie et d’histoire, et marché central pour goûter les placinte (chaussons fourrés) et les fromages. Le soir, les bars à vin du centre permettent de découvrir les cépages locaux, comme la Fetească neagră, sans faire le tour des domaines.
Comment y aller et se déplacer ?
L’aéroport international de Chișinău (RMO) est desservi depuis Paris-Beauvais par Wizz Air et HiSky, et en saison depuis Paris-Orly par Transavia. Lyon (FlyOne) et Nice ont aussi des liaisons. Comptez environ 3 h de vol. Vous pouvez aussi arriver par la Roumanie : un train de nuit et plusieurs bus quotidiens relient Bucarest à Chișinău, et l’aéroport roumain de Iași, proche de la frontière, offre une autre porte d’entrée. Pour réserver au meilleur prix, voyez nos astuces pour payer moins cher son billet d’avion.
Sur place, les bus et les minibus (marshrutka) partent des gares routières de Chișinău vers toutes les villes ; ils sont bon marché mais souvent bondés. Les routes secondaires sont en mauvais état et le ministère des Affaires étrangères recommande d’éviter de rouler seul la nuit. Une voiture avec chauffeur, à la journée, reste la solution la plus simple pour combiner caves et monastères. Si vous louez une voiture, lisez nos conseils pour organiser un road trip.
Où dormir ?
- Centre de Chișinău : hôtels, appartements et auberges autour du boulevard Ștefan cel Mare ; c’est la base la plus pratique pour les excursions à la journée.
- Butuceni (Orheiul Vechi) : maisons d’hôtes et pensions rurales, pour dormir au pied du site et le voir tôt le matin.
- Domaines viticoles : plusieurs propriétés du centre et du sud louent des chambres ; réservez à l’avance en période de vendanges.
Quel budget pour un voyage en Moldavie ?
La Moldavie est l’une des destinations les moins chères d’Europe. Un lit en auberge coûte de 10 à 20 $ la nuit, un appartement de 20 à 50 €, une chambre chez l’habitant à la campagne une dizaine d’euros ; les hôtels de standing de la capitale tournent plutôt autour de 100 € la nuit. Un trajet en minibus urbain coûte quelques lei. En voyage simple, prévoyez 40 à 80 € par jour et par personne, hors vols ; ajoutez le prix des visites de caves avec dégustation et d’un chauffeur à la journée. Pour d’autres pistes d’économie, consultez notre guide pour voyager à petit prix.
Le pays est sismique et les soins sont limités hors de Chișinău : souscrivez une assurance voyage couvrant l’hospitalisation et l’évacuation. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour la Moldavie avant le départ.
Et ensuite ?
La Moldavie se combine facilement avec la Roumanie voisine, par Iași ou Bucarest. Pour un autre voyage centré sur le vin et les monastères orthodoxes, regardez du côté de la Géorgie ; pour une côte de la mer Noire accessible depuis l’Europe, voyez la Bulgarie. Toutes les destinations du continent sont rassemblées sur notre page voyager en Europe.
Questions fréquentes
Quel papier faut-il pour aller en Moldavie ?
Une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité, valable 6 mois à compter de l’entrée. Les autorités moldaves ne reconnaissent pas la prolongation de 5 ans des cartes d’identité : si la date au verso est dépassée, l’entrée est refusée. Aucun visa n’est demandé pour un séjour de 90 jours maximum sur une période de six mois ; gardez la preuve de votre date d’entrée, exigée en cas de contrôle. À vérifier avant le départ sur la fiche Entrée et séjour.
La Moldavie fait-elle partie de l’Union européenne ?
Non. Elle est liée à l’Union par un accord d’association depuis 2016 et a engagé une procédure d’adhésion en 2022. Elle n’est pas dans l’espace Schengen et n’utilise pas l’euro.
Peut-on aller en Transnistrie ?
Le ministère français des Affaires étrangères déconseille de s’y rendre sauf raison impérative. Les postes de contrôle sont tenus par des militaires russes et des gardes-frontières non reconnus, et l’ambassade de France ne peut y apporter aucune assistance.
La Moldavie est-elle russe ?
Non. Ancienne république soviétique, elle est indépendante depuis 1991. Sa langue officielle est le roumain, mais le russe reste largement compris, et la Transnistrie, soutenue par Moscou, échappe au contrôle du gouvernement.
Quelle est la religion en Moldavie ?
Le christianisme orthodoxe, très majoritaire. Dans les monastères, une tenue couvrant les épaules et les genoux est attendue, et un foulard pour les femmes.
