Tokelau : trois atolls sans capitale, accessibles seulement par bateau

Tokelau n’a pas de capitale : ce territoire de la Nouvelle-Zélande, formé de trois atolls du Pacifique Sud (Atafu, Nukunonu et Fakaofo), n’a pas de ville principale désignée et chaque atoll a son propre centre administratif ; une partie des services administratifs travaille depuis Apia, aux Samoa. Il n’y a ni aéroport ni port en eau profonde : on y arrive uniquement par un bateau qui part d’Apia environ toutes les deux semaines. Et depuis 2020, les atolls n’accueillent plus de touristes : une interdiction de voyage vise les visiteurs, et seul le bureau de liaison de Tokelau à Apia peut indiquer si elle a été levée.

Tokelau en bref

Statutterritoire dépendant de la Nouvelle-Zélande, doté d’institutions propres (une assemblée, le Fono général, et un chef de gouvernement désigné à tour de rôle parmi les dirigeants des atolls)
AtollsAtafu (nord), Nukunonu (centre), Fakaofo (sud)
Superficieenviron 10 km² de terres émergées ; point culminant à 5 m
Population1 499 résidents habituels au recensement de 2016
Capitaleaucune ; un centre administratif par atoll
Languestokelauan et anglais (langues officielles)
Monnaiedollar néo-zélandais (NZD), seule monnaie en usage
Décalage avec Paris+12 h en hiver, +11 h en été (fuseau UTC+13)
Accèspas d’aéroport ; navire depuis Apia (Samoa), environ 24 h jusqu’à Fakaofo
Formalitéspermis de visite délivré par les autorités de Tokelau, suspendu pour les touristes depuis 2020 ; à vérifier avant le départ
Climatchaud et humide toute l’année, maximales autour de 30 °C ; saison des pluies et des cyclones de novembre à avril

Où se trouve Tokelau ?

Les trois atolls s’alignent du nord au sud au nord des Samoa, en Polynésie occidentale. Un atoll est un anneau de récif corallien posé autour d’un lagon ; les terres se résument à des chapelets d’îlots étroits, couverts de cocotiers et de pandanus. La surface totale émergée tient dans une dizaine de kilomètres carrés, mais les lagons, eux, sont vastes, et la zone économique exclusive du territoire couvre environ 300 000 km² d’océan.

Le relief est presque inexistant : le point le plus haut atteint 5 m et aucune terre notable ne dépasse 2 m au-dessus des pleines mers. C’est ce qui rend Tokelau si exposé à la montée du niveau de la mer et aux cyclones. En 2005, le cyclone Percy a inondé les villages de Fakaofo et de Nukunonu.

Une quatrième île, Swains (Olohega en tokelauan), appartient culturellement au même ensemble, mais elle est administrée par les États-Unis au sein des Samoa américaines. Le projet de constitution soumis au référendum de 2006 la rattachait à Tokelau, alors que la Nouvelle-Zélande avait renoncé à cette revendication par un traité de 1979.

Pourquoi Tokelau n’a pas de capitale

Chaque atoll fonctionne comme une communauté autonome, dirigée par son conseil des anciens, le taupulega. Le pouvoir central est volontairement léger : le Fono général, l’assemblée du territoire, compte des sièges répartis selon la population de chaque atoll, et la fonction de chef du gouvernement (Ulu-o-Tokelau) tourne chaque année entre les trois faipule, les dirigeants élus des atolls. Aucun atoll n’a donc le rang de capitale. Les trois villages ont des populations comparables, autour de 500 habitants chacun, Atafu étant légèrement devant ; Fakaofo est le premier touché par le bateau en venant d’Apia.

Le lien avec la Nouvelle-Zélande reste fort : les Tokelauans ont la nationalité néo-zélandaise, et l’essentiel de la diaspora vit en Nouvelle-Zélande. Deux référendums sur un statut de libre association, en 2006 et 2007, ont échoué de peu : la majorité des deux tiers requise n’a pas été atteinte, à 16 voix près la seconde fois.

Les trois atolls

Atafu

L’atoll le plus au nord et le plus peuplé. Son village occupe l’extrémité nord-ouest de l’anneau de récif. C’est le dernier arrêt du bateau, à environ 6 heures de navigation de Nukunonu.

Nukunonu

L’atoll central. C’est là que se trouve le Luana Liki Hotel, la seule structure hôtelière citée par le gouvernement de Tokelau ; ailleurs, on loge chez l’habitant ou en maison d’hôtes de village.

Fakaofo

L’atoll le plus au sud, première escale du bateau après environ 24 heures de mer depuis Apia. Comme sur les deux autres atolls, le village se concentre sur un seul îlot, très densément bâti.

Comment se rendre à Tokelau

Le seul accès régulier est le navire MV Mataliki, affrété par le gouvernement de Tokelau au départ d’Apia. Il assure une rotation environ toutes les deux semaines, avec des horaires susceptibles de changer. Faute de port adapté aux gros navires, passagers et marchandises sont transbordés en barge par-dessus le récif. Le projet de piste d’aviation étudié par la Nouvelle-Zélande, qui aurait pu changer la donne, a été abandonné.

Le trajet en bateau d’Apia aux trois atolls de TokelauDurées de navigation indicatives du navire depuis Apia aux Samoa : environ 24 heures jusqu’à Fakaofo, puis environ 3 heures 30 jusqu’à Nukunonu, puis environ 6 heures jusqu’à Atafu. Départ environ toutes les deux semaines. Aucun aéroport à Tokelau.Apia → Tokelau : la seule routeApia (Samoa)départ environ toutes les 2 semainesFakaofo≈ 24 h de mer depuis ApiaNukunonu+ ≈ 3 h 30Atafu+ ≈ 6 hDurées indicatives, selon la mer · aucun aéroport
Durées de navigation indiquées par le gouvernement de Tokelau ; horaires variables selon la météo et les besoins de fret.

Pour rejoindre Apia depuis la France, il faut d’abord rejoindre le Pacifique Sud par au moins deux vols, en général via Auckland (Nouvelle-Zélande) ou Nadi (Fidji), après une première escale en Asie, au Moyen-Orient ou aux États-Unis. Le décalage horaire est maximal : Apia et Tokelau sont en avance de 11 à 12 heures sur Paris. Nos conseils pour encaisser le décalage horaire valent ici plus qu’ailleurs.

Un détail de calendrier : jusqu’en 2011, Tokelau était du côté « en retard » de la ligne de changement de date. Le territoire a suivi les Samoa et sauté la journée du 30 décembre 2011 pour se caler sur le fuseau UTC+13, proche de ses partenaires commerciaux (Nouvelle-Zélande, Australie).

Peut-on visiter Tokelau aujourd’hui ?

En pratique, non, pour un voyage d’agrément. Tokelau a fermé ses frontières aux visiteurs au début de la pandémie de Covid-19, en 2020. Depuis, les permis touristiques sont suspendus, y compris pour les passagers qui voudraient seulement rester à bord du bateau. Avant tout projet, renseignez-vous auprès du bureau de liaison de Tokelau à Apia : la situation peut évoluer.

En temps normal, la visite suppose un permis délivré par les autorités de Tokelau, avec l’accord du conseil des anciens de chaque atoll visité, et une demande déposée plusieurs semaines à l’avance. La place à bord du navire est attribuée en priorité aux résidents et aux voyageurs en mission. Pour toute démarche, le point de contact est le service des transports de Tokelau à Apia ; les coordonnées figurent sur le site du gouvernement de Tokelau. Le ministère français des Affaires étrangères ne publie pas de fiche propre à Tokelau : consultez celle de la Nouvelle-Zélande sur diplomatie.gouv.fr et vérifiez la situation avant le départ.

La vie sur les atolls

Il n’existe pas d’industrie touristique. Les visiteurs sont surtout des Tokelauans de la diaspora, venus de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou d’Hawaï. La vie s’organise autour du village, de l’église, de la pêche dans le lagon et au large, et des cocoteraies. Les décisions courantes relèvent du conseil des anciens de chaque village, qui gère aussi l’accueil des visiteurs.

Tokelau s’est fait connaître en novembre 2012 en devenant le premier territoire du monde à produire toute son électricité grâce à l’énergie solaire, avec trois centrales photovoltaïques et des batteries. Avant cela, des groupes électrogènes au diesel ne fournissaient du courant qu’environ 16 heures par jour. Autre particularité : l’extension internet « .tk » a longtemps rapporté une part notable des recettes du territoire, avant l’arrêt des enregistrements en 2023.

Climat et saisons

Le climat est chaud et humide toute l’année, avec des maximales voisines de 30 °C. Le gouvernement de Tokelau distingue une saison sèche de mai à octobre et une saison humide de novembre à avril, qui est aussi celle des cyclones. Si les frontières rouvrent, c’est la période de mai à octobre qui offre la mer la plus praticable pour la traversée et les transbordements en barge.

Les alternatives dans la région

Pour découvrir un atoll habité et une culture polynésienne proche sans dépendre d’un permis suspendu, deux options :

  • les îles Samoa, point de départ du bateau pour Tokelau, avec des vols réguliers et une offre d’hébergement réelle ;
  • Tuvalu, autre archipel d’atolls de Polynésie occidentale, accessible par avion depuis les Fidji.

Pour ce type de destination isolée, une assurance voyage qui couvre l’évacuation sanitaire est indispensable : il n’y a sur place que des dispensaires de village. Le reste des pays de la région est présenté dans notre guide de l’Océanie.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale de Tokelau ?

Il n’y en a pas. Chacun des trois atolls (Atafu, Nukunonu, Fakaofo) a son propre centre administratif, et la direction du gouvernement change d’atoll chaque année. Une partie de l’administration est installée à Apia, aux Samoa.

Combien d’îles compte Tokelau ?

Trois atolls, chacun formé de nombreux îlots disposés autour d’un lagon. L’île Swains, culturellement liée à Tokelau, est administrée par les Samoa américaines.

Tokelau appartient-il à la Nouvelle-Zélande ?

Oui, c’est un territoire dépendant de la Nouvelle-Zélande, inscrit par l’ONU sur la liste des territoires non autonomes. Ses habitants sont citoyens néo-zélandais et la monnaie est le dollar néo-zélandais.

Comment aller à Atafu ?

Par le navire qui part d’Apia : il touche d’abord Fakaofo (environ 24 h), puis Nukunonu, et rejoint Atafu environ 6 heures plus tard. Un permis de visite est nécessaire, et les permis touristiques sont suspendus depuis 2020.