Birmanie (Myanmar) : sécurité, visa, climat et patrimoine

Le ministère des Affaires étrangères classe l’intégralité de la Birmanie (Myanmar) en zone rouge ou orange : il déconseille formellement de se rendre dans la plupart des États périphériques et déconseille, sauf raison impérative, tout déplacement dans le reste du pays, y compris Rangoun, Mandalay et Bagan. Depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021, un conflit armé touche une grande partie du territoire. Cette page présente le pays, son climat, son patrimoine et les règles d’entrée ; elle ne propose pas d’itinéraire de vacances.

La Birmanie en un coup d’œil

RepèreCe qu’il faut savoir
CapitaleNaypyidaw ; Rangoun (Yangon) reste la plus grande ville et la principale porte d’entrée aérienne
LangueBirman ; l’anglais est compris dans les hôtels et les agences des grandes villes
MonnaieKyat (MMK) ; paiement surtout en espèces, cartes bancaires peu acceptées
Décalage avec Paris+5 h 30 en hiver, +4 h 30 en été
Vol depuis ParisAucun vol direct ; une escale au minimum, en général à Bangkok, Singapour ou Kuala Lumpur
FormalitésPasseport valable 6 mois après l’arrivée ; visa obligatoire, à obtenir avant le départ
Niveau de vigilanceRouge (formellement déconseillé) ou orange (déconseillé sauf raison impérative) sur tout le territoire

Peut-on voyager en Birmanie ?

Pas dans des conditions normales de voyage touristique. Le Quai d’Orsay formule deux niveaux de consigne, sans aucune zone verte ou jaune.

Formellement déconseillés (rouge) : l’État Kachin et la plus grande partie de l’État Shan, dont le sud ; l’État Kayah ; l’État Kayin (Karen), en particulier la frontière thaïlandaise ; l’État Rakhine (Arakan) ; l’État Chin ; la région de Sagaing ; la région de Magway, y compris sa capitale ; l’État Mon, à l’exception de la ville de Mawlamyine ; le nord de la région de Tanintharyi jusqu’à Myeik et sa frontière sud, sauf l’extrême sud ; l’est de la région de Bago. Les zones qui bordent la Thaïlande et le Laos sont également en rouge.

Déconseillé sauf raison impérative (orange) : tout le reste du pays. Pour un déplacement indispensable, le ministère recommande l’avion plutôt que la route, la conduite de jour uniquement, de vérifier si l’accès est soumis à autorisation et de se signaler auprès de l’ambassade de France à Rangoun.

D’autres risques sont durables : mines antipersonnel dans les États Kayin, Shan, Kachin, Rakhine et Kayah, arrestations arbitraires, contrôle possible du contenu des téléphones, interdiction de photographier les installations militaires, ponts, aéroports et bâtiments officiels. Le ministère met aussi en garde contre les fausses offres d’emploi en Thaïlande qui conduisent à des « scam centers » situés dans les zones frontalières. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères avant toute décision, car la situation peut évoluer.

Visa, entrée et sortie du territoire

  • Visa obligatoire, impossible à obtenir à la frontière. Le visa touristique électronique se demande sur le portail officiel des autorités birmanes : la lettre d’approbation est valable 90 jours à compter de sa délivrance et autorise un séjour de 28 jours à partir de l’arrivée.
  • Entrée uniquement par avion pour les étrangers, via les aéroports internationaux de Rangoun et de Mandalay. Les rares points terrestres ouverts avec la Thaïlande (Ranong-Kawthaung, Mae Sot-Myawaddy, Mae Sai-Tachileik) ne permettent qu’une entrée à la journée, et le ministère déconseille fortement la voie terrestre.
  • Douane : drones interdits sans autorisation (jusqu’à 3 ans de prison), plus de 10 000 dollars en espèces ou pierres précieuses sans autorisation interdits à l’entrée comme à la sortie.
  • Activité : un visa de touriste ne permet ni travail, ni commerce, ni journalisme.

Ces règles sont fixées par les autorités birmanes et peuvent changer : vérifiez-les avant le départ sur la page Entrée et séjour du Quai d’Orsay.

Climat : les trois saisons birmanes

La Birmanie a un climat de mousson. De novembre à février, la saison sèche est la plus supportable : à Rangoun, les maximales restent autour de 33 à 34 °C et il ne pleut presque pas. Mars et avril forment la saison chaude, avec 37 à 38 °C de maximale à Rangoun et davantage dans la plaine centrale, autour de Mandalay et Bagan. De mai à octobre, la mousson apporte des pluies très abondantes, jusqu’à plus de 600 mm en juillet à Rangoun, des inondations régulières et parfois des tempêtes violentes sur les côtes.

Les trois saisons de la Birmanie, d’après les normales de RangounTempératures maximales moyennes à Rangoun de 30 °C en août à 38 °C en avril, et pluie mensuelle de 3 mm en février à 625 mm en juillet (normales OMM 1991-2020). Saison sèche et moins chaude de novembre à février, saison chaude de mars à avril, mousson de mai à octobre.Rangoun : maximales (°C) et pluie (mm)Maximales moyennes (°C)Pluie (mm par mois)335J353F3715M3838A35334M31554J31625J30562A31427S33217O3453N339DNov.-fév. : saison sèche, moins chaudeMars-avril : saison chaude et sècheMai-oct. : mousson, pluies très fortesNormales OMM 1991-2020, station de Rangoun
Climat de la Birmanie : la mousson concentre l’essentiel des 2 800 mm de pluie annuels de Rangoun entre mai et octobre.

Le patrimoine birman et la situation de chaque site

Le pays compte des sites majeurs de l’Asie bouddhiste. Leur situation sécuritaire diffère selon la région où ils se trouvent.

  • Pagode Shwedagon, Rangoun : le principal sanctuaire bouddhiste du pays, un stupa doré qui domine la ville. Zone orange.
  • Bagan, dans la région de Mandalay : plaine inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2019, où subsistent environ 2 200 temples et pagodes des XIe-XIIIe siècles. Zone orange. Ne grimpez pas sur les temples.
  • Mandalay et ses environs : ancien palais royal, collines de pagodes de Sagaing (région classée en rouge) et pont d’U Bein à Amarapura, une passerelle en teck d’environ 1,2 km construite vers 1850.
  • Anciennes cités pyu (Halin, Beikthano, Sri Ksetra) : premier site birman inscrit à l’Unesco, en 2014.
  • Lac Inle (sud de l’État Shan), Mrauk U (État Rakhine) et archipel de Mergui (région de Tanintharyi) : longtemps parmi les sites les plus visités, ils se trouvent en zone rouge ou à sa limite.

Que ramener de Birmanie, et ce qu’il ne faut pas rapporter

Les objets les plus typiques sont les laques de Bagan (bols, boîtes, plateaux), le longyi, pièce de tissu nouée portée par les hommes comme par les femmes, les tissages, les marionnettes de bois et la poudre de thanaka que les Birmans appliquent sur le visage.

Plusieurs objets sont en revanche interdits à l’exportation : antiquités, reproductions de Bouddha et autres emblèmes religieux, emblèmes officiels de l’État, objets issus d’espèces protégées (écaille de tortue notamment, la Birmanie appliquant la convention de Washington). Les pierres précieuses, rubis et jade en tête, ne peuvent sortir sans autorisation spécifique. En cas de doute, renseignez-vous auprès de l’ambassade de Birmanie en France avant tout achat.

Informations pratiques en cas de déplacement impératif

  • Argent : le système bancaire est peu fiable ; prévoyez assez d’espèces. Les bureaux de change officiels n’acceptent que des billets en euros ou en dollars en parfait état, non pliés et sans tache.
  • Santé : les structures de soins sont vétustes ; en cas de problème sérieux, le ministère recommande les cliniques privées de Rangoun, Mandalay ou Naypyidaw, voire une évacuation vers la Thaïlande ou Singapour. Une assurance voyage couvrant soins et rapatriement est indispensable, et les cliniques demandent souvent un paiement dès l’admission.
  • Moustiques : la dengue circule surtout pendant la mousson ; le paludisme est absent des villes et des sites touristiques, mais présent toute l’année dans les zones rurales boisées et sur la côte de l’État Rakhine. Faites le point avec un centre de vaccinations internationales (hépatite A, typhoïde, encéphalite japonaise selon le séjour).
  • Communications : réseaux sociaux bloqués, coupures d’électricité fréquentes, téléphones satellites interdits. Une carte SIM locale coûte moins cher que l’itinérance.
  • Respect des lieux de culte : épaules et genoux couverts, chaussures et chaussettes retirées à l’entrée des pagodes.

Avec 4 h 30 à 5 h 30 d’écart avec Paris et un trajet d’au moins 15 heures avec l’escale, quelques réflexes aident à mieux supporter le décalage horaire à l’arrivée.

Où partir dans la région à la place ?

Les voyageurs attirés par les temples bouddhistes, les marchés et les paysages de rizières trouvent un patrimoine proche dans les pays voisins. La Thaïlande, avec Chiang Mai et Sukhothai, partage avec la Birmanie une longue histoire commune. Le Laos et Luang Prabang offrent un bouddhisme theravada très vivant, et le Cambodge et les temples d’Angkor l’un des plus grands ensembles religieux d’Asie. Pour comparer d’autres destinations, consultez notre page voyager en Asie. Vérifiez dans chaque cas les conseils aux voyageurs avant le départ.

Questions fréquentes

Est-il dangereux de voyager en Birmanie ?

Le ministère des Affaires étrangères ne classe aucune région en vert ou en jaune : une partie du pays est formellement déconseillée, le reste est déconseillé sauf raison impérative. Le conflit armé, les frappes aériennes, les mines et le risque d’arrestation arbitraire en sont les principales raisons.

Faut-il un visa pour la Birmanie ?

Oui. Le visa doit être obtenu avant le départ, en ligne ou auprès d’une ambassade ; il n’est jamais délivré à la frontière. Le visa touristique électronique permet un séjour de 28 jours, avec un passeport valable au moins 6 mois après l’arrivée.

Quelle est la saison sèche en Birmanie ?

De novembre à février : peu ou pas de pluie et des maximales autour de 33 °C à Rangoun. Mars et avril sont très chauds, et la mousson dure de mai à octobre.

Que ramener de Birmanie ?

Laques de Bagan, longyi, tissages, marionnettes et thanaka sont les souvenirs les plus courants. Antiquités, statuettes de Bouddha, objets en écaille de tortue et pierres précieuses sans autorisation ne doivent pas sortir du pays.

Peut-on entrer en Birmanie par la Thaïlande ?

Seuls trois points de passage terrestres acceptent des étrangers, pour une entrée à la journée uniquement, dans des zones frontalières classées en rouge. Les entrées pour un séjour se font par les aéroports de Rangoun et de Mandalay.