Syrie : peut-on y aller ? Situation, accès et patrimoine

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre en Syrie, sur l’ensemble du territoire. Après plus d’une décennie de guerre, le pays est en transition, des affrontements persistent et les risques d’attentat et d’enlèvement visant les Occidentaux sont jugés très élevés. La France n’assure aucune protection consulaire sur place : son ambassade pour la Syrie est installée à Beyrouth. Cette page ne propose donc pas de séjour : elle présente la géographie, le patrimoine et l’histoire du pays, et les conditions réelles d’accès. Avant toute décision, consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour la Syrie.

La Syrie en bref

RepèreÀ savoir
CapitaleDamas
Superficieenviron 185 000 km², un tiers de la France
VoisinsTurquie, Irak, Jordanie, Israël et plateau du Golan, Liban ; façade sur la Méditerranée
Languearabe ; kurde dans le nord-est, araméen dans quelques villages
Monnaielivre syrienne (SYP)
Décalage avec Paris+1 h en été, +2 h en hiver
Formalitéspasseport et visa obligatoires ; refus d’entrée si le passeport porte un visa ou tampon israélien
Avis du ministèretout le pays formellement déconseillé ; aucune protection consulaire française sur place

Peut-on aller en Syrie ?

Techniquement, l’entrée est possible pour un Français, mais le ministère la déconseille formellement, quel que soit le motif. Ceux qui passeraient outre doivent connaître les conditions réelles :

  • Visa obligatoire : délivré par une représentation syrienne, et selon le ministère aussi aux points d’entrée frontaliers. Par la route depuis le Liban, il n’est accordé qu’aux résidents du Liban ou aux voyageurs arrivés par l’aéroport de Beyrouth. Toute entrée illégale expose à des poursuites et à l’incarcération.
  • Séjour : au-delà de quinze jours, il faut se présenter aux services de l’immigration.
  • Passeport : un visa ou un tampon israélien entraîne un refus d’entrée.
  • Accès : par la route depuis le Liban ou la Jordanie, ou par l’aéroport de Damas, desservi par un nombre limité de liaisons régionales qui varient avec la situation. Les réseaux de transport intérieurs ont été très affectés par le conflit.
  • Aucune assistance consulaire : en urgence, les Français s’adressent au consulat général de France à Beyrouth ou à l’ambassade de France en Jordanie.
  • Assurance : la plupart des contrats excluent les pays formellement déconseillés (voir nos repères sur les assurances voyage).
  • Lois : photographier certains sites civils ou militaires est interdit ; les infractions liées aux stupéfiants sont passibles de peines extrêmement lourdes, jusqu’à la peine de mort.

Géographie et climat

La Syrie s’étend de la Méditerranée à l’Euphrate. À l’ouest, une étroite plaine côtière, autour de Lattaquié et Tartous, est dominée par le djebel Ansariyé ; plus au sud, l’Anti-Liban et le mont Hermon (2 814 m) séparent le pays du Liban. Damas est bâtie au pied de ces montagnes, autour de l’oasis de la Ghouta. L’intérieur est fait de steppes et du désert syrien, traversé au nord-est par l’Euphrate, le grand fleuve du pays, qui arrose la Djézireh, ancienne terre à blé.

Le climat est méditerranéen sur la côte et de plus en plus continental et aride vers l’intérieur. À Damas, les étés sont chauds et secs (38 °C en juillet-août), les hivers frais avec des nuits proches de 0 °C ; il peut neiger sur les reliefs.

Climat de la Syrie : températures moyennes à DamasNormales 1991-2020, aéroport de Damas. Maximales : 13 °C en janvier, 15 en février, 20 en mars, 25 en avril, 31 en mai, 35 en juin, 38 en juillet et août, 35 en septembre, 29 en octobre, 21 en novembre, 15 en décembre. Minimales : 1 en janvier, 2 en février, 5 en mars, 8 en avril, 12 en mai, 16 en juin, 19 en juillet et août, 15 en septembre, 11 en octobre, 5 en novembre, 2 en décembre. Étés chauds et secs, hivers frais avec des nuits proches de 0 °C.Damas : températures (°C)JFMAMJJASONDMaximum moyen131520253135383835292115Minimum moyen (nuit)125812161919151152Moins de 10 °C10 à 20 °C20 à 30 °C30 à 35 °C35 °C et plusNormales 1991-2020. Données climatiques, pas un conseil de voyage.
Températures maximales et minimales moyennes à Damas, mois par mois.

Patrimoine : six sites Unesco, tous en péril

Avant la guerre, la Syrie était l’une des grandes destinations archéologiques du Moyen-Orient. Ses six sites du patrimoine mondial sont inscrits depuis 2013 sur la liste du patrimoine en péril ; plusieurs ont subi des destructions graves.

  • Ancienne ville de Damas (1979) : l’une des plus anciennes villes habitées en continu, avec la Grande Mosquée des Omeyyades, édifiée au VIIIe siècle, et les souks couverts comme Al-Hamidiyé.
  • Ancienne ville de Bosra (1980) : capitale de la province romaine d’Arabie, avec un théâtre romain en basalte noir remarquablement conservé.
  • Site de Palmyre (1980) : cité caravanière de l’oasis, entre Rome et la Perse ; le temple de Bêl et l’arc monumental ont été détruits en 2015.
  • Ancienne ville d’Alep (1986) : citadelle médiévale, souks et grande mosquée, très endommagés par les combats.
  • Crac des Chevaliers et Qal’at Salah El-Din (2006) : deux grands châteaux de l’époque des croisades.
  • Villages antiques du Nord (2011), dits « villes mortes » : une quarantaine de villages des premiers siècles chrétiens, dont l’ensemble de Saint-Siméon.

S’y ajoutent des lieux non inscrits mais célèbres : Maaloula, village chrétien où l’on parle encore l’araméen, les norias de Hama sur l’Oronte, ou Doura-Europos et Mari sur l’Euphrate.

Repères historiques

Le nom de Syrie vient du grec ; dans l’Antiquité, la région a aussi été appelée Aram, et la « Syrie » désignait un ensemble plus vaste incluant le Liban, la Palestine et la Jordanie actuels. Carrefour des empires, elle a été successivement araméenne, perse, grecque, romaine et byzantine, puis arabe : Damas fut la capitale du califat omeyyade au VIIe et VIIIe siècles. Province de l’Empire ottoman de 1516 à 1918, la Syrie passe ensuite sous mandat français, de 1920 à 1946, année de son indépendance. C’est un pays arabe, membre fondateur de la Ligue arabe.

Dirigée par la famille Assad à partir de 1970, la Syrie bascule en 2011 dans une guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés. Le régime de Bachar al-Assad est tombé en décembre 2024, ouvrant une période de transition encore instable.

Découvrir la région autrement

Pour qui s’intéresse à l’histoire du Levant, les pays voisins offrent une partie de ce patrimoine dans des conditions plus sûres, chacun avec sa propre fiche à consulter : la Jordanie, avec Jerash et Pétra (voir que faire en Jordanie) ; le Liban, avec Baalbek et Byblos ; ou la Turquie et le sud-est anatolien. Les autres pays de la région sont présentés dans notre page voyager au Moyen-Orient.

Questions fréquentes

Peut-on aller en Syrie en tant que touriste ?

Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement tout déplacement en Syrie, y compris touristique. La France ne peut assurer aucune protection consulaire sur place. Un visa reste obligatoire pour entrer.

Comment aller en Syrie ?

Par la route depuis le Liban ou la Jordanie, ou en avion jusqu’à Damas via quelques liaisons régionales. Ce déplacement est formellement déconseillé : consultez la fiche Conseils aux voyageurs avant toute décision.

Qui a colonisé la Syrie ?

Après quatre siècles de domination ottomane (1516-1918), la Syrie a été placée sous mandat français de 1920 à son indépendance, en 1946.

Quand la guerre en Syrie a-t-elle commencé ?

En 2011, après la répression des manifestations contre le régime de Bachar al-Assad, tombé en décembre 2024.

La Syrie est-elle un pays arabe ?

Oui : l’arabe est la langue officielle et la Syrie est membre fondateur de la Ligue arabe, créée en 1945. Le pays compte aussi des minorités kurde, arménienne, assyrienne et turkmène.