Albanie : que voir, quand partir et combien de jours prévoir

Comptez 7 à 10 jours pour une première visite de l’Albanie : de quoi relier Tirana, les villes ottomanes de Berat et Gjirokastër, le site antique de Butrint et la côte ionienne autour de Sarandë. Ajoutez 3 jours si vous voulez marcher dans les Alpes albanaises, entre Theth et Valbona. Les meilleurs mois sont mai-juin et septembre : il fait chaud sans la canicule de juillet-août, et la côte est moins chargée.

L’Albanie reste le pays des Balkans le moins fréquenté par les voyageurs français. On y vient pour ce que la Grèce ou la Croatie voisines offrent aussi, avec moins de monde : villages de pierre, sites gréco-romains, montagnes très peu aménagées et plages de galets sur la mer Ionienne.

L’Albanie en un coup d’œil

RepèreCe qu’il faut savoir
CapitaleTirana
LangueAlbanais ; l’italien et l’anglais sont souvent compris dans les zones touristiques
MonnaieLek (ALL), environ 100 leks pour 1 € ; l’euro est accepté par la plupart des hôtels
Décalage avec ParisAucun, même heure toute l’année
Vol depuis ParisEnviron 2 h 35 en direct (Transavia depuis Orly, Air France depuis Roissy, vols à bas coût depuis Beauvais), avec peu de rotations hors saison
FormalitésCarte d’identité ou passeport valable 3 mois après le retour ; séjour sans visa jusqu’à 90 jours sur 6 mois
Meilleure périodeMai-juin et septembre ; juillet-août pour la mer uniquement
Budget indicatifEnviron 50 à 90 € par jour et par personne en voyage simple, hors vol

Attention à un point peu connu : les autorités albanaises ne reconnaissent pas la prolongation de 5 ans des cartes d’identité françaises. Une carte dont la date imprimée est dépassée sera refusée, même si elle est encore valable en France. Un passeport ou une carte déclaré perdu ou volé, même retrouvé ensuite, entraîne un refus d’entrée immédiat : n’utilisez jamais un document signalé. Ces règles peuvent évoluer : vérifiez-les avant le départ sur la page Entrée et séjour du ministère des Affaires étrangères.

Quand partir en Albanie ?

Le pays a deux climats. La côte et les plaines ont un climat méditerranéen : à Tirana, les maximales moyennes passent de 13 °C en janvier à 33 °C en août, et l’essentiel des pluies tombe d’octobre à février. À Sarandë, sur la côte ionienne, juin, juillet et août sont presque secs (14 à 20 mm par mois). Les montagnes du nord et de l’est sont nettement plus fraîches et enneigées en hiver.

Quand partir en Albanie : pluie et chaleur à Tirana mois par moisTempératures maximales moyennes à Tirana de 13 °C en janvier à 33 °C en août et précipitations de 40 mm en août à 151 mm en novembre (normales 1991-2020). Période idéale en mai, juin et septembre ; juillet et août très chauds, bons pour la mer ; d’octobre à avril, saison plus pluvieuse et fraîche.Tirana : pluie (mm) et maximales (°C)°C13106J14118F17102M2190A2589M2964J3242J3340A2899S23112O18151N13139DPluie (mm)Frais et pluvieuxCorrect : visites, mer fraîcheIdéal : villes, sites et merTrès chaud : mer surtoutNormales 1991-2020, station de l’aéroport de Tirana
Mai, juin et septembre offrent le meilleur équilibre entre chaleur, pluie et fréquentation.
  • Mai, juin, septembre : le meilleur compromis pour combiner villes, sites antiques et baignade.
  • Juillet-août : mer chaude mais plus de 32 °C dans l’intérieur, hébergements de la Riviera complets, routes côtières encombrées.
  • Juin à septembre : la seule fenêtre réaliste pour les sentiers des Alpes albanaises et le passage Theth-Valbona.
  • Novembre à mars : saison la plus pluvieuse, beaucoup d’établissements fermés sur la côte, mais Tirana et Berat se visitent sans foule.

Combien de jours et quel itinéraire ?

Les distances sont courtes, mais les routes de montagne sont lentes. Un itinéraire de 8 jours, du nord au sud :

  • Jours 1-2 : Tirana et Kruja. La place Skanderbeg, la mosquée Et’hem Bey, les musées installés dans d’anciens abris antiatomiques (Bunk’Art), puis la forteresse de Kruja, à une heure de route au nord.
  • Jour 3 : Berat. La « ville aux mille fenêtres », classée par l’UNESCO avec Gjirokastër : quartiers de Mangalem et Gorica de part et d’autre de l’Osum, citadelle encore habitée.
  • Jour 4 : Apollonia et la route du sud. Les ruines de l’ancienne cité grecque près de Fier, puis la route du col de Llogara qui descend vers la Riviera.
  • Jours 5-6 : Riviera et Sarandë. Plages de Dhërmi, Jale ou Himarë, puis Ksamil et ses petites îles face à Corfou.
  • Jour 7 : Butrint et l’Œil bleu. Le site archéologique de Butrint, puis la source karstique Syri i Kaltër sur la route de Gjirokastër.
  • Jour 8 : Gjirokastër, sa forteresse et ses maisons-tours à toits de lauze, avant de remonter vers Tirana.

Avec 10 à 12 jours, ajoutez le nord : Shkodër et son lac, puis le bateau sur le lac de Koman (environ 2 h 30 entre Koman et Fierza) pour rejoindre Valbona, et la marche vers Theth par le col.

Que voir : les sites moins connus de l’Albanie

La requête « trésors cachés des Balkans » renvoie souvent à l’Albanie, parce que des lieux de premier plan y restent peu fréquentés. Les plus solides :

Butrint, Berat et Gjirokastër

Butrint, dans une réserve naturelle au bord d’un lac, aligne théâtre grec, baptistère paléochrétien et murailles vénitiennes sur un même site. Berat et Gjirokastër sont deux villes ottomanes inscrites au patrimoine mondial : la première pour ses façades blanches étagées, la seconde pour son architecture de pierre grise. Comptez une demi-journée pour chacune.

Les Alpes albanaises : Theth et Valbona

Au nord, les montagnes que les Albanais appellent Bjeshkët e Nemuna forment le massif le plus sauvage du pays. Theth est un village de vallée connu pour sa tour d’enfermement (kulla) et ses cascades ; Valbona, sur l’autre versant, se rejoint à pied en une journée par un col. Le ministère des Affaires étrangères recommande un guide professionnel en montagne, de signaler son itinéraire et de surveiller la météo.

La Riviera ionienne

Entre Vlora et Sarandë, la route SH8 passe le col de Llogara puis longe une côte de criques de galets et d’eau claire. Les villages les plus connus (Dhërmi, Himarë, Ksamil) sont très construits ; pour plus de calme, visez les criques accessibles à pied ou en bateau, et la saison intermédiaire.

Lacs et nature

Le lac de Shkodër, partagé avec le Monténégro, et le lac d’Ohrid, partagé avec la Macédoine du Nord (côté albanais : Pogradec), complètent un circuit vers les frontières. Le lac de Koman, un réservoir encaissé entre des falaises, se traverse en ferry.

Où dormir en Albanie ?

  • Tirana : le quartier du Blloku, l’ancien quartier réservé des dirigeants communistes, concentre bars et restaurants à distance de marche du centre.
  • Berat et Gjirokastër : dormez dans le vieux quartier, dans une des maisons ottomanes reconverties en pensions.
  • Riviera : Himarë ou Sarandë pour les services, Ksamil pour la proximité de Butrint.
  • Nord : maisons d’hôtes familiales à Theth et Valbona, souvent avec demi-pension, à réserver en été.

Le ministère conseille de faire confirmer le prix de la chambre avant de s’installer.

Se déplacer

Le plus pratique reste la voiture de location : le permis français suffit, les feux de croisement sont obligatoires de jour et la tolérance à l’alcool est nulle. La route est la première cause de décès accidentel dans le pays (environ 400 morts par an selon le Quai d’Orsay) : évitez de rouler de nuit sur les routes de montagne. Sans voiture, les bus et minibus (furgons) relient toutes les villes, avec des horaires peu affichés ; renseignez-vous à votre hébergement la veille.

Budget

L’Albanie reste moins chère que la Grèce et la Croatie voisines, mais l’écart se réduit sur la côte en été. À titre indicatif, comptez environ 50 à 90 € par jour et par personne en voyage simple (chambre double partagée, repas dans des tavernes, bus), davantage en août sur la Riviera ou avec une voiture de location. Les distributeurs sont nombreux à Tirana et dans les villes touristiques ; gardez des espèces pour les villages de montagne. Pensez à une assurance voyage avec frais médicaux, l’Albanie ne faisant pas partie de l’Union européenne.

Sécurité et précautions

D’après la carte de vigilance du ministère des Affaires étrangères, l’ensemble du territoire est en vigilance normale. La petite délinquance y est plus faible que dans la plupart des grandes villes d’Europe de l’Ouest. Les risques à connaître sont la route, l’activité sismique et, en randonnée, les serpents et les tiques. La détention de drogue, CBD compris, est punie de 5 à 15 ans de prison. Numéro d’urgence : 112. Comme partout, tenez-vous à l’écart des manifestations et attroupements, notamment à Tirana autour de la place Skanderbeg et des bâtiments officiels. Situation à vérifier avant le départ sur les conseils aux voyageurs.

Combiner avec les pays voisins

L’Albanie s’intègre bien dans un circuit des Balkans : le Monténégro et ses bouches de Kotor au nord, la Macédoine du Nord et le lac d’Ohrid à l’est, et la Grèce au sud, avec Corfou en face de Sarandë. Pour la partie grecque, voir aussi que faire et que voir en Grèce. Si vous partez en voiture, nos points clés pour organiser un road trip s’appliquent aussi aux routes albanaises. Et pour d’autres idées sur le continent : voyager en Europe.

Questions fréquentes

Faut-il un passeport pour aller en Albanie ?

Non, une carte nationale d’identité suffit, valable au moins 3 mois après la date de retour. Attention : une carte dont la date d’expiration imprimée est dépassée est refusée, même si la France la considère prolongée de 5 ans.

Quels sont les sites les moins connus à voir en Albanie ?

Butrint, Berat et Gjirokastër pour le patrimoine, le lac de Koman et la vallée de Theth pour la nature, et les criques au sud de Himarë pour la mer. Hors juillet-août, ils restent peu fréquentés.

Peut-on pratiquer le naturisme en Albanie ?

Nous n’avons trouvé aucune plage naturiste officiellement reconnue dans le pays. Le naturisme n’y a pas de tradition organisée et la nudité sur les plages publiques est mal perçue : réservez-le aux criques isolées ou aux lieux privés qui l’autorisent explicitement.

Quelle est la meilleure période pour la côte albanaise ?

Juin et septembre : mer déjà chaude ou encore chaude, presque pas de pluie et moins de monde qu’en juillet-août.

Combien de temps faut-il pour aller de Paris à Tirana ?

Environ 2 h 35 en vol direct. Les vols directs sont peu nombreux, surtout en hiver ; hors saison, une escale (Rome, Vienne, Istanbul…) est souvent nécessaire.