Île de Sainte-Hélène : accès, Napoléon et que voir
Sainte-Hélène est une île volcanique de 121 km² perdue dans l’Atlantique Sud, à 1 860 km des côtes de l’Angola, où Napoléon vécut son exil de 1815 à sa mort en 1821. Territoire britannique d’outre-mer d’environ 4 000 habitants, elle n’est reliée au monde que par une liaison aérienne peu fréquente depuis l’Afrique du Sud et par quelques navires. Un séjour se compte donc en semaines plutôt qu’en jours : on y vient pour les domaines napoléoniens, les randonnées et, de janvier à mars, pour nager avec les requins-baleines.
Sainte-Hélène en bref
| Statut | territoire britannique d’outre-mer, rattaché à l’ensemble Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha |
| Situation | Atlantique Sud, à 1 860 km à l’ouest de l’Angola et à environ 3 300 km du Brésil |
| Superficie et population | 121 km² ; environ 4 000 habitants, les « Saints » |
| Capitale | Jamestown, au fond d’une vallée étroite de la côte nord-ouest |
| Langue | anglais |
| Monnaie | livre de Sainte-Hélène, à parité avec la livre sterling, qui y a aussi cours |
| Décalage avec Paris | −1 h en hiver, −2 h en été (UTC+0) |
| Point culminant | Diana’s Peak, 818 m |
| Accès | avion depuis l’Afrique du Sud (Johannesburg, parfois Le Cap), liaison peu fréquente et sujette aux annulations ; escales de croisières |
| Formalités pour un Français | visa délivré à l’arrivée pour un court séjour, sur présentation d’un billet retour, d’une assurance médicale et de ressources suffisantes (à vérifier avant le départ) |
Comment se rendre à Sainte-Hélène
L’aéroport de l’île, sur le plateau de Longwood, n’accueille des vols réguliers que depuis octobre 2017. Avant, la seule desserte était un navire postal qui mettait cinq jours depuis Le Cap. La liaison aérienne, assurée par la compagnie sud-africaine Airlink, part de Johannesburg (avec, en haute saison, un départ depuis Le Cap) à raison d’un vol par semaine au plus. Les vents cisaillants qui balaient la piste imposent des avions de petite taille et provoquent des retards de plusieurs jours, voire des annulations ; la ligne a aussi été interrompue pendant plusieurs mois à plusieurs reprises. Vérifiez sur le site de la compagnie et de l’office de tourisme de l’île qu’elle fonctionne avant d’organiser quoi que ce soit, et prévoyez de la marge pour le retour.
- Depuis la France : vol vers Johannesburg ou Le Cap, puis correspondance pour Sainte-Hélène. Une nuit en Afrique du Sud à l’aller et au retour est presque indispensable vu les horaires et les retards possibles.
- Visa sud-africain : si votre nationalité l’exige, obtenez-le avant de partir et vérifiez qu’il couvre la date de retour, aucun service sur l’île ne le délivre.
- Par la mer : quelques croisières d’expédition dans l’Atlantique Sud font escale à Jamestown, pour quelques heures seulement (voir nos conseils pour une croisière réussie). Le cargo qui ravitaille l’île depuis Le Cap transporte surtout du fret.
Formalités : visa, assurance et argent
Pour un séjour jusqu’à 183 jours, un visa est délivré à l’arrivée moyennant une somme fixe en livres de Sainte-Hélène (payable aussi en livres sterling, euros, rands ou dollars). Il faut présenter un passeport valide au moins six mois après la fin du visa, un billet retour, la preuve de ressources suffisantes ou de l’hébergement réservé, et un certificat d’assurance en anglais couvrant les soins et le rapatriement sanitaire par avion à hauteur de 175 000 livres sterling. Vérifiez ce point avec votre assurance voyage : l’hôpital de Jamestown n’assure que les soins de base et tout cas sérieux impose une évacuation vers l’Afrique du Sud.
Côté argent, la carte bancaire n’est acceptée que dans de rares commerces et avec des frais élevés, et les distributeurs sont pratiquement absents : emportez des livres sterling en espèces. La banque de l’île peut délivrer des espèces contre un paiement par carte, avec commission. Les communications (téléphone, internet) sont chères.
Climat : quand partir
Sous l’influence des alizés du sud-est et d’un courant océanique frais, Sainte-Hélène a un climat doux toute l’année. À Jamestown, sur la côte sous le vent, les maximales vont de 27-28 °C de janvier à avril à 22 °C de juillet à septembre, et il ne pleut presque pas. Les hauteurs du centre, autour de Longwood et de Diana’s Peak, sont nettement plus fraîches, ventées, souvent dans la brume et bien plus arrosées : prévoyez une veste.
L’été austral, de décembre à mars, est la période la plus prisée : temps chaud et ensoleillé, saison de nidification du pluvier de Sainte-Hélène (wirebird), oiseau endémique, et présence des requins-baleines. La mer est cependant plus agitée à cette saison, qui est aussi celle des escales de croisières.
Que voir et que faire
Sur les pas de Napoléon
Trois sites liés à l’exil de l’empereur sont propriété de l’État français et gérés par un représentant du ministère des Affaires étrangères, les « Domaines nationaux de Sainte-Hélène » :
- Longwood House, sur le plateau venteux de Longwood, où Napoléon vécut de décembre 1815 à sa mort le 5 mai 1821 ; la maison et ses jardins se visitent. Napoléon III l’acheta au nom de la France en 1858.
- Le pavillon des Briars, où il logea à son arrivée, chez la famille Balcombe, en attendant l’aménagement de Longwood.
- La tombe, dans la vallée du Géranium (Sane Valley), où il fut inhumé jusqu’au retour de ses cendres en France en 1840 ; elle est restée vide depuis.
Jamestown et l’île
- Jamestown : rue principale bordée de maisons géorgiennes, château, église Saint-James (1774), musée de l’île.
- Jacob’s Ladder : un escalier de 699 marches construit en 1829 pour relier la ville au fort de Ladder Hill ; on le gravit pour la vue sur la baie.
- Plantation House, résidence du gouverneur (1791-1792), où vit Jonathan, tortue géante des Seychelles arrivée en 1882 et considérée comme le plus vieil animal terrestre vivant connu.
- Diana’s Peak : le point culminant (818 m), au cœur d’un parc national couvert de fougères arborescentes et de plantes endémiques ; il fait partie des randonnées balisées de l’île, les « Post Box Walks ».
- La mer : sorties en bateau avec les dauphins, plongée sur les épaves de la baie de Jamestown et, de janvier à mars, nage encadrée avec les requins-baleines.
Les requins-baleines se voient aussi dans l’océan Indien, notamment autour de Nosy Be, à Madagascar, bien plus facile d’accès.
Combien de temps rester et où dormir
Avec une liaison aérienne hebdomadaire au mieux, la durée du séjour est dictée par le calendrier des vols : une semaine est le minimum, deux semaines permettent de randonner, de faire de la plongée et de visiter tous les sites sans courir. L’hébergement est limité : un hôtel principal à Jamestown, quelques maisons d’hôtes et des locations de cottages dans les districts. Réservez avant d’acheter le billet, la preuve d’hébergement pouvant être demandée à l’arrivée. Sur place, on circule en voiture de location (conduite à gauche, routes étroites à une voie où le véhicule qui descend cède le passage à celui qui monte) ou en taxi.
Sécurité
La délinquance est faible de jour comme de nuit, selon le ministère des Affaires étrangères ; les précautions d’usage suffisent. En cas de perte du passeport, aucun passeport d’urgence ne peut être délivré sur place : les autorités locales fournissent un titre de voyage jusqu’en Afrique du Sud, où se trouvent les consulats de France. Les stupéfiants sont sévèrement réprimés, et l’importation de fruits, légumes, plantes, miel ou animaux est interdite sans permis de biosécurité. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour Sainte-Hélène avant le départ, car la situation peut évoluer.
Questions fréquentes
Où se trouve l’île de Sainte-Hélène ?
Dans l’Atlantique Sud, à 1 860 km à l’ouest de l’Angola, la terre la plus proche étant l’île de l’Ascension, à plus de 1 000 km au nord-ouest. C’est l’une des îles habitées les plus isolées du monde.
Comment aller à Sainte-Hélène depuis la France ?
En avion jusqu’à Johannesburg ou Le Cap, puis par la liaison aérienne d’Airlink vers l’aéroport de Sainte-Hélène, peu fréquente et sujette aux retards et aux interruptions. Vérifiez qu’elle fonctionne avant de réserver.
Peut-on visiter la maison de Napoléon à Sainte-Hélène ?
Oui. Longwood House, le pavillon des Briars et la tombe vide de la vallée du Géranium appartiennent à la France et se visitent, aux horaires fixés par les Domaines nationaux.
Sainte-Hélène appartient-elle à la France ?
Non. L’île est un territoire britannique d’outre-mer. Seuls les trois domaines napoléoniens appartiennent à l’État français : Longwood et la tombe depuis 1858, le pavillon des Briars depuis 1959.
Sainte-Hélène se combine avec un séjour en Afrique du Sud, point de passage obligé, ou en Namibie voisine. Autre territoire britannique isolé de l’Atlantique Sud : les Malouines. Toutes les destinations du continent sont sur la page voyager en Afrique.
