Suriname : quand partir, que voir et comment y aller
Le Suriname est le plus petit pays indépendant d’Amérique du Sud, entre la Guyane française et le Guyana, sur la côte nord-est du continent. Ancienne colonie néerlandaise, il parle néerlandais et sranan tongo et mêle des populations d’origine africaine, indienne, javanaise, chinoise et amérindienne. Une semaine permet de voir Paramaribo, dont le centre en bois est classé à l’Unesco, les anciennes plantations de la Commewijne et une ou deux excursions en forêt ; dix à quatorze jours, de remonter un fleuve vers l’intérieur. Les mois les moins pluvieux vont d’août à novembre. On y accède par Amsterdam, ou par la route et le fleuve Maroni depuis la Guyane.
Le Suriname en un coup d’œil
| Situation | Amérique du Sud, sur l’Atlantique, entre la Guyane française (fleuve Maroni) à l’est, le Guyana à l’ouest et le Brésil au sud |
| Superficie et population | environ 164 000 km², couverts en majorité de forêt amazonienne ; un peu plus de 600 000 habitants, concentrés sur la côte |
| Capitale | Paramaribo |
| Langues | néerlandais (officiel) ; sranan tongo, langue commune ; hindoustani, javanais ; anglais compris dans le tourisme |
| Monnaie | dollar du Suriname (SRD) ; retraits possibles avec une carte Visa dans certains distributeurs |
| Décalage avec Paris | −4 h en hiver, −5 h en été (UTC−3), comme la Guyane |
| Accès depuis la France | via Amsterdam (vol direct vers Paramaribo), ou vol Paris-Cayenne puis route jusqu’à Saint-Laurent-du-Maroni et traversée du Maroni vers Albina |
| Formalités pour un Français | droit d’entrée touristique à payer en ligne avant le départ et à présenter à l’embarquement ; certificat de fièvre jaune si vous venez d’un pays à risque, dont la Guyane (à vérifier avant le départ) |
| Meilleure période | août à novembre ; février-mars en second choix |
| Conduite | à gauche ; permis international obligatoire |
Quand partir au Suriname
Le climat est équatorial : il fait chaud et humide toute l’année, avec des maximales de 29 à 32 °C à Paramaribo. Les saisons se distinguent par la pluie. La grande saison des pluies va d’avril à juillet (plus de 290 mm en mai et en juin), la petite de décembre à janvier. Les périodes les plus sèches sont la grande saison sèche, d’août à novembre (moins de 100 mm en septembre et octobre), et la petite, en février-mars. Le pays est hors de la zone des ouragans.
Pour l’intérieur, les fleuves sont plus hauts et les rapides plus faciles à franchir en pirogue après la saison des pluies ; en fin de saison sèche, certains passages deviennent difficiles. Sur les plages de Galibi, à l’embouchure du Maroni, la ponte des tortues marines a lieu surtout de mars à juillet-août.
Combien de jours et quel itinéraire
| Durée | Programme type |
|---|---|
| 3-4 jours (depuis la Guyane) | Paramaribo, croisière vers Fort Nieuw Amsterdam et les plantations de la Commewijne, observation des dauphins à l’embouchure du fleuve |
| 1 semaine | Paramaribo (3 jours), Commewijne, réserve de Brownsberg et lac de Brokopondo, Jodensavanne |
| 10 à 14 jours | Ajoutez un séjour de 3 à 5 jours dans l’intérieur (haut Suriname, Raleighvallen dans la réserve du Suriname central) et, en saison, Galibi |
Que voir au Suriname
- Centre historique de Paramaribo : inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2002, il aligne des maisons coloniales en bois blanc, le fort Zeelandia, la place de l’Indépendance et la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, l’une des plus grandes églises en bois d’Amérique. La synagogue Neve Shalom et la mosquée Keizerstraat se font face, symbole de la coexistence des religions.
- Commewijne : de l’autre côté du fleuve Suriname, le fort Nieuw Amsterdam et les anciennes plantations de café, de cacao et de sucre (Frederiksdorp, Peperpot, Marienburg) se visitent à vélo ou en bateau.
- Jodensavanne : ruines d’une colonie juive du XVIIe siècle au bord du fleuve Suriname, au sud de Paramaribo.
- Brownsberg et Brokopondo : parc naturel sur un plateau dominant le grand lac de barrage, singes, oiseaux et cascades. La piste d’accès est en mauvais état : choisissez un véhicule adapté ou une excursion organisée.
- Réserve naturelle du Suriname central : 1,6 million d’hectares de forêt primaire, inscrits à l’Unesco en 2000, avec les chutes de Raleighvallen et le dôme granitique du Voltzberg, accessibles en avion léger ou en pirogue.
- Haut fleuve Suriname : villages marrons (saramaka), lodges sur les îles du fleuve, randonnées en forêt.
- Galibi : réserve de plages de ponte des tortues, accessible en pirogue depuis Albina ou Paramaribo.
L’intérieur ne se visite qu’avec des guides locaux spécialisés : la forêt est vaste, l’orientation difficile et l’orpaillage illégal ajoute un risque. Nos conseils pour voyager en Amazonie s’appliquent ici aussi.
Cuisine : du roti à la soupe saoto
La cuisine reflète les origines des habitants. On mange le roti (galette indienne garnie de curry de poulet, pommes de terre et haricots kousenband), le pom (gratin de racine de taro et de poulet, plat des fêtes d’origine créole et juive), le bami et le nasi d’origine javanaise. La saoto est une soupe javanaise au bouillon de poulet parfumé, servie avec du riz ou des pommes de terre frites, des germes de soja, un œuf et du sambal ; on la trouve dans les warungs du quartier de Blauwgrond, au nord de Paramaribo.
Comment y aller
- Par Amsterdam : KLM et Surinam Airways relient Amsterdam à l’aéroport international Johan Adolf Pengel, à Zanderij, à environ 45 km au sud de Paramaribo. C’est la route la plus simple depuis l’Europe.
- Par la Guyane : vol Paris-Cayenne, puis environ 2 h 30 de route jusqu’à Saint-Laurent-du-Maroni, traversée du fleuve en bac ou en pirogue vers Albina, puis 140 km de route jusqu’à Paramaribo (environ 2 h 30 en minibus). Le bac connaît des interruptions : vérifiez les horaires publiés par l’ambassade de France. Pour préparer la partie guyanaise, voir notre article voyager en Guyane.
- Droit d’entrée : à payer en ligne (ou au consulat du Suriname à Cayenne ou à Saint-Laurent-du-Maroni) avant de partir ; il est contrôlé à l’embarquement.
Sécurité et santé
Le pays entier est en vigilance renforcée selon le ministère des Affaires étrangères. Les agressions, parfois armées et parfois en plein jour, sont fréquentes à Paramaribo, y compris dans la zone touristique, et à Albina. Ne circulez pas de nuit dans les quartiers non touristiques ni sur les routes hors des villes, ne portez pas d’objets de valeur visibles, soyez prudent à la sortie des distributeurs et des bureaux de change, et changez votre argent uniquement dans les bureaux agréés, jamais dans la rue. Les guest-houses et hôtels bon marché sont parfois cambriolés. La navigation près de la frontière du Guyana est déconseillée sauf raison impérative, en raison d’actes de piraterie.
Côté santé, le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire en provenance des pays à risque (et donc depuis la Guyane), et recommandé de toute façon ; le paludisme, en nette régression, impose encore des précautions dans l’intérieur, surtout au sud et près de la frontière guyanaise ; la dengue et le chikungunya circulent aussi. Les stupéfiants sont sévèrement réprimés, et l’ivresse sur la voie publique est interdite. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour le Suriname avant le départ, car la situation peut évoluer.
Questions fréquentes
Sur quel continent se trouve le Suriname ?
En Amérique du Sud, sur la côte atlantique du plateau des Guyanes. Il fait pourtant partie de la Communauté caribéenne (Caricom) et se sent souvent plus proche des Caraïbes que de ses voisins sud-américains.
Quelle langue parle-t-on au Suriname ?
Le néerlandais est la langue officielle, de l’administration et de l’école. Au quotidien, tout le monde parle le sranan tongo, un créole à base anglaise ; on entend aussi l’hindoustani du Suriname, le javanais, des langues marronnes et amérindiennes. L’anglais est souvent compris.
Comment aller au Suriname depuis la Guyane ?
Par Saint-Laurent-du-Maroni : traversée du Maroni en bac ou en pirogue jusqu’à Albina, puis minibus jusqu’à Paramaribo (140 km). Le droit d’entrée doit être payé avant, en ligne ou au consulat du Suriname à Cayenne ou à Saint-Laurent-du-Maroni, et le certificat de fièvre jaune est exigé.
Quand aller au Suriname ?
D’août à novembre, pendant la grande saison sèche, ou en février-mars. Évitez si possible avril à juillet, la saison la plus pluvieuse.
Faut-il un visa pour le Suriname ?
Les Français ne demandent pas de visa classique pour un voyage touristique mais doivent acquitter un droit d’entrée en ligne avant le départ, contrôlé à l’embarquement. Les conditions et le montant sont à vérifier avant le départ.
Le Suriname se combine naturellement avec la Guyane française, de l’autre côté du Maroni (et ses îles du Salut), et avec le Guyana à l’ouest ; plus au sud s’étend le Brésil. Toutes les destinations du continent sont sur la page voyager en Amérique.
