Pour un road trip de 10 jours en Albanie, prévoyez une boucle d’environ 1 000 km au départ de l’aéroport de Tirana : deux jours dans les montagnes du nord (Shkodër et la vallée de Theth), puis Berat, Gjirokastër, l’Œil bleu, Butrint et la Riviera ionienne, avant de remonter par le col de Llogara. Les distances sont courtes, mais les routes de montagne sont lentes : comptez 50 à 60 km/h de moyenne hors des voies rapides, et ne programmez pas plus de 3 heures de volant par jour, sauf une journée de liaison.
Cet itinéraire prolonge notre guide de voyage en Albanie, qui couvre la meilleure saison, les formalités et le budget. Ici, tout est pensé pour la voiture : ordre des étapes, kilomètres et temps de route, nuits conseillées et règles de conduite à connaître.
La boucle de 10 jours en un coup d’œil
| Jour | Étape | Distance | Route | Nuit |
|---|---|---|---|---|
| J1 | Aéroport, Tirana | 20 à 25 km | 30 à 45 min | Tirana |
| J2 | Tirana → Kruja → Shkodër | 110 à 120 km | 2 h 30 avec le détour | Shkodër |
| J3 | Shkodër → Theth | 70 à 80 km | 2 h 30 à 3 h | Theth |
| J4 | Theth : cascade et Œil bleu de Theth | à pied | — | Theth |
| J5 | Theth → Shkodër → Berat | 260 à 280 km | 6 à 7 h (ou étape à Durrës) | Berat |
| J6 | Berat | à pied | — | Berat |
| J7 | Berat → Gjirokastër | 140 à 160 km | 2 h 30 à 3 h | Gjirokastër |
| J8 | Gjirokastër → Œil bleu → Butrint → Ksamil | 75 à 90 km | 2 h | Ksamil ou Sarandë |
| J9 | Ksamil → Riviera (Porto Palermo, Himarë) | 70 à 80 km | 1 h 30 à 2 h | Himarë ou Dhërmi |
| J10 | Riviera → col de Llogara → aéroport de Tirana | 220 à 240 km | 3 h 30 à 4 h | — |
Distances et temps arrondis, sans les pauses. En juillet-août, ajoutez une marge sur la côte, où la circulation se densifie fortement autour de Sarandë et Ksamil.
Avant de prendre la route : location et code de la route
Louer auprès d’une agence professionnelle. Le ministère des Affaires étrangères recommande d’éviter les locations entre particuliers, souvent mal assurées, et conseille fortement une assurance tous risques. En cas d’accident avec plus de 300 € de dégâts estimés, ne déplacez pas les véhicules et demandez un constat à la police : sans lui, l’assurance de l’agence risque de ne pas jouer. Si vous comptez passer au Monténégro ou en Grèce, faites-le préciser dans le contrat : la sortie du territoire est rarement autorisée par défaut.
Les règles qui comptent. Le permis français suffit. Les feux de croisement sont obligatoires de jour comme de nuit. Les limitations sont de 110 km/h sur autoroute, 90 km/h sur route nationale, 80 km/h sur le réseau secondaire et 40 km/h en agglomération. La tolérance à l’alcool est nulle : dès le premier verre, amende et retrait de permis.
Conduire de jour. Les routes de montagne sont en assez bon état mais sinueuses ; piétons, troupeaux et cyclistes circulent sur toutes les voies, y compris les rapides. La conduite de nuit est déconseillée hors des villes. L’axe Fushë-Krujë – Shkodër, que vous emprunterez le deuxième jour, est désigné par le Quai d’Orsay comme le plus accidentogène du pays.
Carburant et stationnement. Les stations sont nombreuses sur les axes principaux, plus rares dans les vallées du nord : faites le plein à Shkodër avant Theth. Le paiement par carte n’est pas garanti partout ; gardez des leks. Sur la Riviera en été, choisissez un hébergement avec parking : se garer au bord de mer à Sarandë ou Ksamil est un casse-tête.
Jours 1 et 2 : Tirana, Kruja et Shkodër
L’aéroport est au nord-ouest de Tirana, à 30 à 45 minutes du centre selon la circulation. Après la prise du véhicule, garez-vous à l’hôtel et visitez la capitale à pied : la place Skanderbeg, la mosquée Et’hem Bey, le musée Bunk’Art 2 dans un abri antiatomique du centre, et le soir le quartier du Blloku. Ne conduisez pas dans le centre aux heures de pointe : la circulation y est dense et peu disciplinée.
Le lendemain, prenez la route du nord. Kruja est un détour d’une demi-heure environ depuis la nationale : forteresse de Skanderbeg, musée ethnographique et vieux bazar couvert, comptez 2 heures. Continuez jusqu’à Shkodër, au bord du plus grand lac des Balkans, partagé avec le Monténégro. En fin de journée, montez à la forteresse de Rozafa, au-dessus de la confluence des rivières, pour la vue sur le lac.
Jours 3 et 4 : la vallée de Theth
Faites le plein et des courses à Shkodër, puis partez tôt pour Theth, à 70 à 80 km. La route longe le lac puis grimpe dans les Alpes albanaises par un col en lacets avant de redescendre dans la vallée : comptez 2 h 30 à 3 h, sans vous presser. Elle convient à une voiture de tourisme à la belle saison, mais la neige peut la rendre impraticable de l’automne au printemps : renseignez-vous auprès de votre hébergement avant de partir. Hors été, préférez faire le trajet en minibus avec chauffeur depuis Shkodër.
Dormez deux nuits dans une maison d’hôtes de la vallée, souvent en demi-pension. Sur place, tout se fait à pied :
- la cascade de Grunas, à moins d’une heure de marche du centre du village ;
- la tour d’enfermement (kulla), où les hommes menacés par la vendetta se réfugiaient selon le Kanun, le droit coutumier des montagnes ;
- l’Œil bleu de Theth, une vasque d’eau turquoise à environ 8 km au sud du village : depuis le parking du hameau de Nderlysaj, accessible en voiture, comptez 7 km aller-retour et 2 h 30 à 3 h ; à pied depuis Theth, c’est une journée complète ;
- pour les bons marcheurs, la montée vers le col de Valbona sur le sentier qui relie les deux vallées, en aller-retour puisque la voiture reste à Theth.
Le Quai d’Orsay recommande un guide local en montagne, de signaler son itinéraire et de surveiller la météo. Emportez un tire-tique : les tiques sont nombreuses dans les herbes hautes.

Jour 5 : la longue liaison vers Berat
C’est la seule grosse journée de volant : 2 h 30 à 3 h pour redescendre à Shkodër, puis 3 h 30 à 4 h jusqu’à Berat par Tirana ou Durrës et la voie rapide vers Fier. Partez à 8 h, déjeunez en route et arrivez avant la tombée de la nuit. Le plus confortable reste de couper : dormez à Durrës, sur la côte adriatique (2 h à 2 h 30 depuis Shkodër), et rejoignez Berat le lendemain matin en 1 h 30 à 2 h, en prenant sur la journée de visite.
Jour 6 : Berat
Berat est classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008, avec Gjirokastër. Les maisons ottomanes blanches du quartier de Mangalem s’étagent face à celles de Gorica, de l’autre côté de l’Osum, d’où le surnom de « ville aux mille fenêtres ». Montez à pied à la citadelle, encore habitée, pour ses églises byzantines et le musée Onufri consacré aux icônes ; la rue est raide et pavée, mieux vaut laisser la voiture en bas. Le soir, la promenade du boulevard au bord de la rivière se remplit de familles.
Si vous avez une demi-journée de plus, le canyon de l’Osum, en amont vers Çorovodë, se découvre en voiture depuis des belvédères ou en rafting au printemps, quand le débit le permet.
Jour 7 : de Berat à Gjirokastër
Comptez 2 h 30 à 3 h par Ballsh et Tepelenë, une route de vallées agréable. Gjirokastër, inscrite à l’Unesco depuis 2005, est l’autre ville ottomane du pays, tout en pierre grise : maisons-tours à toits de lauze, bazar en pente et forteresse qui domine la vallée du Drino, avec ses tunnels et ses canons. Visitez une maison traditionnelle ouverte au public, comme la maison Skenduli. Les ruelles pavées sont glissantes : chaussures à semelle crantée.
Jour 8 : l’Œil bleu, Butrint et Ksamil
En route vers la côte, arrêtez-vous à l’Œil bleu (Syri i Kaltër), à environ 45 minutes de Gjirokastër : une source karstique d’un bleu profond au milieu d’un bois. Le dernier tronçon se fait à pied depuis le parking ; arrivez avant 10 h en été, quand les cars d’excursion débarquent.
Poursuivez jusqu’à Butrint, à une heure environ, au sud de Sarandë. Le site, inscrit à l’Unesco depuis 1992, se trouve dans une réserve naturelle au bord d’un lagon : théâtre grec, baptistère paléochrétien, murailles et tour vénitienne. Prévoyez 2 h 30 de visite, de l’eau et un chapeau. Dormez à Ksamil, à quelques minutes, pour les petites îles en face et la baignade en fin de journée, ou à Sarandë si vous cherchez plus de restaurants.
Jour 9 : la Riviera ionienne
Remontez la côte par la route SH8 vers le nord, en prenant votre temps.
- Porto Palermo : une baie fermée avec un fort ottoman sur sa presqu’île, attribué à Ali Pacha de Tepelenë.
- Himarë : la plage principale et le vieux village perché au-dessus.
- Gjipe : une plage de galets au débouché d’un canyon, accessible à pied depuis un parking payant en surplomb, par une piste d’environ 2 km sans ombre (20 à 30 minutes de descente, davantage à la remontée), ou en bateau.
- Dhërmi et Jale : criques d’eau claire, très animées l’été.
Dormez à Himarë ou à Dhërmi. Hors juillet-août, vous trouverez facilement de la place en arrivant ; en plein été, réservez.

Jour 10 : le col de Llogara et le retour
Partez le matin pour monter au col de Llogara (1 027 m), d’où la vue s’étend sur toute la Riviera : la route enchaîne les lacets depuis Dhërmi, puis traverse une forêt de pins avant de redescendre vers Orikum et Vlorë. Arrêtez-vous au belvédère du sommet et au site antique d’Apollonia, près de Fier, si votre vol est en soirée. De la Riviera à l’aéroport de Tirana, comptez 3 h 30 à 4 h de route ; rendez la voiture avec deux heures de marge.
Variantes selon votre temps et votre saison
- 7 jours : supprimez le nord (jours 2 à 5) et faites Tirana, Berat, Gjirokastër, Butrint et la Riviera, comme dans le programme court de notre page Albanie.
- 12 à 14 jours : ajoutez le lac de Koman en ferry entre Koman et Fierza, environ 2 h 30 de navigation, pour rejoindre Valbona. Les places pour les voitures sont limitées et le service fonctionne surtout en été : beaucoup de voyageurs laissent la voiture à Shkodër et font la boucle Koman – Valbona – Theth en minibus et à pied.
- Hors saison (novembre à mars) : oubliez Theth, souvent inaccessible, et beaucoup d’hôtels de la Riviera sont fermés ; Berat, Gjirokastër et Butrint se visitent alors sans foule.
- Vers les pays voisins : le Monténégro est à moins d’une heure de Shkodër, et la Grèce commence au sud de Gjirokastër, avec Corfou en face de Sarandë ; vérifiez alors l’autorisation de sortie et l’assurance de la voiture de location.
Ce qu’il faut savoir sur les hébergements
Les nuits les plus utiles à réserver tôt sont celles de Theth (peu de maisons d’hôtes, demi-pension fréquente) et de la Riviera en juillet-août. Ailleurs, les petites pensions familiales dominent : à Berat et Gjirokastër, dormez dans le vieux quartier, mais vérifiez s’il existe un parking accessible, car les ruelles sont étroites et pentues. Faites confirmer le prix de la chambre avant de vous installer.
Si c’est votre premier voyage de ce type, nos points clés pour organiser un road trip aident à préparer le budget et l’équipement, et le comparatif moto ou voiture pour un road trip peut vous faire hésiter, les routes albanaises étant appréciées des motards. Ceux qui poursuivent vers le sud trouveront des idées dans que faire et que voir en Grèce. Avant le départ, consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour l’Albanie, car la situation peut évoluer, et relisez dans notre page Albanie le point sur les cartes d’identité prolongées, refusées à la frontière.
Questions fréquentes
L’Albanie en 10 jours, est-ce suffisant pour un road trip ?
Oui pour combiner le nord (Theth), les villes ottomanes de Berat et Gjirokastër, Butrint et la Riviera, à condition d’accepter une longue journée de route entre Theth et Berat. Sans le nord, 7 jours suffisent.
Est-il dangereux de conduire en Albanie ?
Les routes sont globalement correctes, mais la conduite locale est imprévisible et la route est la première cause de décès accidentel dans le pays. Roulez de jour, respectez les limitations, ne buvez pas une goutte d’alcool et méfiez-vous des animaux et piétons sur les voies rapides.
Quel itinéraire pour un road trip en Albanie ?
La boucle la plus logique part de Tirana vers le nord (Shkodër, Theth), redescend par Berat et Gjirokastër jusqu’à Butrint, puis remonte la Riviera ionienne et le col de Llogara vers Tirana. On évite ainsi de faire deux fois la même route côtière.
Peut-on aller à Theth avec une voiture de location ?
Oui à la belle saison, avec une voiture de tourisme et un conducteur à l’aise en montagne : 70 à 80 km depuis Shkodër, 2 h 30 à 3 h. En hiver et au début du printemps, la neige rend souvent la route impraticable ; prenez alors un minibus avec chauffeur.
Où dormir sur la Riviera albanaise ?
Ksamil pour Butrint et les îlots, Sarandë pour les services, Himarë ou Dhërmi pour les plages du nord de la Riviera. En juillet-août, réservez un hébergement avec parking.
