Voyage aux îles Malouines : vols, randonnées, manchots et circuit
Un voyage aux îles Malouines (Falklands) se prépare autour d’une contrainte : il n’y a qu’un vol commercial par semaine, le samedi, depuis Santiago du Chili via Punta Arenas. Le séjour dure donc une ou deux semaines, d’un samedi à l’autre. La meilleure période est l’été austral, de décembre à février, quand les poussins de manchots éclosent ; novembre, en pleine nidification, est une bonne alternative. Sur place, on se partage entre Stanley, la capitale, les randonnées sur East Falkland et les petites îles accessibles en avion-taxi.
Les Malouines en bref
| Statut | territoire britannique d’outre-mer, dont la souveraineté est revendiquée par l’Argentine |
| Situation | Atlantique Sud, vers 52° de latitude sud, à l’est de la Patagonie |
| Territoire | environ 12 000 km² : East Falkland, West Falkland et 776 îles plus petites ; point culminant : mont Usborne, 705 m |
| Population | 3 662 habitants (recensement 2021) |
| Capitale | Stanley (East Falkland) |
| Langue | anglais |
| Monnaie | livre des Falklands, à parité avec la livre sterling, qui circule aussi ; dollars et euros acceptés dans certains commerces |
| Vol depuis Paris | vers Santiago du Chili, puis vol LATAM du samedi via Punta Arenas ; ou depuis le Royaume-Uni par le pont aérien du ministère de la Défense |
| Formalités | pas de visa pour les citoyens de l’Union européenne ; permis de visiteur d’un mois délivré à l’arrivée ; billet retour, hébergement réservé, fonds suffisants et assurance couvrant l’évacuation sanitaire exigés ; à vérifier avant le départ |
| Meilleure période | décembre à février (été austral) ; septembre à novembre pour la nidification |
Comment aller aux îles Malouines
Via le Chili : c’est la route la plus utilisée par les voyageurs européens. LATAM opère un vol chaque samedi au départ de Santiago, avec escale à Punta Arenas, où se font les formalités de sortie du Chili ; une fois par mois, le vol fait aussi escale à Río Gallegos, en Argentine. L’avion repart le jour même : on arrive et on repart donc un samedi. Cette liaison se combine facilement avec un séjour en Patagonie : voir notre itinéraire combiné Argentine-Chili et nos conseils pour partir en Patagonie en mars.
Via le Royaume-Uni : le ministère britannique de la Défense opère deux vols par semaine depuis la base de Brize Norton, dans l’Oxfordshire, avec une escale technique, jusqu’à la base de Mount Pleasant. Quelques places sont vendues aux civils. Passer par le Royaume-Uni suppose d’y entrer : les Français doivent alors détenir l’autorisation électronique de voyage britannique (ETA), exigée des Européens depuis avril 2025.
En croisière : la majorité des visiteurs arrivent en bateau, lors des croisières vers l’Antarctique et la Géorgie du Sud ; ils disposent d’un permis d’escale de sept jours au plus. Si vous envisagez ce type de voyage, lisez notre article sur la meilleure période pour une croisière en Antarctique.
Quand partir
Le climat est frais, venté et assez sec : à Stanley, les maximales vont de 14 °C en janvier à 5 °C en juillet, et il tombe environ 540 mm de pluie par an, répartis sur toute l’année. L’office du tourisme considère l’été austral (décembre à février) comme la meilleure saison : éclosions, poussins de manchots, éléphants de mer et otaries sur les plages. Le printemps (septembre à novembre) est la saison des nids et des parades. Les manchots papous et les manchots royaux restent présents toute l’année, mais l’hiver est froid et les hébergements des îles extérieures ne sont pas tous ouverts.
Randonnées aux îles Malouines
La randonnée se pratique surtout hors sentier : il existe peu d’itinéraires balisés, et l’office du tourisme rappelle qu’un marcheur sans guide doit savoir s’orienter seul. On croise rarement quelqu’un hors de Stanley. Des guides de marche téléchargeables sont disponibles auprès du centre d’accueil des visiteurs du Jetty, à Stanley.
- Cap Pembroke : à l’est de Stanley, une balade entre étangs, criques et phare, accessible en taxi ou à pied depuis la ville.
- Gypsy Cove : à 8,5 km du centre de Stanley, une crique où nichent des manchots de Magellan.
- Les champs de bataille de 1982 : le mont Tumbledown, le mont William et Sapper Hill, à l’ouest de Stanley, ont été le théâtre des derniers combats, dans la nuit du 13 au 14 juin 1982. Ils se parcourent à pied, souvent avec un guide qui raconte les opérations.
- Le mont Usborne (705 m) : le point culminant de l’archipel, sur East Falkland, pour une sortie plus engagée.
- Les îles extérieures : sur Sea Lion Island, Pebble, Saunders, Carcass ou New Island, les hébergeurs proposent des boucles depuis leur lodge, des balades courtes aux longues marches.
Le terrain est découvert et le temps change vite : prévoyez des chaussures de marche solides, plusieurs couches de vêtements, une veste imperméable et de la crème solaire, car on y brûle facilement. Prévenez quelqu’un de votre itinéraire. L’archipel a été officiellement déclaré libre de mines en novembre 2020 ; si vous voyez un objet suspect, ne le touchez pas et prévenez la police.
Voir les manchots et la faune
Cinq espèces de manchots se reproduisent aux Malouines : royal, papou, de Magellan, gorfou sauteur et, plus rare, gorfou macaroni. Le site le plus connu est Volunteer Point, avec une colonie de plus d’un millier de manchots royaux, à environ deux heures et demie de route de Stanley : la visite se fait obligatoirement avec un guide local. Les gorfous sauteurs se voient en excursion à la journée depuis Stanley, vers Murrell Farm. On observe aussi des albatros à sourcils noirs, des caracaras australs, des éléphants de mer, des otaries et, chaque année, des orques. Gardez au moins 6 m de distance avec les animaux, comme le demande le code de bonne conduite local.
Circuit type et déplacements
Sur une semaine, un circuit classique combine 2 jours à Stanley (ville, Historic Dockyard Museum, Gypsy Cove, champs de bataille), une journée à Volunteer Point, puis 3 à 4 jours sur une ou deux îles extérieures comme Sea Lion Island ou Pebble Island. Sur deux semaines, ajoutez West Falkland et des îles comme Saunders ou Carcass.
Les îles extérieures se rejoignent avec le FIGAS, le service aérien du gouvernement des Falklands. Ce n’est pas une ligne régulière mais un avion-taxi : on réserve au plus tard la veille à 10 h, et l’horaire est communiqué l’après-midi précédant le vol. Les passagers doivent donner leur poids, et la franchise bagages est de 20 kg pour les visiteurs. Les grandes localités sont reliées par la route, et un ferry relie East et West Falkland depuis 2008. La plupart des voyageurs passent par un voyagiste local qui organise vols internes et hébergements.
Infos pratiques
L’hôpital King Edward VII de Stanley regroupe tous les soins ; les visiteurs non résidents au Royaume-Uni paient leurs frais médicaux, et une assurance voyage incluant l’évacuation sanitaire est exigée pour séjourner aux Falklands. Il n’y a qu’une banque à Stanley et un distributeur, à la station-service de Bypass Road : prévoyez des espèces pour les îles extérieures, où il faut parfois apporter ses provisions. Les Français relèvent du consulat général de France à Londres. Avant le départ, consultez la fiche Royaume-Uni de diplomatie.gouv.fr et le site officiel du tourisme des Falklands.
Un archipel disputé
L’Argentine, qui nomme l’archipel Islas Malvinas, en revendique la souveraineté. Elle l’a envahi en avril 1982 ; l’administration britannique a été rétablie deux mois plus tard, à l’issue de la guerre des Malouines. En 2013, 99,8 % des votants se sont prononcés par référendum pour le maintien du statut de territoire britannique. Le sujet reste sensible des deux côtés : à garder en tête si votre voyage passe aussi par l’Argentine. Pour le reste de la région, voir nos pages sur le Chili et notre guide de l’Amérique.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour un voyage aux Malouines ?
Une semaine au minimum, de samedi à samedi, puisque le vol commercial depuis le Chili n’a lieu qu’une fois par semaine. Deux semaines permettent de visiter plusieurs îles extérieures.
Peut-on randonner seul aux Malouines ?
Oui, à condition de savoir s’orienter : il y a peu de sentiers balisés. Le site de Volunteer Point exige en revanche un guide local. Informez toujours quelqu’un de votre itinéraire.
Faut-il un visa pour les Malouines ?
Non pour les citoyens de l’Union européenne : un permis de visiteur d’un mois est délivré à l’arrivée, sur présentation d’un billet retour, d’un hébergement réservé, de fonds suffisants et d’une assurance couvrant l’évacuation sanitaire.
Existe-t-il des circuits organisés ?
Oui. Des voyagistes basés aux Falklands composent des circuits avec vols intérieurs et hébergements ; c’est la formule la plus simple compte tenu du fonctionnement en avion-taxi du FIGAS.
