Île de Pâques (Rapa Nui) : visiter l’île des moai
Pour visiter l’île de Pâques (Rapa Nui), comptez 4 à 5 jours sur place : c’est le temps nécessaire pour voir les grands sites du parc national, Rano Raraku, Ahu Tongariki, Orongo et Anakena, avec un guide accrédité, désormais obligatoire. L’île appartient au Chili mais se trouve en Polynésie, à 3 512 km des côtes chiliennes ; on y arrive en avion depuis Santiago. Le climat est doux toute l’année, et le séjour des touristes est limité à 30 jours.
L’île de Pâques en bref
| Situation | Pacifique Sud-Est, pointe orientale du triangle polynésien ; territoire spécial du Chili (région de Valparaíso) |
| Superficie | 163,6 km², environ 24,6 km de long sur 12,3 km de large ; point culminant : Terevaka, 507 m |
| Population | 7 750 habitants (recensement chilien de 2017), presque tous à Hanga Roa |
| Langues | espagnol et rapa nui |
| Monnaie | peso chilien (CLP) |
| Décalage avec Paris | 6 à 8 heures de moins selon la saison (UTC-6 en hiver austral, UTC-5 en été austral) |
| Accès | vols LATAM depuis Santiago du Chili, seule liaison régulière |
| Formalités | pas de visa pour un séjour touristique de moins de 3 mois au Chili ; formulaire FUI en ligne au moins 48 h avant le vol ; séjour sur l’île limité à 30 jours, billet retour et hébergement contrôlés avant l’accès à l’île ; à vérifier avant le départ |
| Parc national | billet d’entrée obligatoire, valable 10 jours consécutifs, et guide accrédité obligatoire |
| Durée conseillée | 4 à 5 jours |
Comment aller à l’île de Pâques
L’aéroport de Mataveri, à Hanga Roa, est considéré comme l’aéroport le plus isolé du monde. La seule liaison régulière est assurée par LATAM depuis Santiago du Chili. Le voyage se fait donc en deux temps : Paris-Santiago, puis Santiago-île de Pâques, avec une nuit à Santiago conseillée pour absorber les retards éventuels. L’île de Pâques s’intègre bien à un voyage combiné Argentine-Chili ou à un circuit au Chili.
Au moins 48 heures avant le vol, chaque visiteur remplit en ligne le formulaire unique d’entrée (FUI) sur le site du ministère chilien de l’Intérieur, ingresorapanui.interior.gob.cl ; le justificatif est présenté à la police (PDI) à l’embarquement ou à l’arrivée, avec le billet retour et la réservation d’hébergement : le séjour est plafonné à 30 jours depuis 2018, pour préserver l’environnement et la culture de l’île. Le décalage horaire avec la France est important ; nos conseils pour gérer le décalage horaire vous aideront à arriver en forme.
Le parc national Rapa Nui : billet et guide obligatoires
Les sites archéologiques font partie du parc national Rapa Nui, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 et géré par la communauté autochtone Ma’u Henua. Trois règles à connaître :
- chaque visiteur doit acheter un billet d’entrée, personnel, valable 10 jours consécutifs à partir du premier site visité, à présenter avec son passeport à chaque accès ;
- la visite doit se faire avec un guide accrédité par Ma’u Henua ;
- Rano Raraku et Orongo ne se visitent qu’une seule fois par billet : planifiez-les au bon moment de votre séjour.
Sur les sites, il est interdit de toucher les moai et les ahu (plateformes cérémonielles), de s’appuyer dessus ou d’emporter des pierres. Les horaires d’ouverture varient selon la saison. Le billet donne accès à 12 sites ouverts au public ; le prix et les modalités d’achat sont indiqués sur le site officiel du parc national Rapa Nui.
Que voir à l’île de Pâques
L’île compte près de 1 000 moai, ces statues monumentales sculptées par les anciens Rapa Nui. Les sites principaux, du sud-ouest au nord :
- Rano Raraku : la carrière où ont été taillés les moai, avec environ 400 statues à tous les stades de fabrication, certaines encore à moitié prises dans la roche. Le cratère abrite un lac d’eau douce.
- Ahu Tongariki : la plus grande plateforme restaurée, avec 15 moai debout, face à l’intérieur des terres. C’est le site classique du lever du soleil.
- Orongo et Rano Kau : l’ancien village cérémoniel du culte de l’homme-oiseau (Tangata Manu), au bord du cratère du Rano Kau, face aux îlots Motu Nui, Motu Iti et Motu Kao Kao.
- Anakena : plage de sable où, selon la tradition, débarqua le roi fondateur Hotu Matu’a, avec les moai de l’Ahu Nau Nau juste derrière.
- Ahu Akivi : sept moai alignés sur la course du soleil aux équinoxes, les seuls tournés vers la mer.
- Tahai : trois ahu restaurés à la sortie de Hanga Roa, le meilleur endroit pour le coucher du soleil.
- Puna Pau : la carrière de scorie rouge où ont été taillés les pukao, les « chapeaux » des moai.
- Te Pito Kura : le moai Paro, le plus grand jamais déplacé depuis Rano Raraku.
- Vinapu : un ensemble cérémoniel aux murs de basalte poli.
- Ana Te Pahu : une grande grotte volcanique entourée de jardins de plantes indigènes.
Itinéraire de 4 à 5 jours
- Jour 1 : arrivée, achat du billet du parc, Hanga Roa et coucher du soleil à Tahai.
- Jour 2 : côte sud et est avec un guide : Vinapu, Akahanga, Rano Raraku, puis Ahu Tongariki.
- Jour 3 : lever du soleil à Ahu Tongariki, Te Pito Kura, puis après-midi à la plage d’Anakena.
- Jour 4 : Rano Kau et Orongo, puis Puna Pau, Ahu Akivi et Ana Te Pahu.
- Jour 5 : randonnée vers le sommet du Terevaka ou journée en mer (plongée, snorkeling), avant le vol retour.
Randonnées
L’île est petite et peu boisée : on marche souvent sur des prairies ouvertes, exposées au vent et au soleil. Les deux objectifs les plus courus sont le Terevaka, le point culminant (507 m), d’où l’on voit l’océan tout autour de l’île, et le cratère du Rano Kau, qui abrite un lac d’eau douce. Une grande partie de l’île étant classée en parc national, renseignez-vous auprès de Ma’u Henua ou de votre guide avant de partir sur un sentier : l’accompagnement par un guide accrédité s’applique à la visite des sites du parc. Il n’y a pas de cours d’eau permanent : emportez de l’eau en quantité.
Quand partir
Le climat est subtropical et doux toute l’année. Les maximales vont de 21 °C en juillet-août à 27,5 °C en février, et les nuits ne descendent guère sous 16 °C. Il pleut en toutes saisons, un peu plus d’avril à juillet (plus de 100 mm par mois). Janvier à mars est la période la plus chaude et la plus fréquentée ; c’est aussi en février qu’a lieu la Tapati, la grande fête culturelle rapa nui. Les intersaisons (mars-avril, octobre-novembre) offrent un bon compromis entre température et fréquentation.
Un peu d’histoire
L’île a été peuplée par des navigateurs polynésiens, probablement venus des Gambier ou des Marquises ; l’estimation la plus retenue situe leur arrivée vers le XIIe siècle. Le nom d’« île de Pâques » vient du navigateur néerlandais Jacob Roggeveen, qui l’aborda le dimanche de Pâques, 5 avril 1722. La période des moai a laissé place au culte de l’homme-oiseau, centré sur Orongo. Au XIXe siècle, les raids esclavagistes péruviens de 1862-1863 puis les épidémies ont presque anéanti la population : un recensement de 1892 ne comptait plus que 101 Rapa Nui. Le Chili a annexé l’île en 1888, et ses habitants ont obtenu la citoyenneté chilienne en 1966.
Où dormir et se déplacer
Tout l’hébergement se concentre à Hanga Roa, seule localité de l’île : pensions familiales, cabañas et hôtels. Réservez avant de partir : la réservation d’hébergement est contrôlée avant l’accès à l’île. Pour circuler, la plupart des voyageurs louent une voiture, un scooter ou un vélo, ou passent par leur guide pour les sites du parc. Côté sécurité, le Quai d’Orsay classe l’île de Pâques en vigilance renforcée (jaune), en rappelant un mouvement de revendication d’habitants proches des indépendantistes en 2015, et appelle à la prudence face à la petite délinquance dans tout le Chili : consultez la fiche Chili de diplomatie.gouv.fr avant le départ, et voyagez avec une assurance voyage adaptée.
Culturellement, l’île de Pâques est polynésienne : ceux qui veulent prolonger en Océanie trouveront nos repères pour savoir quand partir en Polynésie française et notre page sur la Polynésie française. Autre île isolée du Pacifique sud-américain, les îles Galápagos se prêtent au même type de voyage. Toutes les destinations du continent sont dans notre guide de l’Amérique.
Questions fréquentes
L’île de Pâques fait-elle partie de la Polynésie ?
Culturellement et géographiquement, oui : elle forme la pointe sud-est du triangle polynésien, et ses premiers habitants étaient polynésiens. Politiquement, elle appartient au Chili, et non à la Polynésie française.
Combien d’habitants compte l’île de Pâques ?
7 750 habitants au recensement chilien de 2017, presque tous à Hanga Roa.
Faut-il un guide pour visiter les moai ?
Oui. L’accès au parc national Rapa Nui exige un billet d’entrée et l’accompagnement d’un guide accrédité par Ma’u Henua.
Y a-t-il des plages à l’île de Pâques ?
Peu, car la côte est surtout rocheuse. La principale est Anakena, au nord, une plage de sable avec des moai à l’arrière.
Combien de temps rester ?
4 à 5 jours suffisent pour les grands sites avec un guide. Le séjour touristique est limité à 30 jours.
