Liban : sécurité, paysages, patrimoine et conditions d’accès

Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre dans une grande partie du Liban : le sud du pays, la plaine de la Béqaa (y compris Baalbek et Anjar), l’extrême nord (Akkar) et les abords de tous les camps palestiniens. Le reste du territoire, Beyrouth et la côte comprises, est déconseillé sauf raison impérative. Un voyage touristique n’est donc pas recommandé. Cette page présente les paysages, le patrimoine et l’histoire du pays ainsi que les conditions réelles d’entrée.

Le Liban en bref

Où se trouve le Libanau Proche-Orient, sur la côte est de la Méditerranée, entre la Syrie au nord et à l’est et Israël au sud ; c’est un pays d’Asie
Superficie et population10 452 km², un peu plus que la Gironde ; environ 5,8 millions d’habitants
CapitaleBeyrouth (ses habitants sont les Beyrouthins)
Languesarabe (officielle) ; le français a un statut particulier et reste très parlé, comme l’anglais
Monnaielivre libanaise (LBP) ; le dollar américain circule largement
Décalage avec Paris+1 h toute l’année
Point culminantQornet es-Saouda, 3 089 m, dans le mont Liban
Formalitésvisa d’un mois délivré à l’arrivée, passeport valide six mois après l’entrée ; aucune trace d’un séjour en Israël
Niveau de sécuritézones rouges et orange sur tout le territoire

Est-il dangereux d’aller au Liban ?

Oui, selon les autorités françaises, qui classent l’ensemble du pays en rouge ou en orange. Les zones formellement déconseillées sont :

  • le Liban-Nord au nord de la route Abdeh-Mechmech (Akkar) ;
  • la plaine de la Béqaa, y compris les sites de Baalbek et d’Anjar ;
  • le sud du pays, à partir de l’axe Saïda (ville exclue) – Jezzine – Machghara ;
  • les camps palestiniens et leurs abords, dont l’accès est de toute façon interdit par les autorités libanaises.

Le reste du pays, de Tripoli à Saïda en passant par Beyrouth et le mont Liban, est déconseillé sauf raison impérative ; à Tripoli, les quartiers de Jabal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, en périphérie nord, sont à proscrire. À Beyrouth, la banlieue sud est à éviter, y compris pour rejoindre l’aéroport : l’autoroute Beyrouth-Saïda est l’itinéraire recommandé. Le sud du pays est en outre pollué par de nombreuses mines et sous-munitions. Les vols, y compris à main armée, touchent aussi les quartiers fréquentés par les étrangers, et les taxis collectifs sont à éviter. Photographier des installations militaires ou des points de contrôle est interdit. La situation peut évoluer rapidement : consultez la fiche Conseils aux voyageurs du Liban et inscrivez-vous sur Ariane avant tout déplacement.

Les paysages du Liban

Sur moins de 100 km de large, le pays aligne quatre bandes parallèles du nord au sud. La plaine côtière, étroite, porte les grandes villes (Tripoli, Byblos, Beyrouth, Saïda, Tyr), les vergers d’agrumes et les bananeraies. Juste derrière, le mont Liban s’élève jusqu’à 3 089 m au Qornet es-Saouda : ses versants occidentaux, entaillés de gorges profondes, sont couverts de pins et des derniers bosquets de cèdres, emblème du drapeau national. Les sommets restent enneigés une partie de l’année, d’où le nom du pays, tiré d’une racine sémitique signifiant « blanc ». À l’est s’étend la plaine de la Béqaa, haute de près de 1 000 m, grenier agricole et terre de vignobles, drainée par le Litani au sud et l’Oronte au nord. Enfin, la chaîne de l’Anti-Liban marque la frontière syrienne.

Le climat est méditerranéen sur la côte : hiver doux et pluvieux, été chaud, humide et presque sans pluie. En montagne, la neige permet de skier en hiver dans les stations du mont Liban, tandis que la Béqaa, abritée, connaît des étés plus secs et des hivers plus froids.

Climat de Beyrouth mois par moisMaximales moyennes à l’aéroport de Beyrouth : 17 °C en janvier et février, 20 en mars, 23 en avril, 25 en mai, 28 en juin, 30 en juillet, 31 en août, 30 en septembre, 28 en octobre, 23 en novembre, 19 en décembre. Pluie : 154 mm en janvier, 127 en février, 84 en mars, 31 en avril, 11 en mai, presque rien de juin à septembre, 60 en octobre, 115 en novembre, 141 en décembre.Beyrouth : hiver pluvieux, été sec et chaudMaximales moyennes (°C)Pluie (mm par mois)17154J18127F2084M2331A2511M281J300J310A305S2860O23115N19141DPrintemps et automne : doux et peu pluvieuxÉté chaud et humide sur la côteHiver : pluie sur la côte, neige en montagneTempératures sur la côte ; bien plus frais en altitude.
Températures maximales moyennes (°C) et précipitations mensuelles (mm) à l’aéroport international de Beyrouth. Sur le mont Liban, la neige couvre les sommets en hiver ; la plaine de la Béqaa a un climat plus sec et plus contrasté.

Le patrimoine du Liban

Le pays compte plusieurs sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Leur situation au regard des zones de vigilance est rappelée entre parenthèses.

  • Byblos (Jbeil) : port phénicien, l’une des plus anciennes villes habitées en continu au monde, avec ses vestiges superposés, son château croisé et son petit port (zone orange).
  • Baalbek : temples romains monumentaux, dont ceux de Jupiter et de Bacchus, dans la Béqaa (zone rouge).
  • Anjar : seule ville omeyyade du Liban actuel, au plan quadrillé, dans la Béqaa (zone rouge).
  • Tyr (Sour) : cité phénicienne puis romaine, avec son hippodrome et sa nécropole, dans le sud (zone rouge).
  • Vallée de la Qadisha et forêt des Cèdres de Dieu : gorge creusée de monastères rupestres, refuge historique des chrétiens maronites, au-dessus de Bcharré (zone orange).

Hors liste Unesco, la grotte de Jeita, au nord de Beyrouth, est le site naturel le plus visité du pays : une galerie supérieure parcourue à pied et une galerie inférieure, traversée par une rivière souterraine, visitée en barque. Le palais de Beiteddine, dans le Chouf, et la vieille ville de Saïda avec son château de la Mer complètent le tableau.

Que faire à Beyrouth ?

La capitale, dont le nom antique était Béryte (Berytus à l’époque romaine), concentre le Musée national, aux riches collections phéniciennes et romaines, le centre-ville reconstruit autour de la place de l’Étoile, la corniche qui longe la mer jusqu’aux rochers de la Grotte aux pigeons (Raouché), et des quartiers aux ambiances très différentes : Hamra, autour de l’Université américaine, Gemmayzé et Mar Mikhaël pour les cafés et galeries, Achrafieh et ses maisons anciennes. La cuisine libanaise (mezzés, taboulé, manakish, kebbé) se goûte partout.

Histoire et société : repères

La côte libanaise correspond à l’ancienne Phénicie, dont les cités-États (Byblos, Sidon, Tyr) commerçaient dans toute la Méditerranée. Après les périodes romaine, byzantine, arabe, croisée et ottomane, la France crée en 1920 l’État du Grand Liban, placé sous son mandat par la Société des Nations. Le Liban n’a donc pas été une colonie au sens strict, mais un territoire sous mandat français, jusqu’à son indépendance le 22 novembre 1943. Ce lien explique la place du français, langue d’enseignement dans de nombreuses écoles, et l’importance de la communauté libanaise en France.

La société est organisée en communautés religieuses officiellement reconnues, musulmanes (sunnites, chiites, druzes, alaouites) et chrétiennes, dont la plus nombreuse est l’Église maronite, catholique de rite oriental, qui tire son nom de saint Maron. Le partage du pouvoir entre communautés structure la vie politique depuis l’indépendance. La guerre civile de 1975 à 1990, puis les conflits successifs avec Israël au sud, ont profondément marqué le pays.

Formalités et accès

Les Français obtiennent à l’arrivée un visa d’un mois, renouvelable auprès de la Sûreté générale, sur présentation d’un passeport valide au moins six mois après l’entrée. Tout voyageur dont le passeport ou les bagages portent la trace d’un séjour en Israël (tampon, visa, billet, étiquette) peut être refoulé. Un stage ou un volontariat, même court, exige un visa obtenu avant le départ. L’accès se fait par l’aéroport international de Beyrouth, habituellement relié à Paris par des vols directs ; les fermetures d’espace aérien et annulations sont possibles en période de tension. Une assurance voyage couvrant le rapatriement est indispensable. Côté tenue, une tenue couvrante est attendue dans les lieux de culte. Ces conditions sont à vérifier avant le départ.

Questions fréquentes

Peut-on voyager au Liban en ce moment ?

Les autorités françaises déconseillent formellement une grande partie du pays et le reste sauf raison impérative : un séjour touristique n’est pas recommandé. Vérifiez la carte à jour sur la fiche Conseils aux voyageurs avant toute décision.

Quel pays a colonisé le Liban ?

Le territoire a fait partie de l’Empire ottoman pendant quatre siècles, puis a été placé sous mandat français de 1920 à l’indépendance en 1943.

Comment s’appellent les habitants de Beyrouth ?

Les Beyrouthins et les Beyrouthines. Les habitants du pays sont les Libanais.

Qu’est-ce qu’un maronite ?

Un fidèle de l’Église maronite, Église catholique orientale née autour de saint Maron, ermite syrien du IVe-Ve siècle. Implantée historiquement dans le mont Liban et la vallée de la Qadisha, c’est la principale communauté chrétienne du pays.

Pour d’autres destinations de la région, voir la Jordanie et nos idées pour visiter la Jordanie, Chypre, de l’autre côté de la mer, ou la Syrie voisine, également déconseillée. Toutes les pages pays sont réunies dans notre guide du Moyen-Orient.