Nauru : voyager sur la plus petite république insulaire du monde
Nauru est la plus petite république insulaire du monde : 21 km² au milieu du Pacifique central, à une quarantaine de kilomètres au sud de l’équateur, entre les îles Marshall, Kiribati et les îles Salomon. Le pays n’a pas de capitale officielle ; le Parlement et l’administration siègent dans le district de Yaren, considéré comme capitale de fait. Le tourisme y reste marginal : on y accède presque uniquement par la compagnie nationale depuis Brisbane, il faut un visa demandé à l’avance et les hébergements se comptent sur les doigts d’une main. Deux à quatre jours suffisent pour faire le tour de l’île, le plus souvent en complément d’un voyage en Australie ou dans le Pacifique.
Nauru en un coup d’œil
| Situation | Île isolée du Pacifique central (Micronésie), juste au sud de l’équateur ; le voisin le plus proche est Banaba (Kiribati), à environ 300 km |
| Superficie | 21 km², une trentaine de kilomètres de côtes |
| Population | Environ 12 000 habitants |
| Capitale | Aucune capitale officielle ; gouvernement et Parlement à Yaren |
| Langues | Nauruan et anglais (officiels) |
| Monnaie | Dollar australien (AUD) ; paiement en espèces quasi exclusif |
| Décalage avec Paris | +11 h en été, +10 h en hiver (UTC+12 toute l’année) |
| Vol depuis Paris | Pas de liaison directe : vol vers Brisbane (une escale, plus de 20 h) puis Nauru Airlines, environ 4 h 15 à 4 h 45 |
| Formalités | Visa touristique à obtenir avant le départ, réservation d’hébergement et billet retour exigés ; à vérifier avant le départ |
| Meilleure période | De mai à novembre, les mois les moins pluvieux |
| Budget indicatif | Élevé pour une destination peu équipée : chambre à partir d’environ 95 AUD la nuit, le reste du budget dépend surtout des repas et de la location de voiture |
Où se trouve Nauru et pourquoi l’île est si particulière
Nauru est une île de corail soulevée, de forme ovale, que l’on contourne en voiture en moins d’une heure. Une étroite bande côtière, où vit la quasi-totalité de la population, entoure un plateau central appelé « Topside ». Ce plateau a été exploité pour son phosphate à partir de 1907 : environ 80 % de la surface de l’île a été retournée par l’extraction, qui a laissé un paysage de pinacles calcaires gris, sans sol ni végétation sur de grandes étendues. Les réserves rentables se sont épuisées dans les années 1990.
Indépendante depuis le 31 janvier 1968 après une tutelle australienne, Nauru a connu dans les années 1970-1980 l’un des revenus par habitant les plus élevés du monde, avant une longue crise financière. Depuis 2001, et de nouveau depuis 2012, l’île accueille un centre de traitement des demandeurs d’asile pour le compte de l’Australie. Ce passé explique ce que voit le voyageur : peu d’infrastructures touristiques, une économie qui importe presque toute sa nourriture et beaucoup de personnel australien dans les avions et les hôtels.
Quand partir à Nauru ?
Le climat est équatorial : les maxima restent autour de 30-31 °C et les minima vers 25 °C toute l’année. Ce sont les pluies qui font la différence. Selon les moyennes relevées à Yaren, décembre et janvier reçoivent environ 280 mm chacun, février 250 mm, alors que les mois de mai à novembre tournent autour de 100 à 150 mm. La saison des pluies, de novembre à février, apporte ciel couvert, averses fortes et orages. Les précipitations varient beaucoup d’une année sur l’autre selon le phénomène El Niño, et l’île a déjà connu de longues sécheresses. Les cyclones y sont rares.
Comment aller à Nauru
L’aéroport international de Nauru est à Yaren, au sud de l’île. La porte d’entrée habituelle est Brisbane : Nauru Airlines y opère plusieurs vols par semaine, d’une durée d’environ 4 h 15 à 4 h 45. La compagnie dessert aussi, avec des fréquences plus faibles, Nadi et Suva (Fidji), Tarawa (Kiribati), Majuro (îles Marshall), Pohnpei (Micronésie) et Koror (Palaos). Depuis Paris, il faut d’abord rejoindre Brisbane, avec une escale en Asie ou au Moyen-Orient, soit plus de 20 heures de trajet ; avec la correspondance, comptez au moins deux jours de voyage. Il n’existe pas de liaison maritime pour passagers : les ports servent au fret et à la pêche.
Les places sont limitées et souvent occupées par du personnel en mission : réservez vol et hébergement plusieurs mois à l’avance, et prévoyez une marge en cas de changement d’horaire.
Visa et formalités
Les ressortissants français ont besoin d’un visa de visiteur, demandé avant le départ auprès du service d’immigration de Nauru (formulaire officiel Application for Visitor Visa). Les frais, fixés par le règlement sur l’immigration de 2014, sont de 50 AUD pour un séjour jusqu’à un mois (150 AUD jusqu’à deux mois, 250 AUD jusqu’à trois mois) et doivent accompagner la demande ; ils ne sont pas remboursés en cas de refus. Le passeport ne doit pas expirer dans les trois mois suivant la demande ; prévoyez aussi un billet retour et une réservation d’hébergement confirmée. Le délai de traitement peut être long. Le ministère des Affaires étrangères ne publie pas de fiche dédiée à Nauru, rattachée au consulat général de France à Sydney : vérifiez les règles auprès des autorités nauruanes avant le départ. Il est interdit de photographier le centre de traitement des demandeurs d’asile.
Que voir à Nauru en 2 à 4 jours
- Le tour de l’île par la route côtière : une vingtaine de kilomètres goudronnés, moins d’une heure en voiture, deux à trois heures à vélo. C’est la meilleure façon de comprendre l’organisation des districts, des églises et des installations portuaires.
- Anibare Bay : la principale baie sableuse, sur la côte est, où l’on peut se baigner selon l’état de la mer ; les levers de soleil y sont réputés. Ailleurs, le récif et les courants rendent la baignade risquée : demandez conseil sur place.
- La lagune Buada : seule étendue d’eau douce de l’île, entourée de bananiers et de jardins, dans une dépression du plateau. On ne s’y baigne pas, mais la petite route qui en fait le tour est l’un des coins les plus verts de Nauru.
- Command Ridge : le point culminant, à peine 70 m d’altitude. Une courte marche mène à des canons et à un poste de commandement japonais de la Seconde Guerre mondiale, quand l’île était occupée (1942-1945).
- Topside : le plateau minier, avec ses pinacles de calcaire et ses engins rouillés. Le paysage est saisissant ; respectez les zones fermées.
- Aiwo et le port : les convoyeurs géants de chargement du phosphate, sur la côte ouest, rappellent l’histoire industrielle de l’île.
- La pêche au gros : des sorties sont proposées en haute mer, l’une des rares activités organisées.
Pour un séjour de deux jours : premier jour, tour de l’île, Anibare Bay et Yaren ; second jour, Command Ridge, Buada et Topside. Avec quatre jours, ajoutez une sortie de pêche, du temps à la plage et la découverte d’Aiwo. Les dates à noter sont la fête de l’Indépendance (31 janvier) et l’Angam Day (26 octobre).
Où dormir et se déplacer
Le choix tient en trois adresses principales : le Menen Hotel, le plus grand établissement de l’île (plus d’une centaine de chambres), sur la côte est près d’Anibare ; l’Od-N-Aiwo Hotel, à Aiwo, sur la côte ouest ; et les appartements de la Capelle & Partner Ewa Lodge, au nord. Réservez directement et longtemps à l’avance, car une réservation confirmée est demandée pour le visa.
On roule à gauche. La location de voiture ou de vélo se négocie auprès de l’hôtel ou des commerces locaux ; un permis international est demandé. Un bus fait le tour de l’île pendant la journée, et l’auto-stop est courant. Des pénuries de carburant peuvent survenir.
Budget, argent et santé
- Argent : emportez tout votre budget en dollars australiens. Les cartes bancaires sont rarement acceptées, il n’y a pas de bureau de change et un seul distributeur est signalé.
- Hébergement : à partir d’environ 95 AUD la nuit pour une chambre simple d’après les tarifs relevés ; les suites coûtent nettement plus. Prix indicatifs, à confirmer à la réservation.
- Repas : presque toute la nourriture est importée par bateau ; l’offre se limite à quelques restaurants de poisson, cuisine chinoise et snacks. L’alcool n’est servi que dans quelques établissements.
- Santé : ne buvez pas l’eau du robinet (citernes et dessalement). La dengue circule : protégez-vous des moustiques. Les soins sont limités et une évacuation vers l’Australie peut être nécessaire : une assurance voyage couvrant le rapatriement est indispensable.
Avec dix heures de décalage et deux jours de trajet, prévoyez quelques conseils pour mieux gérer le décalage horaire, et une valise pensée pour un climat équatorial : vêtements légers couvrant les épaules et les genoux, la tenue étant plus conservatrice qu’en Australie.
Combiner Nauru avec un autre voyage
Comme tous les vols passent par Brisbane, Nauru se greffe naturellement sur un voyage en Australie, par exemple avant ou après un road-trip en camping-car sur la côte du Queensland. Les vols de Nauru Airlines permettent aussi de relier d’autres îles de Micronésie, comme Kiribati et l’atoll de Tarawa ou les îles Marshall. Pour une vue d’ensemble de la région, consultez notre guide des destinations d’Océanie.
Questions fréquentes sur Nauru
Quelle est la capitale de Nauru ?
Nauru n’a pas de capitale officielle. Le district de Yaren, au sud, accueille le Parlement, les bureaux du gouvernement et l’aéroport : il est considéré comme la capitale de fait.
Peut-on faire du tourisme à Nauru ?
Oui, mais à petite échelle : il faut un visa obtenu à l’avance, une réservation d’hôtel et des espèces pour tout le séjour. L’île compte très peu de visiteurs et l’offre se limite à quelques hôtels, une plage principale et des sites liés à l’histoire minière et à la Seconde Guerre mondiale.
Quelle est la taille de l’île de Nauru ?
21 km², soit environ un cinquième de la superficie de Paris intra-muros (105 km²). La route côtière fait le tour de l’île en une vingtaine de kilomètres.
Combien de temps faut-il pour aller de Paris à Nauru ?
Il faut compter plus de 20 heures jusqu’à Brisbane avec une escale, puis environ 4 h 30 de vol jusqu’à Nauru. Les horaires imposent souvent une nuit à Brisbane : prévoyez deux jours de trajet.
