Voyage en Bosnie-Herzégovine : que voir, quand partir, combien de jours
Pour un premier voyage en Bosnie-Herzégovine, comptez 5 à 7 jours : deux ou trois jours à Sarajevo, deux jours à Mostar et dans les environs (Blagaj, Počitelj, cascades de Kravica), puis une étape à Jajce ou un retour par la côte croate. La meilleure période va de mai à juin et en septembre. Les Français entrent sans visa, avec une carte d’identité ou un passeport, et le pays reste bon marché par rapport à ses voisins de l’Union européenne.
La Bosnie-Herzégovine en un coup d’œil
| Capitale | Sarajevo |
| Langues | Bosnien, croate et serbe (alphabets latin et cyrillique) |
| Monnaie | Mark convertible (KM ou BAM), arrimé à l’euro : 1 € = 1,95583 KM |
| Décalage avec Paris | Aucun, toute l’année |
| Vol depuis Paris | Environ 2 h 10 en direct (vols low cost depuis Beauvais selon les saisons) ; sinon une escale, souvent à Vienne, Munich, Zurich, Zagreb ou Belgrade |
| Formalités | Sans visa jusqu’à 90 jours ; passeport valable 3 mois après le retour ou carte d’identité en cours de validité (à vérifier avant le départ) |
| Meilleure période | Mai-juin et septembre ; décembre à mars pour le ski |
| Superficie | 51 209 km², un peu moins d’un dixième de la France |
Quand partir en Bosnie-Herzégovine ?
Le pays a deux climats. La Bosnie, au nord et au centre, est continentale et montagneuse : à Sarajevo (environ 500 m d’altitude), les maximales passent de 4 °C en janvier à 28 °C en juillet-août, et la neige tient plusieurs mois sur les reliefs. L’Herzégovine, au sud, autour de Mostar, a un climat méditerranéen : 33 à 34 °C de moyenne maximale en juillet-août, des hivers doux mais très pluvieux (plus de 180 mm en novembre et décembre).
- Mai, juin et septembre : la bonne fenêtre pour combiner Sarajevo, les montagnes et l’Herzégovine sans chaleur écrasante.
- Juillet-août : haute saison, Mostar et les cascades de Kravica sont bondées en journée ; les massifs autour de Sarajevo restent agréables.
- Décembre à février : ski à Jahorina et Bjelašnica, les deux stations des Jeux olympiques d’hiver de 1984. Sarajevo, Tuzla et Zenica subissent alors de forts pics de pollution aux particules fines liés au chauffage au charbon : les personnes asthmatiques ou cardiaques doivent en tenir compte.
Combien de jours et quel itinéraire ?
Le pays est petit mais les routes de montagne sont lentes : prévoyez rarement plus de trois heures de route par jour. Trois formules reviennent souvent :
- 2 à 3 jours depuis la Croatie : Mostar, Blagaj, Počitelj et Kravica en extension d’un séjour à Dubrovnik ou à Split.
- 6 à 7 jours : Sarajevo (3 jours, dont une excursion à Lukomir ou au mont Trebević), route de la vallée de la Neretva par Konjic et Jablanica, Mostar (2 jours), Blagaj, Počitelj, Kravica et la nécropole de Radimlja près de Stolac.
- 10 jours : ajoutez Jajce et Travnik au centre du pays, puis le parc national de l’Una et Bihać au nord-ouest, ou Višegrad et le parc national de Sutjeska à l’est.
Que voir en Bosnie-Herzégovine ?
Sarajevo
Le quartier ottoman de Baščaršija concentre les ateliers de dinandiers, la fontaine Sebilj et la mosquée Gazi Husrev-bey (XVIe siècle). À quelques rues, la cathédrale catholique, la cathédrale orthodoxe et l’ancienne synagogue racontent la coexistence des communautés. Le pont Latin marque le lieu de l’attentat contre l’archiduc François-Ferdinand, le 28 juin 1914. L’hôtel de ville (Vijećnica), incendié en 1992 puis restauré, et le musée du Tunnel, à Butmir près de l’aéroport, permettent de comprendre le siège de 1992-1995. Le téléphérique monte au mont Trebević, où subsiste l’ancienne piste olympique de bobsleigh couverte de graffitis.
Mostar et l’Herzégovine
Le Vieux Pont (Stari most), construit par les Ottomans au XVIe siècle, détruit en 1993 et reconstruit à l’identique, est inscrit avec la vieille ville au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005. En été, des plongeurs sautent dans la Neretva depuis son sommet. Venez tôt le matin ou en fin de journée pour éviter les groupes. Aux environs :
- Blagaj : une tekke de derviches adossée à la falaise, au pied de la source de la Buna.
- Počitelj : village fortifié ottoman étagé au-dessus de la Neretva.
- Cascades de Kravica : un amphithéâtre de chutes sur la rivière Trebižat, où l’on peut se baigner l’été.
- Radimlja, près de Stolac : l’une des nécropoles de stećci, tombes médiévales sculptées classées par l’Unesco en 2016.
- Grotte de Vjetrenica, à Ravno : réseau karstique inscrit au patrimoine mondial en 2024.
Le centre et l’est du pays
Jajce, ancienne capitale royale de Bosnie, possède une cascade en pleine ville, au confluent de la Pliva et du Vrbas, et une forteresse médiévale. Travnik, capitale des vizirs ottomans, garde ses mosquées et ses maisons anciennes. À l’est, Višegrad est connue pour le pont Mehmed Pacha Sokolović sur la Drina, classé par l’Unesco en 2007 et rendu célèbre par le roman d’Ivo Andrić. Le parc national de Sutjeska abrite la forêt de Perućica, l’une des dernières forêts primaires d’Europe, accessible uniquement avec un guide.
Nature et activités
Le parc national de l’Una, près de Bihać, est réputé pour ses chutes en gradins et le rafting. Le village de Lukomir, sur le plateau de Bjelašnica, se rejoint en randonnée ou en 4×4 depuis Sarajevo. Les massifs du Prenj, de la Čvrsnica et de la Treskavica sont peu fréquentés et mal balisés : faites-y appel à un guide.
Est-il dangereux de voyager en Bosnie-Herzégovine ?
Non dans l’ensemble : le ministère des Affaires étrangères classe la quasi-totalité du pays en vigilance normale. Les zones encore minées depuis la guerre de 1992-1995 sont en vigilance renforcée. Les règles à suivre sont simples :
- ne quittez pas les routes goudronnées et les chemins fréquentés, surtout le long des anciennes lignes de front et au bord des rivières ; les zones dangereuses sont en général signalées par des panneaux ;
- surveillez vos poches dans les tramways et la vieille ville de Sarajevo, et autour du Vieux Pont de Mostar pendant les sauts ;
- ne laissez rien de visible dans une voiture garée, en particulier en été ;
- sur la route, la prudence s’impose : chaussée dégradée, peu d’éclairage, accidents fréquents ; évitez de rouler de nuit ;
- un hôtel n’a pas le droit de conserver votre pièce d’identité pendant le séjour.
Le contexte politique entre communautés bosniaque, croate et serbe reste sensible : évitez les prises de position. Numéros d’urgence : police 122, pompiers 123, ambulance 124. La situation peut évoluer : consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour la Bosnie-Herzégovine avant le départ.
Formalités et argent
Le séjour sans visa est limité à 90 jours. Le passeport doit être valable au moins trois mois après la date de retour. La carte nationale d’identité en cours de validité est acceptée, mais pas celles délivrées à des majeurs entre 2004 et 2013 dont la validité a été prolongée de cinq ans par la France : dans ce cas, partez avec un passeport. Au passage d’une frontière terrestre, vérifiez que la date d’entrée a bien été tamponnée, faute de quoi une amende peut être demandée à la sortie. Tout étranger qui reste plus de trois jours doit être déclaré à la police dans les 48 heures : les hôtels s’en chargent, mais en camping ou chez l’habitant, c’est à vous ou à votre hôte de le faire. Ces règles sont à vérifier avant le départ.
Les distributeurs sont nombreux dans les villes et la carte bancaire est de plus en plus acceptée. Prévoyez des marks convertibles en liquide pour les villages, les petits restaurants et les entrées de sites. Un contrat d’assistance couvrant les frais médicaux et le rapatriement est indispensable : comparez les garanties dans notre page sur les assurances voyage.
Se déplacer
La voiture reste la solution la plus souple pour l’Herzégovine, la Neretva et le centre du pays. Si vous louez en Croatie, signalez le passage de frontière au loueur : la carte verte d’assurance est exigée à l’entrée. Sur place, les limites sont de 50 km/h en ville, 80 km/h sur route, 100 km/h sur voie rapide et 130 km/h sur autoroute ; le taux d’alcool autorisé est de 0,3 g/l et le triangle, la trousse de secours et des ampoules de rechange sont obligatoires. En hiver, plusieurs cols peuvent être fermés. Pour préparer l’itinéraire, voir nos conseils pour organiser un road trip et pour choisir entre moto et voiture.
Sans voiture, les bus relient les principales villes, et une ligne ferroviaire suit la vallée de la Neretva entre Sarajevo et Mostar (environ 2 heures), l’un des trajets les plus spectaculaires du pays ; la desserte est réduite et ses horaires changent souvent : vérifiez-les avant de compter sur le train.
Où dormir ?
- Sarajevo : Baščaršija et ses abords pour tout faire à pied ; le centre autrichien (Ferhadija, Marijin Dvor) est plus calme et reste proche du tramway.
- Mostar : la vieille ville et ses pensions familiales, pour profiter du pont le soir quand les excursionnistes sont repartis.
- Herzégovine : Blagaj ou Počitelj pour une base au calme entre Mostar et Kravica.
- Montagne : Jahorina ou Bjelašnica pour le ski ou la randonnée.
Questions fréquentes
Faut-il un passeport pour aller en Bosnie-Herzégovine ?
Non, une carte d’identité en cours de validité suffit, sauf si elle a été délivrée à un majeur entre 2004 et 2013 et prolongée de cinq ans : les autorités bosniennes ne l’acceptent pas. Avec un passeport, il doit rester valable trois mois après le retour. Pas de visa jusqu’à 90 jours.
Peut-on payer en euros en Bosnie-Herzégovine ?
La monnaie est le mark convertible (KM). Son taux est fixe : 1 € vaut 1,95583 KM, soit environ 2 KM. Les euros sont parfois acceptés dans les lieux touristiques, mais la monnaie est rendue en KM : retirez plutôt sur place.
Peut-on visiter Mostar depuis Dubrovnik ou Split ?
Oui, c’est l’excursion la plus courante depuis la côte dalmate. Comptez environ trois heures de route depuis l’une ou l’autre ville, plus le temps de passage à la frontière, souvent long en été. Une nuit sur place permet de voir le pont sans la foule. Pour les papiers côté croate, voir les démarches pour séjourner en Croatie.
Les mines sont-elles un danger pour les touristes ?
Le risque est réel mais limité si vous restez sur les routes et les sentiers fréquentés : les accidents sont rares et résultent presque toujours du non-respect des consignes. Ne marchez pas dans les herbes hautes, les maisons abandonnées ou les berges non aménagées.
Combien de jours faut-il pour visiter la Bosnie-Herzégovine ?
Une semaine permet de voir Sarajevo, Mostar et l’Herzégovine sans courir. Dix jours ouvrent le centre (Jajce, Travnik) et le parc de l’Una, ou l’est du pays (Višegrad, Sutjeska).
La Bosnie-Herzégovine se combine facilement avec ses voisins : la Croatie et sa côte dalmate, le Monténégro et les bouches de Kotor ou la Serbie par la Drina. Toutes les destinations du continent sont sur notre page voyager en Europe.
