Voyage en Serbie : que voir, combien de jours et conseils pratiques
Pour un premier voyage en Serbie, comptez 4 à 5 jours pour Belgrade et Novi Sad, et 8 à 10 jours pour y ajouter le Danube, les monastères médiévaux et les montagnes de l’ouest. Les Français entrent sans visa pour moins de 90 jours, avec une simple carte d’identité ou un passeport. Le pays est en vigilance normale pour le ministère des Affaires étrangères : la délinquance visible y est faible, le principal danger étant la route. Les meilleures périodes sont mai-juin et septembre-octobre. Belgrade est à environ 2 h 30 de vol de Paris, avec des vols directs, et la vie sur place reste nettement moins chère qu’en Europe de l’Ouest.
La Serbie en un coup d’œil
| Repère | À savoir |
|---|---|
| Capitale | Belgrade, au confluent de la Save et du Danube |
| Situation | pays enclavé des Balkans, frontalier de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Macédoine du Nord, du Monténégro, de la Bosnie-Herzégovine et de la Croatie |
| Langue | serbe, écrit en alphabet cyrillique et latin ; anglais courant chez les jeunes |
| Monnaie | dinar serbe (RSD), seule monnaie acceptée pour les paiements ; change facile, cartes acceptées dans les villes |
| Décalage avec Paris | aucun |
| Vol depuis Paris | vols directs vers Belgrade, environ 2 h 30 |
| Formalités (Français) | pas de visa pour moins de 90 jours ; carte d’identité ou passeport valide pendant tout le séjour. À vérifier avant le départ |
| Union européenne | non : pays candidat, hors espace Schengen |
| Meilleure période | mai-juin, septembre-octobre ; décembre-mars pour le ski |
| Budget indicatif | nettement inférieur à celui de l’Europe de l’Ouest |
Quel papier pour aller en Serbie ?
Les citoyens de l’Union européenne entrent en Serbie sans visa pour moins de 90 jours, avec un passeport ou une carte nationale d’identité dont la validité couvre tout le séjour. Une carte d’identité dont la validité a été prolongée de cinq ans est en principe acceptée, mais le passeport évite tout désagrément. Un document déclaré perdu ou volé, même retrouvé, est refusé à la frontière. Vérifiez que la police a bien tamponné votre entrée.
Deux points surprennent souvent : si vous logez chez un particulier, votre présence doit être déclarée au commissariat dans les 24 heures (les hôtels s’en chargent pour vous) ; et la Serbie ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo, ce qui peut compliquer le passage de la frontière entre les deux pays si vous êtes entré au Kosovo par un autre pays. Les règles douanières sont strictes : armes factices, pistolets d’alarme et objets anciens de plus de 50 ans sont concernés. Ces formalités sont à vérifier avant le départ.
Quand partir en Serbie ?
Le climat est continental : hivers froids, avec des maximales autour de 5 °C à Belgrade en janvier, et étés chauds, proches de 30 °C en juillet-août. Juin est le mois le plus arrosé, souvent sous forme d’orages. Le printemps et le début de l’automne offrent le meilleur compromis pour marcher en ville comme en montagne.
L’été a ses atouts : terrasses et péniches-bars sur les deux fleuves de Belgrade, festival Exit à la forteresse de Petrovaradin, à Novi Sad, en juillet, festival de trompettes de Guča en août. De décembre à mars, Kopaonik, la principale station de ski du pays, et Zlatibor attirent les skieurs ; pneus hiver ou quatre saisons sont obligatoires du 1er novembre au 30 avril.
Que voir en Serbie ?
Belgrade
Que faire à Belgrade ? Commencez par la forteresse de Kalemegdan, sur un éperon au-dessus du confluent, avec son parc et la vue sur Novi Beograd. Descendez la rue piétonne Knez Mihailova jusqu’à la place de la République et au Musée national, puis la rue pavée de Skadarlija, l’ancien quartier bohème et ses restaurants traditionnels. Le temple de Saint-Sava, l’une des plus grandes églises orthodoxes au monde, impressionne par sa crypte dorée. Le musée de la Yougoslavie et la Maison des fleurs, où repose Tito, racontent le XXe siècle ; le musée Nikola-Tesla, plus petit, plaît aux curieux de sciences. Le soir, rejoignez Zemun, ancienne ville austro-hongroise au bord du Danube, ou les péniches amarrées le long de la Save.
Novi Sad, Sremski Karlovci et la Fruška Gora
À 40 minutes environ de Belgrade en train rapide, Novi Sad, capitale de la Voïvodine, est souvent citée comme la plus agréable ville du pays : centre piéton de style austro-hongrois, cathédrale catholique sur la place de la Liberté, et en face, sur l’autre rive du Danube, l’immense forteresse de Petrovaradin et sa tour de l’horloge. Juste à côté, Sremski Karlovci est une petite ville baroque réputée pour ses vins, au pied du massif de la Fruška Gora, parc national qui abrite une quinzaine de monastères orthodoxes.
Subotica
Près de la frontière hongroise, Subotica est la vitrine de l’Art nouveau hongrois en Serbie : hôtel de ville aux toits de céramique colorée, synagogue et palais Raichle. Le lac de Palić, voisin, se prête à une demi-journée de détente. Le train rapide la relie à Belgrade en environ 1 h 30.
Le Danube et les Portes de Fer
À l’est de Belgrade, la forteresse de Golubac garde l’entrée des gorges du Danube, les Portes de Fer, protégées par le parc national de Đerdap. Le site préhistorique de Lepenski Vir, village de pêcheurs-cueilleurs du mésolithique, est exposé sous un abri moderne au bord du fleuve. Comptez deux jours en voiture depuis la capitale.
Monastères et sites Unesco
- Monastère de Studenica (Unesco depuis 1986) : fondé à la fin du XIIe siècle, l’un des plus importants de l’Église serbe, connu pour ses fresques.
- Stari Ras et Sopoćani (Unesco depuis 1979), près de Novi Pazar : vestiges de la première capitale serbe et fresques du XIIIe siècle.
- Gamzigrad-Romuliana (Unesco depuis 2007) : palais impérial romain de l’Antiquité tardive, dans l’est du pays.
Ouest : Tara, Zlatibor et Mokra Gora
Le parc national de Tara domine le canyon de la Drina, avec le belvédère de Banjska Stena. Près de Zlatibor, le petit train à vapeur Šargan serpente en « huit » dans la montagne, à côté du village de bois Drvengrad, construit par le cinéaste Emir Kusturica. Plus à l’est, les méandres encaissés du canyon de l’Uvac abritent une colonie de vautours fauves.
Niš et le sud
Troisième ville du pays, Niš est la ville natale de l’empereur Constantin. On y voit la forteresse ottomane, le site romain de Mediana et la Tour des crânes, érigée après une bataille de 1809. Niš est une bonne étape vers la Macédoine du Nord : voyez aussi notre guide de que faire à Skopje.
Combien de jours et quel itinéraire ?
| Durée | Itinéraire type |
|---|---|
| Week-end long (3-4 jours) | Belgrade (2 jours), Novi Sad et Sremski Karlovci (1 à 2 jours) |
| Une semaine | Belgrade, Novi Sad, Subotica, puis le Danube : Golubac, Lepenski Vir et les Portes de Fer |
| 10 à 14 jours | la semaine ci-dessus, puis le sud-ouest : Studenica, Novi Pazar et Sopoćani, Uvac, Zlatibor, Mokra Gora et le parc de Tara |
Pour l’itinéraire long, la voiture de location est presque indispensable. Quelques repères pour organiser son road trip sont utiles ici aussi : les distances sont modestes, mais les routes secondaires sont lentes.
Se déplacer en Serbie
- Train : la ligne rapide Belgrade-Novi Sad-Subotica est moderne et ponctuelle. Le reste du réseau est vétuste et lent : Belgrade-Niš prend environ six heures en train, bien plus qu’en car.
- Autocar : le réseau le plus dense et le moins cher, qui dessert tout le pays et les pays voisins. Confort inégal.
- Voiture : permis français reconnu, carte verte valable. Les autoroutes vers la Croatie, la Hongrie et Niš sont bonnes et à péage ; ailleurs, routes médiocres, véhicules sans phares, engins agricoles et animaux la nuit. Les radars sont nombreux, la loi appliquée très strictement et la ceinture obligatoire même à l’arrêt.
- À Belgrade : bus, trams et trolleys bon marché. Depuis l’aéroport Nikola-Tesla, préférez le minibus A1 ou les taxis officiels réservés au guichet du hall des bagages, plutôt que les chauffeurs qui vous abordent.
Budget et hébergement
La Serbie reste l’une des destinations les moins chères d’Europe. Repas au restaurant, cafés, transports en commun et entrées de musées coûtent nettement moins qu’en France ; l’hébergement à Belgrade est le poste le plus variable, entre auberges de jeunesse, appartements loués à la nuit et hôtels de chaîne. Le dinar est la seule monnaie acceptée : changez dans les bureaux de change (« menjačnica »), nombreux et aux taux corrects, ou retirez aux distributeurs, avec une commission souvent élevée.
- Belgrade : dormez dans le centre historique (Stari Grad, autour de Knez Mihailova) pour tout faire à pied, ou à Vračar, près du temple de Saint-Sava, plus résidentiel.
- Novi Sad : la vieille ville, à quelques minutes de la forteresse.
- Montagne : Zlatibor et Kopaonik offrent hôtels et appartements, plus chers en saison de ski.
La Serbie est-elle dangereuse ?
Non, pas plus que la plupart des pays européens : tout le territoire est en vigilance normale. Les vols à la tire se concentrent dans le centre de Belgrade, les gares, les aires d’autoroute et les grands festivals. Les risques réels sont ailleurs : la route, avec une mortalité supérieure à la moyenne européenne, les violences de supporters autour des matchs du Partizan et de l’Étoile rouge, et les rassemblements politiques, à éviter. Le pays connaît aussi des inondations printanières dans les bassins de la Save, du Danube et de la Morava. Côté santé, protégez-vous des tiques en forêt (encéphalite à tiques) et des moustiques l’été (fièvre du Nil occidental). Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour la Serbie avant le départ, car la situation peut évoluer.
Voisins à combiner
La Serbie se combine bien avec ses voisins : la Hongrie au nord, depuis Subotica ; le Monténégro et sa côte adriatique, reliés par un train de nuit depuis Belgrade ; la Bosnie-Herzégovine à l’ouest, par la vallée de la Drina ; ou la Croatie. Retrouvez tous les pays de notre guide de voyage en Europe.
Questions fréquentes
Quel papier pour aller en Serbie ?
Une carte nationale d’identité ou un passeport valable pendant tout le séjour suffit aux Français, sans visa, pour moins de 90 jours. Un document déclaré perdu ou volé est refusé. À vérifier avant le départ.
Est-il dangereux d’aller en Serbie ?
Non : le pays est en vigilance normale et la délinquance visible y est faible. Restez attentif aux pickpockets à Belgrade, prudent sur la route, et évitez les rassemblements politiques et les abords des matchs de football sensibles.
La Serbie fait-elle partie de l’Union européenne ?
Non. La Serbie est candidate à l’adhésion mais n’est membre ni de l’Union européenne ni de l’espace Schengen. On y paie en dinars, et un contrôle aux frontières a lieu à l’entrée.
Quelle est la plus belle ville de Serbie ?
Novi Sad est souvent citée pour son centre austro-hongrois et la forteresse de Petrovaradin ; Subotica pour son architecture Art nouveau. Belgrade séduit moins par sa beauté que par son ambiance, ses fleuves et sa vie nocturne.
Combien de jours en Serbie ?
Quatre jours suffisent pour Belgrade et Novi Sad ; comptez une dizaine de jours pour ajouter le Danube, les monastères et les montagnes de l’ouest.
