Voyage au Burundi : sécurité, visa, quand partir et que voir

Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement toute la zone frontalière avec la République démocratique du Congo, la route qui mène de Bujumbura à Gatumba au-delà de la réserve de la Rusizi, ainsi que le nord du parc national de la Kibira et l’ouest de la frontière rwandaise au nord de la RN10. Le centre de la forêt de la Kibira et le reste de la frontière avec le Rwanda sont déconseillés sauf raison impérative ; le reste du pays est en vigilance renforcée. Un séjour au Burundi reste possible hors de ces zones, mais il se prépare : visa obligatoire, vaccin contre la fièvre jaune, déplacements en 4×4 avec chauffeur et jamais de nuit. La meilleure période va de juin à septembre, pendant la saison sèche.

Le Burundi en bref

Où se trouve le BurundiAfrique des Grands Lacs, entre le Rwanda au nord, la Tanzanie à l’est et au sud, la RD Congo et le lac Tanganyika à l’ouest
Superficie27 834 km², un pays sans accès à la mer
CapitalesGitega (capitale politique) ; Bujumbura (capitale économique et principale ville, au bord du lac Tanganyika)
Langueskirundi et français (langues officielles) ; swahili parlé dans le commerce et en ville
Monnaiefranc burundais (BIF) ; cartes bancaires rarement acceptées, prévoir des espèces
Décalage avec Paris+1 h en hiver, aucun en été (UTC+2)
Vol depuis Parispas de vol direct ; une escale, en général à Nairobi, Addis-Abeba ou Bruxelles
Formalitésvisa obligatoire, demandé en ligne puis délivré à l’arrivée ; vaccin contre la fièvre jaune obligatoire
Meilleure périodejuin à septembre (saison sèche)
Durée conseillée5 à 7 jours au départ de Bujumbura

Est-il dangereux d’aller au Burundi ?

Le pays ne connaît pas une forte criminalité, mais plusieurs risques structurels encadrent tout séjour. La frontière occidentale, le long de la rivière Rusizi et de la RD Congo, est le théâtre d’accrochages entre militaires et groupes armés : elle est en zone rouge sur toute sa longueur. Le triangle du nord-ouest, entre Rwanda et RD Congo, connaît aussi des incidents frontaliers. Le risque d’attentat ne peut pas être exclu, en particulier à Bujumbura.

À Bujumbura, le ministère recommande de ne pas circuler à pied, même en centre-ville, et d’éviter après la tombée de la nuit les quartiers de Bwiza, Kanyosha, Musaga, Kamenge, Cibitoke, Ngagara et Rohero 2-INSS, ainsi que la périphérie (Bujumbura rural). En province, on ne roule pas de nuit et l’on dort dans un hôtel gardé. Les routes de montagne sont dangereuses, les secours inexistants hors de la capitale et les pénuries de carburant fréquentes. Les infrastructures médicales ne permettent pas d’opération ni d’hospitalisation prolongée : une assurance couvrant le rapatriement sanitaire est indispensable. La situation peut évoluer : consultez la fiche Conseils aux voyageurs du Burundi avant le départ.

Quand partir au Burundi

Le climat est équatorial, tempéré par l’altitude. Bujumbura, à environ 800 m au bord du lac, reste chaude toute l’année avec des maximales de 28 à 30 °C ; les plateaux du centre, vers 1 700 m, sont nettement plus frais. La grande saison sèche, de juin à août, ne reçoit presque aucune pluie (4 mm en juillet à Bujumbura) et septembre reste peu arrosé : c’est la période la plus simple pour circuler. D’octobre à mai, les averses violentes abîment les pistes et coupent parfois les routes ; mars-avril et novembre sont les mois les plus pluvieux. Le paludisme se transmet toute l’année, avec un pic de décembre à mai.

Climat de Bujumbura et meilleure période pour le BurundiMaximales moyennes à Bujumbura entre 28 et 30 °C toute l’année. Pluie mensuelle : 95 mm en janvier, 102 en février, 122 en mars, 135 en avril, 55 en mai, 8 en juin, 4 en juillet, 12 en août, 42 en septembre, 90 en octobre, 142 en novembre, 115 en décembre. Saison sèche de juin à septembre, la plus favorable.Bujumbura : chaleur stable, pluies d’octobre à maiMaximales moyennes (°C)Pluie (mm par mois)2895J28102F29122M28135A2955M298J294J3012A3042S3090O28142N28115DSaison sèche : la plus favorableTransition : averses plus espacéesPluies fréquentes, routes dégradéesNormales 1991-2020 (OMM). Plus frais sur les plateaux.
Températures maximales moyennes (°C) et précipitations mensuelles (mm) à Bujumbura, normales 1991-2020 de l’Organisation météorologique mondiale. Sur les plateaux du centre, vers 1 700 m, il fait nettement plus frais.

Que voir hors des zones déconseillées

Le tourisme reste très peu développé et les sites sont souvent mal balisés. Vérifiez chaque trajet au regard de la carte des zones de vigilance avant de le prévoir.

Bujumbura et le lac Tanganyika

La ville s’étire entre les collines et le lac Tanganyika, long de 677 km et parmi les plus profonds du monde. Depuis le Belvédère, le mausolée du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance, domine la ville. Le Musée vivant, près du lac, présente des reptiles, dont des crocodiles du Tanganyika, et une volière. À une dizaine de kilomètres au sud, à Mugere, une pierre marque la rencontre de Stanley et Livingstone en 1871. La baignade est déconseillée aux abords de Bujumbura (crocodiles et hippopotames) et les sorties en bateau doivent passer par une entreprise reconnue.

Gitega et les tambours royaux

La capitale politique, sur le plateau central, abrite le Musée national, qui conserve depuis 1955 des objets de la cour royale, des collections archéologiques et des photographies anciennes. Tout près, le site royal de Gishora présente la reconstitution d’une habitation royale et un sanctuaire des tambours. La danse rituelle au tambour royal, avec ses tambourinaires qui portent l’instrument sur la tête, est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2014.

Le sud : source du Nil, chutes de Karera, faille de Nyakazu

À environ 114 km de Bujumbura par la route d’Ijenda et Matana, une pyramide signale à Rutovu, à plus de 2 000 m d’altitude, la source la plus méridionale du Nil. Plus à l’est, dans la province de Rutana, les chutes de Karera descendent en plusieurs cascades sur trois paliers, et la faille de Nyakazu ouvre une vallée boisée sur le massif de Nkoma. Les plantations de thé de Teza et Rwegura, sur la crête Congo-Nil, sont proches de la Kibira : vérifiez leur situation par rapport aux zones orange et rouge.

Parcs et réserves

Le parc national de la Ruvubu, à l’est, suit la rivière du même nom avec une centaine de kilomètres de pistes et des observatoires. La réserve naturelle de Bururi, forêt humide d’altitude de 3 300 ha, compte plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux. La réserve de la Rusizi, avec ses hippopotames, touche la frontière congolaise classée en zone rouge, tout comme une grande partie de la forêt de la Kibira, où vivent des chimpanzés : ces deux sites sont à écarter.

Combien de jours et comment s’organiser

Le pays est petit, mais les routes sont lentes et l’on ne circule que de jour. Cinq à sept jours permettent de voir Bujumbura, Gitega et Gishora, puis le sud (source du Nil, Karera), en revenant chaque soir dans un hôtel gardé. Pour un voyage plus long dans la région, la Tanzanie voisine ou le Rwanda peuvent compléter le séjour, mais les frontières terrestres avec le Rwanda et la RD Congo font l’objet de fermetures et de restrictions, à vérifier avant tout projet par la route.

  • Se déplacer : location d’un 4×4 avec chauffeur, recommandée par le ministère des Affaires étrangères ; minibus, taxis et surtout motos-taxis sont déconseillés. La RN1 entre Bujumbura et Kayanza est réputée dangereuse.
  • Argent : apportez des espèces pour tout le séjour ; le change et les transferts d’argent sont possibles à Bujumbura et dans les grandes villes.
  • Horaires : évitez les vols arrivant ou partant de Bujumbura après 21 h ; les débits de boissons ferment à 21 h.
  • Téléphone : une carte SIM locale fonctionne dans les villes et la plupart des provinces.
  • Drones : interdits sans autorisation écrite ; parapente et ULM déconseillés.

Visa, santé et vol pour le Burundi

Le visa est obligatoire. La demande se fait en ligne sur le site des autorités burundaises ; le visa à entrée unique est ensuite délivré à l’aéroport contre paiement, pour une durée maximale d’un mois, prolongeable sur place. Gardez une copie papier du certificat reçu par courriel. Le montant, de l’ordre de 90 dollars américains, est à vérifier avant le départ.

Le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire, à faire dans un centre agréé au moins dix jours avant le départ. Un traitement préventif contre le paludisme et une protection contre les moustiques sont nécessaires ; l’hépatite A et la typhoïde sont recommandées selon le séjour. Côté vols, il n’existe pas de liaison directe depuis Paris : comptez une escale, le plus souvent à Nairobi, Addis-Abeba ou Bruxelles. Pensez à une assurance voyage avec rapatriement, indispensable ici.

Questions fréquentes sur le Burundi

Où se trouve le Burundi ?

En Afrique de l’Est, dans la région des Grands Lacs, juste au sud de l’équateur. Il est bordé par le Rwanda, la Tanzanie, la RD Congo et le nord-est du lac Tanganyika. Bujumbura, sa principale ville, est sur la rive du lac ; Gitega, la capitale politique, au centre du pays.

Faut-il un visa pour aller au Burundi et combien coûte-t-il ?

Oui. On le demande en ligne avant le départ et on le récupère à l’aéroport de Bujumbura, pour un mois au plus. Le prix est d’environ 90 dollars américains pour une entrée unique ; vérifiez le montant et la procédure sur la fiche du ministère avant de partir.

Qui a colonisé le Burundi ?

L’Allemagne à la fin du XIXe siècle, dans le cadre de l’Afrique orientale allemande, puis la Belgique après la Première Guerre mondiale, au sein du Ruanda-Urundi. Le pays est indépendant depuis 1962. Auparavant, un royaume y existait depuis la fin du XVIIe siècle.

Peut-on payer par carte au Burundi ?

Rarement. Les cartes bancaires sont peu acceptées : emportez assez d’espèces pour tout le séjour et changez-les à Bujumbura ou dans une grande ville.

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