Palestine : histoire, origine du nom, patrimoine et conditions d’accès

Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de se rendre dans la bande de Gaza ; les déplacements en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est et à Bethléem, sont déconseillés sauf raison impérative, en particulier dans le nord (Jénine, Tulkarem). Cette page ne propose donc pas d’itinéraire de séjour : elle retrace l’histoire de la Palestine, de l’origine de son nom à la proclamation de l’État de Palestine, présente son patrimoine et explique les conditions réelles d’accès.

La Palestine en bref

TerritoireCisjordanie (avec Jérusalem-Est) et bande de Gaza, séparées par le territoire israélien
StatutÉtat de Palestine proclamé en 1988, État observateur non membre de l’ONU depuis 2012 ; territoires occupés par Israël depuis 1967
LangueArabe
Villes principalesGaza, Hébron (Al-Khalil), Naplouse, Ramallah (siège de l’Autorité palestinienne), Bethléem, Jéricho, Jérusalem-Est (revendiquée comme capitale)
Décalage avec Paris+1 h (écart pouvant varier de quelques jours autour des changements d’heure)
AccèsUniquement par Israël (aéroport Ben Gourion ; Israël est lui-même déconseillé sauf raison impérative) ou par la Jordanie (pont Allenby), via des points de passage contrôlés par Israël
Formalités pour un FrançaisSans visa jusqu’à trois mois ; autorisation électronique ETA-IL obligatoire avant tout voyage passant par Israël
SécuritéGaza formellement déconseillée ; Cisjordanie et Jérusalem déconseillées sauf raison impérative

Origine du nom Palestine

Le mot vient des Philistins, peuple installé sur la côte autour de l’actuelle Gaza à la fin de l’âge du bronze et au début de l’âge du fer. Les textes égyptiens les appellent Peleset, les sources assyriennes parlent de Palastu, et la Bible hébraïque désigne leur pays sous le nom de Pelesheth. Au Ve siècle avant notre ère, l’historien grec Hérodote emploie l’expression « Syrie de Palestine » pour la région côtière. Le nom devient officiel après la révolte juive de Bar Kokhba (132-135) : l’empereur Hadrien rebaptise la province de Judée « Syria Palaestina ». Vers 390, l’administration romaine distingue même trois provinces, Palaestina Prima, Secunda et Tertia. Le nom traverse ensuite les siècles comme désignation géographique de la terre située entre la Méditerranée et le Jourdain.

Les grandes étapes de l’histoire de la Palestine

Frise chronologique de l’histoire de la PalestineRepères : vers 1200 avant notre ère, installation des Philistins sur la côte de Gaza ; Ve siècle avant notre ère, Hérodote emploie le nom de Palestine ; 135, l’empereur Hadrien nomme la province Syria Palaestina ; 1517 à 1917, domination ottomane ; 1923 à 1948, mandat britannique ; 1947, plan de partage de l’ONU ; 1948, création d’Israël et exode palestinien ; 1967, guerre des Six Jours et occupation de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza ; 1988, proclamation de l’État de Palestine à Alger ; 1993 et 1994, accords d’Oslo et création de l’Autorité palestinienne ; 2012, statut d’État observateur non membre à l’ONU.Palestine : repères historiquesv. -1200Philistins sur la côte de Gazafin de l’âge du bronze-Ve s.Hérodote : « Syrie de Palestine »135Hadrien crée la Syria Palaestinaaprès la révolte de Bar Kokhba1517Début de la domination ottomanejusqu’en 19171923Mandat britanniquejusqu’en 19481947Plan de partage voté à l’ONU29 novembre1948Création d’Israël, exode palestinienla Nakba1967Guerre des Six JoursCisjordanie, Jérusalem-Est, Gaza occupées1988État de Palestine proclaméà Alger, le 15 novembre1993Accords d’OsloAutorité palestinienne en 19942012État observateur non membreAssemblée générale de l’ONU
Les grandes étapes, de l’Antiquité à la reconnaissance internationale de l’État de Palestine.

De l’Antiquité à l’Empire ottoman

Carrefour entre l’Égypte, la Mésopotamie et l’Anatolie, la région voit se succéder royaumes cananéens, israélites et philistins, puis les empires assyrien, babylonien, perse, grec et romain. Elle devient chrétienne sous Byzance, puis passe sous domination arabe musulmane au VIIe siècle. Les croisés y fondent le royaume de Jérusalem aux XIIe et XIIIe siècles, avant les Mamelouks. De 1517 à 1917, la Palestine fait partie de l’Empire ottoman, sans former une entité administrative distincte.

Le mandat britannique et 1948

Les troupes britanniques occupent la région à la fin de 1917, l’année de la déclaration Balfour, qui soutient l’établissement d’un « foyer national juif ». La conférence de San Remo (1920) fixe les contours du mandat britannique, officiellement en vigueur à partir de 1923. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote un plan de partage entre un État juif, un État arabe et une zone internationale autour de Jérusalem. Le 14 mai 1948, Israël proclame son indépendance ; la guerre qui suit s’accompagne de l’exode de centaines de milliers de Palestiniens, que ces derniers appellent la Nakba (« catastrophe »). La Cisjordanie passe sous contrôle jordanien, la bande de Gaza sous administration égyptienne.

Depuis 1967

En juin 1967, à l’issue de la guerre des Six Jours, Israël occupe la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, ainsi que le Sinaï et le plateau du Golan. Des colonies israéliennes s’implantent dans les territoires occupés. Le 15 novembre 1988, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) proclame à Alger l’État de Palestine. Les accords d’Oslo, signés en 1993, conduisent en 1994 à la création de l’Autorité palestinienne, qui administre une partie de la Cisjordanie et, à l’origine, de Gaza. En 2012, l’Assemblée générale de l’ONU accorde à la Palestine le statut d’État observateur non membre. Le conflit israélo-palestinien n’est pas résolu.

Le patrimoine palestinien

La Palestine a adhéré à la convention du patrimoine mondial de l’Unesco en 2011. Plusieurs sites y sont inscrits :

  • Bethléem : basilique de la Nativité et route de pèlerinage (2012), lieu traditionnel de la naissance de Jésus.
  • Battir : paysage culturel de terrasses d’oliviers et de vignes au sud de Jérusalem (2014).
  • Hébron/Al-Khalil : vieille ville et tombeau des Patriarches (2017).
  • Jéricho : site antique de Tell es-Sultan (2023), l’un des plus anciens lieux habités en continu au monde.
  • Monastère de Saint-Hilarion/Tell Umm Amer, dans la bande de Gaza (2024).
  • Sebastia, près de Naplouse, ancienne Samarie (2026).

La vieille ville de Jérusalem et ses remparts, inscrite en 1981, figure à part sur la liste. Au-delà de ces sites, la Palestine est connue pour l’huile d’olive, le savon de Naplouse, la céramique d’Hébron, la broderie traditionnelle et une cuisine partagée avec le Levant (maqlouba, musakhan, knafeh de Naplouse).

Est-il possible de se rendre en Palestine ?

Juridiquement, un Français n’a pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de trois mois. En pratique, l’accès dépend entièrement d’Israël : il n’existe pas d’aéroport palestinien en service, et l’on entre en Cisjordanie soit depuis Israël (après arrivée à l’aéroport Ben Gourion, avec l’autorisation électronique ETA-IL obtenue avant le départ), soit depuis la Jordanie par le pont Allenby, contrôlé par Israël. La circulation en Cisjordanie est rendue très difficile par de nombreux checkpoints, avec des contrôles parfois durs, et par des attaques de colons contre des véhicules sur les routes. La bande de Gaza, dont tous les points d’accès sont fermés, est formellement déconseillée.

Le ministère des Affaires étrangères déconseille de se rendre en Cisjordanie et à Jérusalem, y compris pour des visites touristiques ou familiales, sauf raison impérative. Les personnes qui doivent s’y rendre pour un motif impératif sont invitées à s’inscrire sur Fil d’Ariane, à se signaler au consulat général de France à Jérusalem, à éviter tout rassemblement et à disposer d’une assurance couvrant le rapatriement. La région est aussi en zone sismique. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs Israël / Palestine avant tout projet : la situation peut évoluer.

Questions fréquentes

Quelle est l’origine du nom Palestine ?

Il dérive du nom des Philistins, peuple de la côte de Gaza dans l’Antiquité (Peleset en égyptien, Pelesheth en hébreu). Hérodote l’emploie au Ve siècle avant notre ère, et l’empereur Hadrien en fait le nom officiel de la province romaine, Syria Palaestina, après 135.

Est-il dangereux d’aller en Palestine ?

Oui. La bande de Gaza est formellement déconseillée par le ministère des Affaires étrangères, et la Cisjordanie comme Jérusalem sont déconseillées sauf raison impérative, en raison d’opérations militaires, de checkpoints, de violences de colons et d’un risque d’attentat élevé.

Comment se rendre à Ramallah ou à Bethléem ?

Par Israël ou par la Jordanie (pont Allenby), en franchissant des points de contrôle israéliens. Ces déplacements sont déconseillés sauf raison impérative : vérifiez la fiche Conseils aux voyageurs avant tout projet.

Quels sont les principaux sites historiques de Palestine ?

La basilique de la Nativité à Bethléem, la vieille ville d’Hébron et le tombeau des Patriarches, le site antique de Jéricho, les terrasses de Battir, Sebastia et le monastère de Saint-Hilarion à Gaza.

Les pays voisins

Pour découvrir le patrimoine du Levant dans de meilleures conditions, la Jordanie (Pétra, Wadi Rum, mer Morte) reste la destination la plus accessible de la région ; voir aussi notre article que faire en Jordanie. Les pages Israël et Liban détaillent la situation des pays voisins, et l’ensemble de la région est présenté sur notre page Moyen-Orient.