Irak : peut-on y voyager ? Sécurité, visa et patrimoine mésopotamien
Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre dans une grande partie de l’Irak, et déconseille tout le reste du pays sauf raison impérative, y compris Bagdad et les grandes villes du Kurdistan irakien comme Erbil. Aucune région n’est donc ouverte à un séjour touristique ordinaire. Cette page présente le pays, son patrimoine mésopotamien et les conditions réelles d’accès ; elle ne propose pas d’itinéraire.
Peut-on voyager en Irak ?
Pas dans des conditions de voyage de loisir. La carte du Quai d’Orsay distingue deux niveaux :
- Zones formellement déconseillées (rouge) : les abords de la frontière syrienne ; les montagnes du nord proches des frontières turque et iranienne (massifs de Qandil, Gara et Metina) ; la bande de vingt kilomètres le long de la frontière iranienne, hors Soran, Halabja et Bassora ; les gouvernorats de Salah ad-Din et de Kirkouk ; l’Anbar hors Ramadi, Falloujah et leur axe vers Bagdad ; le gouvernorat de Ninive hors Mossoul, la route Mossoul-Erbil et la plaine de Ninive ; le nord de la Diyala ; l’ouest de Babylone ; les quartiers périphériques de Bagdad comme Sadr City ; les zones désertiques frontalières de l’Arabie saoudite ; et, au Kurdistan, la ligne de démarcation avec l’Irak fédéral, le sud de l’axe Chamchamal-Darbandikhan et les montagnes à l’est de Zakho.
- Zones déconseillées sauf raison impérative (orange) : tout le reste, dont la ville de Bagdad, Mossoul, Bassora, les villes saintes de Nadjaf et Kerbala, et l’axe Zakho-Dohouk-Erbil-Souleimaniye-Halabja au Kurdistan, ainsi qu’Amadiya.
Les risques sont structurels : terrorisme, enlèvements contre rançon hors du Kurdistan, actions de groupes armés, mines et restes explosifs dans les anciennes zones de combat, accidents de la route très fréquents, médicaments contrefaits. Les personnes qui doivent s’y rendre pour raison professionnelle sont invitées à s’inscrire sur Ariane, à ne jamais circuler seules ni de nuit, à séjourner dans des hôtels sécurisés et à voyager avec des contacts irakiens de confiance. Les assurances voyage excluent souvent les zones déconseillées : lisez votre contrat. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour l’Irak avant tout projet, la situation pouvant évoluer.
L’Irak en un coup d’œil
| Situation | Moyen-Orient, entre la Turquie, l’Iran, le Koweït, l’Arabie saoudite, la Jordanie et la Syrie, avec un étroit accès au golfe Persique |
| Superficie | 438 317 km², environ quatre cinquièmes de la France métropolitaine |
| Capitale | Bagdad, sur le Tigre |
| Langues officielles | Arabe et kurde |
| Monnaie | Dinar irakien (IQD) |
| Décalage avec Paris | +2 h en hiver, +1 h en été |
| Religion | Islam majoritaire (chiite et sunnite), minorités chrétiennes et yézidies |
| Sécurité | Zones rouges et orange sur tout le territoire |
On écrit « Irak » en français courant ; « Iraq » est la graphie de l’anglais, de l’arabe translittéré et de nombreux documents officiels. Les deux désignent le même pays.
Géographie : entre Tigre et Euphrate
Le cœur du pays est la plaine alluviale formée par le Tigre et l’Euphrate, l’ancienne Mésopotamie, littéralement le « pays entre les fleuves ». Les deux cours d’eau se rejoignent au sud pour former le Chatt al-Arab avant le Golfe. Autour de leur confluence s’étendent les Ahwar, de vastes marais habités par les Arabes des marais. L’ouest est un plateau désertique ; le nord-est, au Kurdistan, monte vers les chaînes du Zagros et du Taurus.
Le climat est l’un des plus chauds du monde en été : à Bagdad, les maximales moyennes atteignent 44 à 45 °C en juillet-août et dépassent encore 40 °C en septembre ; en janvier, elles tombent à 16 °C. Erbil, plus au nord, suit le même rythme avec quelques degrés de moins, et les montagnes kurdes reçoivent de la neige en hiver.
Le patrimoine de la Mésopotamie
C’est en Irak que sont nées les premières villes, l’écriture cunéiforme et certains des plus anciens codes de lois. Le pays compte six sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco.
- Babylone (2019), près de Hilla : capitale de Hammurabi, puis la plus grande ville de Mésopotamie sous Nabuchodonosor II. La porte d’Ishtar originale est exposée au Pergamonmuseum de Berlin.
- Les Ahwar du sud de l’Irak (2016) : site mixte réunissant trois marais et les cités sumériennes d’Uruk, d’Ur, avec sa ziggourat, et d’Eridu.
- Assur (2003), sur le Tigre : première capitale de l’empire assyrien.
- Hatra (1985) : cité fortifiée qui résista aux sièges romains au IIe siècle.
- Samarra (2007) : capitale des califes abbassides à partir de 836, avec son minaret en spirale de la Grande Mosquée.
- La citadelle d’Erbil (2014), au Kurdistan : ville fortifiée perchée sur un tell, occupé depuis des millénaires.
Plusieurs de ces sites, dont Assur, Hatra et Samarra, se trouvent en zone rouge. Pour voir l’art mésopotamien sans risque, le département des Antiquités orientales du musée du Louvre conserve notamment le Code de Hammurabi et les taureaux ailés de Khorsabad : voir notre circuit des musées parisiens.
Le Kurdistan irakien
Le nord du pays forme une région autonome, avec son propre gouvernement, autour d’Erbil, sa capitale, de Souleimaniye et de Dohouk. La région a des aéroports internationaux à Erbil et à Souleimaniye. Elle reste néanmoins classée en orange sur ses principaux axes et en rouge sur ses montagnes frontalières, où ont lieu des opérations militaires. Erbil, ville kurde d’environ 1,2 million d’habitants, est située dans le nord de l’Irak, à environ 80 km à l’est de Mossoul.
Formalités : le régime des visas
Un visa est obligatoire. Pour l’Irak fédéral, le visa touristique se demande en ligne avant le départ (visa électronique) et ne s’obtient pas à l’arrivée à Bagdad ; journalistes, membres d’ONG et voyageurs d’affaires passent par l’ambassade d’Irak à Paris. Pour la seule région du Kurdistan, un visa de 30 jours peut être obtenu à l’arrivée dans un aéroport de la région ou au poste frontière d’Ibrahim Khalil, depuis la Turquie, après une démarche en ligne. Tout dépassement de séjour est lourdement pénalisé. Ces règles évoluent : vérifiez-les avant le départ.
Questions fréquentes
Est-ce dangereux d’aller en Irak ?
Oui. Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement une partie du territoire et déconseille le reste sauf raison impérative, Kurdistan compris. Terrorisme, enlèvements, mines et accidents de la route sont les principaux risques.
Où se trouve la ville d’Erbil ?
Dans le nord de l’Irak, à environ 80 km à l’est de Mossoul. C’est la capitale de la région autonome du Kurdistan ; sa citadelle est inscrite au patrimoine mondial depuis 2014.
Quelle est la religion de l’Irak ?
L’islam est la religion de la très grande majorité des habitants, avec une majorité chiite et une importante communauté sunnite. Le pays compte aussi des chrétiens (chaldéens, assyriens, arméniens), des Yézidis, surtout dans le nord, et des Mandéens.
Où voir l’héritage mésopotamien sans aller en Irak ?
Au Louvre à Paris, au British Museum à Londres et au Pergamonmuseum à Berlin. Dans la région, la Jordanie et l’est de la Turquie offrent aussi des sites antiques majeurs.
Pour les pays voisins, voir nos pages voyager en Jordanie, la Turquie et le Koweït. Toutes les destinations de la région sont sur la page voyager au Moyen-Orient.
