Venezuela : sécurité, climat et grands sites

Le Venezuela n’est pas une destination de voyage ordinaire : le ministère des Affaires étrangères y déconseille formellement les zones frontalières avec la Colombie, le Brésil et le Guyana, l’arc minier de l’État de Bolívar, le delta de l’Orénoque, la côte nord de l’État de Sucre et la péninsule de Paraguaná, et déconseille sauf raison impérative le reste du pays, Caracas comprise. Seul l’archipel de Los Roques est classé en vigilance renforcée. Les paysages sont pourtant parmi les plus spectaculaires d’Amérique du Sud : le Salto Ángel, plus haute chute d’eau du monde, les tepuys de Canaima, les Andes de Mérida et les récifs des Caraïbes. Cette page explique ce que recouvre le pays, ce que l’on peut y voir et dans quelles conditions s’y rendre.

Le Venezuela en bref

SituationNord de l’Amérique du Sud, façade sur la mer des Caraïbes ; frontières avec la Colombie, le Brésil et le Guyana
Superficieenviron 916 000 km², soit environ 1,7 fois la France métropolitaine
CapitaleCaracas, à 900 m d’altitude environ, séparée de la mer par la cordillère de la Costa
Langueespagnol
Monnaiebolivar ; dans les faits, la plupart des paiements se font en dollars américains en espèces
Décalage avec Paris−5 h en hiver, −6 h en été (UTC−4, pas d’heure d’été)
Vol depuis Parispas de vol direct ; une escale, le plus souvent à Madrid, ou à Lisbonne, Istanbul, Bogotá ou Panamá ; offre aérienne instable
Formalités pour un Françaispas de visa pour un séjour touristique de 90 jours au plus ; passeport valide plus de 6 mois après l’entrée (à vérifier avant le départ)
Saison sèchede décembre à avril dans le nord du pays
Niveau de risquezones rouges aux frontières et dans l’est, orange sur le reste du territoire, jaune à Los Roques

Sécurité : ce que dit le Quai d’Orsay

Le pays connaît une criminalité violente endémique et fait partie de ceux où le taux d’homicides est le plus élevé au monde. Hors de Caracas, les pénuries d’essence et les coupures d’eau, d’électricité et de réseau sont fréquentes, et les hôpitaux publics manquent de médicaments et de matériel.

  • Formellement déconseillé (rouge) : toutes les zones frontalières avec la Colombie, le Brésil et le Guyana, en raison des groupes armés et des trafics ; l’arc minier au nord-est de l’État de Bolívar et le Delta Amacuro ; le littoral nord de l’État de Sucre, le golfe de Paria et la zone maritime entre la péninsule de Paria et l’île Margarita (piraterie) ; la péninsule de Paraguaná. L’entrée dans le pays par voie terrestre est également formellement déconseillée.
  • Déconseillé sauf raison impérative (orange) : Caracas, l’aéroport de Maiquetía et le reste du pays. Le trajet entre l’aéroport et Caracas ne doit jamais se faire de nuit.
  • Vigilance renforcée (jaune) : l’archipel de Los Roques.

Pour ceux qui doivent s’y rendre, le ministère recommande de se déplacer de jour, en voiture particulière ou en taxi officiel, vitres fermées, de ne porter ni bijoux ni montre visibles, de garder une photocopie du passeport sur soi et l’original à l’hôtel, et de surveiller son verre dans les bars (usage criminel de la scopolamine). Les sites les plus fréquentés (île Margarita, parc Morrocoy, Choroní, Colonia Tovar, parc Canaima) offrent un niveau de sécurité jugé correct à condition de choisir un hébergement sûr et de passer par des professionnels qualifiés pour les excursions. Une assurance voyage couvrant soins et rapatriement est indispensable : l’ambassade ne prend pas en charge les frais médicaux.

Climat : quand le temps est le plus favorable

Le climat est tropical, tempéré par l’altitude. À Caracas, les maximales oscillent entre 27 et 29 °C toute l’année et les nuits descendent vers 17 à 21 °C. Il pleut peu de janvier à avril (21 mm en mars), puis la saison des pluies s’installe de juin à novembre, avec un pic en octobre (144 mm). Dans les Andes, autour de Mérida, il fait nettement plus frais ; sur la côte caraïbe et à Los Roques, il fait chaud et sec une grande partie de l’année. Le Salto Ángel, alimenté par les pluies, coule à plein débit pendant la saison humide et peut se réduire à un filet d’eau en fin de saison sèche.

Climat de Caracas mois par mois : température maximale, pluie et jours de pluieNormales 1991-2020 à Caracas (La Carlota). Maximales moyennes de 27 °C en décembre-janvier à 29 °C en avril-mai. Pluie : 21 à 56 mm par mois de janvier à avril, 107 à 144 mm de juin à décembre, octobre étant le mois le plus arrosé. Saison sèche de décembre-janvier à avril, saison des pluies de juin à novembre.Caracas, mois par moisJFMAMJJASONDMaximum moyen (°C)272829292928282829292827Pluie moyenne (mm)5643214870113121133118144130107Jours de pluie4324711131291197Sec (moins de 60 mm)Intermédiaire (60 à 100 mm)Pluvieux (plus de 100 mm)
Normales climatiques 1991-2020 de Caracas (station La Carlota, Organisation météorologique mondiale).

De juin à novembre, les ondes tropicales qui traversent le sud de la mer des Caraïbes provoquent des pluies intenses sur le nord du pays : inondations, coulées de boue et routes coupées sont fréquentes sur la côte centrale, l’axe Caracas-Maracay et dans les Llanos. Le territoire, Caracas comprise, est aussi en zone de risque sismique.

Ce que l’on peut voir au Venezuela

Les grands sites du pays sont dispersés et souvent accessibles uniquement par avion ou par bateau. Plusieurs se trouvent dans ou près de zones formellement déconseillées : la carte du ministère doit guider tout projet.

  • Parc national Canaima et Salto Ángel : 30 000 km² de savanes et de tepuys (plateaux de grès aux parois verticales), inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco en 1994. Le Salto Ángel tombe de 979 m, dont une chute libre de 807 m. Le campement de Canaima se rejoint par avion léger ; la chute, en pirogue ou en survol. Le parc est cité par le Quai d’Orsay parmi les sites accessibles avec précautions, mais le mont Roraima, à la frontière du Brésil et du Guyana, est en zone rouge.
  • Archipel de Los Roques : parc national depuis 1972, à 128 km au nord du port de La Guaira, avec un lagon central de 400 km², des dizaines de cayes et de bancs de sable ; seule zone du pays en vigilance jaune. Accès par avion léger ou par une longue traversée.
  • Mérida et les Andes : la ville universitaire est le point de départ vers la Sierra Nevada, dont le pic Bolívar, point culminant du pays (4 979 m). Le téléphérique de Mérida, l’un des plus longs et des plus hauts du monde, monte jusqu’au pic Espejo.
  • Côte caraïbe : le parc national Morrocoy et ses îlots, le village de Choroní au bord du parc Henri Pittier, l’île Margarita, la plus grande du pays.
  • Coro : centre colonial inscrit à l’Unesco en 1993, en architecture de terre crue, à côté des dunes des Médanos ; la péninsule de Paraguaná voisine est formellement déconseillée.
  • Llanos et Orénoque : immenses plaines inondables du centre, réputées pour l’observation de la faune (caïmans, capybaras, oiseaux) ; le delta de l’Orénoque, à l’est, est en zone rouge.
  • Caracas : la Cité universitaire, œuvre de l’architecte Carlos Raúl Villanueva, est inscrite à l’Unesco depuis 2000 ; le parc national El Ávila domine la ville.

Comment y aller et se déplacer

Il n’existe pas de vol direct entre la France et le Venezuela : les liaisons passent par une escale, principalement à Madrid, et selon les périodes par Lisbonne, Istanbul, Bogotá ou Panamá. Les compagnies ouvrent et suspendent régulièrement leurs lignes vers Caracas : vérifiez auprès de la compagnie juste avant de réserver et de partir. Avec un décalage de cinq à six heures, prévoyez une journée d’adaptation (voir nos conseils pour gérer le décalage horaire).

  • Présentez-vous à l’aéroport au moins 4 heures avant un vol international : les contrôles sont longs et les bagages fouillés systématiquement au départ.
  • Pour les vols intérieurs et les avions-taxis vers Canaima ou Los Roques, vérifiez la réputation de la compagnie : certaines figurent sur la liste des compagnies interdites dans l’Union européenne.
  • Sur la route, évitez de conduire de nuit (nids-de-poule, feux non respectés, barrages de contrôle propices au racket) et vérifiez la disponibilité d’essence avant chaque trajet.
  • En cas d’accident de la route, attendez la police sans déplacer le véhicule.

Argent, santé et règles locales

  • Argent : le retrait d’espèces au distributeur n’est pas possible pour les cartes étrangères et les cartes européennes peuvent être refusées ou bloquées. Emportez des dollars américains en petites coupures, dans les limites autorisées, sans les exposer ; ne changez pas d’argent à l’aéroport et tapez vous-même votre code de carte.
  • Santé : vaccin contre la fièvre jaune fortement recommandé (certificat exigé en provenance de Guyane) ; paludisme présent toute l’année dans les zones rurales sous 1 700 m de plusieurs États (dont Bolívar, Amazonas, Sucre, Mérida, Zulia) ; dengue, chikungunya et Zika transmis par les moustiques. Emportez vos médicaments en quantité suffisante, les pénuries étant fréquentes.
  • Stupéfiants : la peine encourue est le plus souvent de dix ans de prison, même pour de faibles quantités.
  • Mineurs : un enfant voyageant seul ou avec un seul parent doit disposer d’une autorisation parentale établie devant notaire vénézuélien.
  • Binationaux : les Franco-Vénézuéliens doivent présenter un passeport vénézuélien valide pour quitter le pays.

Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour le Venezuela avant tout projet de départ, car la situation peut évoluer.

Questions fréquentes

Est-il dangereux d’aller au Venezuela ?

Oui, le risque est élevé : le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement les zones frontalières et plusieurs régions de l’est et du nord, et déconseille le reste du pays, Caracas comprise, sauf raison impérative. Seul l’archipel de Los Roques est en vigilance renforcée. Les sites touristiques les plus fréquentés restent accessibles avec de fortes précautions.

Comment aller au Venezuela depuis la France ?

En avion avec une escale, le plus souvent à Madrid, ou à Lisbonne, Istanbul, Bogotá ou Panamá selon les lignes ouvertes. Il n’y a pas de vol direct depuis Paris, et l’entrée par voie terrestre est formellement déconseillée.

Faut-il un visa pour le Venezuela ?

Pas pour un séjour touristique de 90 jours au plus : il faut un passeport valide plus de six mois après la date d’entrée. Un visa est exigé pour tout autre motif (travail, affaires, presse). À vérifier avant le départ.

Où se trouve le Venezuela ?

Au nord de l’Amérique du Sud, sur la mer des Caraïbes, entre la Colombie à l’ouest, le Brésil au sud et le Guyana à l’est. Les îles d’Aruba, Bonaire et Curaçao sont au large de ses côtes, et Trinité-et-Tobago à l’est du golfe de Paria.

Quelle est la meilleure période pour le Venezuela ?

La saison sèche, de décembre à avril, est la plus agréable dans le nord et à Los Roques. Pour voir le Salto Ángel en pleine eau, la saison des pluies (juin à novembre) est plus favorable, au prix de routes parfois coupées.

Pays voisins présentés dans notre guide : la Colombie, le Guyana, ainsi que les îles proches de Curaçao et de Trinité-et-Tobago. Toutes les destinations du continent sont réunies sur la page voyager en Amérique.