Voyage au Guyana : Kaieteur, Rupununi, saison et sécurité
Le Guyana (à ne pas confondre avec la Guyane française voisine) est un pays anglophone d’Amérique du Sud, indépendant depuis 1966, dont presque tout l’intérêt touristique tient à la nature : les chutes de Kaieteur, la forêt d’Iwokrama et les savanes du Rupununi. Comptez 8 à 12 jours, partez de préférence en septembre-octobre ou en février-mars, entre les deux saisons des pluies, et prévoyez au moins une escale depuis Paris. Le pays est en vigilance renforcée : la criminalité touche surtout certains quartiers de Georgetown, où il est formellement déconseillé de marcher la nuit.
Le Guyana en un coup d’œil
| Capitale | Georgetown, sur la côte atlantique |
| Langue | Anglais (langue officielle) ; créole guyanien couramment parlé |
| Monnaie | Dollar guyanien (GYD) ; espèces très utilisées, cartes acceptées dans les grands hôtels et centres commerciaux |
| Décalage avec Paris | −5 h en hiver, −6 h en été |
| Vol depuis Paris | Pas de vol direct ; escale via Londres, New York, Miami, Toronto, Panama, Bogotá ou la Barbade selon les liaisons |
| Formalités | Passeport valide au moins 6 mois à l’entrée, séjour sans visa jusqu’à 90 jours, formulaire en ligne à remplir à chaque entrée et sortie ; à vérifier avant le départ |
| Meilleure période | Septembre-octobre, puis février-mars |
| Durée conseillée | 8 à 12 jours |
Guyana ou Guyane : quelle différence ?
Le Guyana, ancienne Guyane britannique, est un État indépendant d’environ 800 000 habitants, entre le Venezuela, le Brésil et le Suriname. La Guyane française, plus à l’est, est un département et une région d’outre-mer : on y paie en euros, on y entre avec une carte d’identité et l’on y parle français. Les deux territoires ne sont pas limitrophes : le Suriname les sépare. Pour la Guyane française, consultez notre page voyager en Guyane.
Le Guyana est-il dangereux ?
Le ministère des Affaires étrangères place tout le pays en vigilance renforcée, sans zone rouge ni orange. Les risques se concentrent à Georgetown : vols et agressions sont signalés autour du marché de Stabroek, à Tiger Bay, Albouystown, Charlestown, Sophia, dans le sud de la ville et dans des secteurs périphériques (Buxton, Agricola, Eccles). Évitez de vous déplacer seul, ne marchez jamais de nuit, quel que soit le quartier, et préférez les taxis de compagnies connues ; il n’existe pas de transport public organisé. Les grands hôtels sont plus sûrs que les petites pensions, où des vols ont été signalés.
La route est l’autre risque majeur : réseau inégal, minibus conduits de façon dangereuse, animaux errants. Ne roulez pas de nuit hors des grands axes. Des actes de piraterie sont signalés le long de la côte, notamment à l’embouchure du Corentyne et près du Venezuela. Les relations sexuelles entre hommes sont pénalement réprimées. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour le Guyana avant de partir, car la situation peut évoluer.
Quand partir au Guyana ?
Il fait chaud et humide toute l’année, de 30 à 32 °C l’après-midi à Georgetown. Le calendrier dépend de la pluie : deux saisons humides, de mai à la mi-août et de novembre à janvier, provoquent des inondations récurrentes dans la capitale. Septembre et octobre sont les mois les plus secs (70 à 90 mm), suivis de février et mars (100 à 130 mm). Les chutes de Kaieteur ont plus de débit en saison des pluies, mais les nuages peuvent alors empêcher les vols ou masquer la vue.
Que voir au Guyana ?
Les chutes de Kaieteur
Le site majeur du pays : une chute d’environ 226 m de haut en un seul saut, sur la rivière Potaro, au milieu d’une forêt tropicale intacte. On y accède le plus souvent en excursion à la journée, par un petit avion depuis l’aéroport d’Ogle à Georgetown (environ une heure de vol), avec une visite guidée des différents points de vue. Comptez de l’ordre de 350 dollars américains par personne pour ce type de sortie, vol et entrée compris.
La forêt d’Iwokrama et les villages amérindiens
Au centre du pays, la réserve d’Iwokrama protège une vaste forêt traversée par la route de Lethem. On y pratique la marche sur passerelle dans la canopée, l’observation des oiseaux et des loutres géantes. Les communautés amérindiennes, comme Surama, accueillent les visiteurs en écolodge.
Les savanes du Rupununi
Au sud-ouest, vers le Brésil, la savane du Rupununi est réputée pour ses ranchs, ses fourmiliers géants, ses jaguars discrets et ses rivières où vivent les arapaïmas. Les séjours s’organisent en lodge ou en ranch, avec guide.
Georgetown
La capitale conserve une architecture coloniale en bois, dont la cathédrale anglicane Saint-Georges, l’une des plus hautes églises en bois au monde, la digue du front de mer (Seawall) et le jardin botanique. Le marché de Stabroek et sa tour horloge sont emblématiques, mais le quartier fait partie des zones où la vigilance s’impose.
Itinéraire de 10 jours
- Jours 1-2 : Georgetown, visite guidée du centre et du jardin botanique.
- Jour 3 : excursion aérienne aux chutes de Kaieteur.
- Jours 4-6 : Iwokrama et Surama, par la route ou en avion, nuits en lodge.
- Jours 7-9 : Rupununi, ranch et savane, observation de la faune.
- Jour 10 : retour en avion vers Georgetown.
Les trajets dans l’intérieur se font en 4×4 sur piste ou en petit avion ; une agence locale réserve en général l’ensemble (transport, lodges, guides).
Comment y aller depuis la France ?
Il n’existe pas de vol direct. L’aéroport international Cheddi-Jagan est desservi depuis Londres, New York, Miami, Toronto, Panama, Bogotá et la Barbade, selon les saisons et les compagnies. Depuis la Guyane française, on peut rejoindre le Guyana par la route à travers le Suriname, en franchissant la frontière au poste officiel : toute entrée hors des postes gardés, par exemple en bateau-taxi, est passible de prison. La vaccination contre la fièvre jaune n’est pas exigée en venant d’Europe, mais elle l’est si vous arrivez d’un pays à risque, Brésil compris, ou après un transit de plus de 4 heures dans l’un d’eux.
Santé et budget
Le paludisme est faible à Georgetown, New Amsterdam et dans l’East Berbice-Corentyne, mais significatif dans le reste du pays, donc dans toutes les zones de nature ; la dengue est présente. Demandez conseil à un centre de médecine des voyages et souscrivez une assurance voyage incluant le rapatriement. Le Guyana n’est pas une destination bon marché : les lodges de l’intérieur, les vols en petit avion et les guides représentent l’essentiel du budget.
Questions fréquentes
Faut-il un visa pour le Guyana ?
Non, pour un séjour touristique de moins de 90 jours : un passeport valide au moins six mois à la date d’entrée et le formulaire en ligne d’entrée et de sortie suffisent. Vérifiez les conditions avant le départ.
Quelle langue parle-t-on au Guyana ?
L’anglais, langue officielle, hérité de la colonisation britannique. Le créole guyanien domine dans la vie quotidienne et plusieurs langues amérindiennes sont parlées dans l’intérieur.
Peut-on aller de la Guyane française au Guyana ?
Oui, par la route en traversant le Suriname, mais uniquement par les postes-frontières officiels et pendant leurs heures d’ouverture. Prévoyez plusieurs jours de trajet.
Pour aller plus loin
Le voisin immédiat est le Suriname, à l’est ; au sud, la savane du Rupununi prolonge le Roraima du Brésil. Côté français, lisez nos conseils pour organiser un séjour en Guyane et notre article sur les îles du Salut. Tous les pays du continent sont sur la page voyager en Amérique.
