En une semaine à Madère, vous pouvez voir Funchal, faire trois grandes randonnées (la crête du Pico do Areeiro au Pico Ruivo, la pointe de São Lourenço et une levada en forêt) et faire le tour de la côte, de Porto Moniz à Cabo Girão. La clé est de dormir à deux endroits : quatre nuits à Funchal pour le sud et l’est (dont la dernière, près de l’aéroport), deux sur la côte nord pour l’ouest et la forêt, ce qui évite les longs allers-retours. Avec une voiture, aucune étape ne dépasse 1 h 15 de route, mais certaines randonnées se réservent avant de partir.
Ce programme complète notre guide de voyage à Madère, qui traite la saison, le budget et les formalités. Ici, on entre dans le détail de chaque journée : ordre des visites, temps de route depuis la base, durée des sentiers et solutions de repli quand la montagne est dans les nuages.
Avant de commencer : trois règles qui changent l’organisation
Réserver les sentiers classés. Les randonnées balisées « PR » (Pico do Areeiro, 25 Fontes, São Lourenço, Caldeirão Verde, Balcões…) demandent une réservation en ligne sur le portail régional SIMplifica, avec un créneau d’entrée par demi-heure et un paiement à l’avance. Comptez quelques euros par personne et par sentier, davantage pour la traversée complète du PR1 ; tarifs variables, à vérifier sur la page randonnée de l’office de tourisme de Madère. Marcher sur un PR sans réservation est une infraction passible d’amende. Le réseau mobile est faible en montagne : réservez la veille, depuis l’hôtel.
Prévoir la météo par versant. Le sud (Funchal, Calheta) est souvent ensoleillé quand le nord et les sommets sont sous les nuages. Gardez donc les journées de montagne mobiles : consultez les webcams des sommets le soir et intervertissez les jours si besoin. C’est pour cela que l’itinéraire ci-dessous alterne côte et montagne.
Louer une voiture. Les départs de randonnée se font tôt et loin des lignes de bus pratiques. Les voies rapides (VR1 sur la côte sud, tunnels vers le nord) raccourcissent beaucoup les trajets ; les routes secondaires sont étroites et très pentues, d’où l’intérêt d’un moteur suffisant.
L’itinéraire de 7 jours en un coup d’œil
| Jour | Programme | Nuit | Route depuis la base |
|---|---|---|---|
| J1 | Funchal : vieille ville, marché, Monte | Funchal | — |
| J2 | Ponta de São Lourenço, Machico | Funchal | 35 à 45 min |
| J3 | Pico do Areeiro – Pico Ruivo (ou Balcões) | Funchal | 40 à 50 min |
| J4 | Santana, Levada do Caldeirão Verde | Côte nord | 50 min à 1 h |
| J5 | Rabaçal (25 Fontes, Risco), Fanal | Côte nord | 30 à 45 min |
| J6 | Seixal, Porto Moniz, Ponta do Pargo | Funchal | 1 h à 1 h 15 au retour |
| J7 | Cabo Girão, Câmara de Lobos, mer ou jardin | — | 15 à 25 min |
Les temps de route sont indicatifs, hors bouchons de Funchal et arrêts photo.
Jour 1 : Funchal à pied
Après l’arrivée (l’aéroport est à Santa Cruz, à une vingtaine de minutes de Funchal par la voie rapide), gardez la voiture au parking : le centre se fait à pied.
- Le marché des Lavradores : fruits tropicaux, fleurs et halle aux poissons (l’espada, le sabre noir, aux allures de créature des grands fonds). Venez le matin, quand l’activité bat son plein.
- La zona velha : la rue de Santa Maria et ses portes peintes, puis le front de mer jusqu’au fort de São Tiago.
- Monte : le téléphérique part du bord de mer et monte en une quinzaine de minutes. Sur place, l’église Notre-Dame-du-Mont et le jardin tropical Monte Palace (prévoyez 2 h). Redescendez en luge d’osier (carros de cesto) : deux « carreiros » en canotier poussent le panier sur environ 2 km de rue en pente jusqu’à Livramento, puis un taxi ou le bus ramène en ville.
- En soirée : un verre de vin de Madère dans une des caves historiques du centre, ou un dîner dans la zona velha.
Couchez-vous tôt : le réveil du jour 3 sonne avant l’aube.
Jour 2 : la pointe de São Lourenço et Machico
Depuis Funchal, comptez 35 à 45 minutes jusqu’au parking de la Baía d’Abra, au bout de la voie rapide après Caniçal. Le sentier PR8 Vereda da Ponta de São Lourenço fait 4 km à l’aller (8 km aller-retour), avec une durée estimée de 2 h 30 par l’office de tourisme ; ajoutez une heure si vous montez au belvédère du Pico do Furado. Le paysage n’a rien à voir avec le reste de l’île : roche volcanique ocre et rouge, falaises sur les deux mers, aucune forêt. Il n’y a aucune ombre : partez avant 9 h, avec 1,5 litre d’eau par personne et un coupe-vent, car la péninsule est très exposée au vent.
L’après-midi :
- Prainha près de Caniçal, l’une des rares plages de sable noir naturel de l’île, pour une baignade si la mer est calme ;
- Machico, où débarquèrent les premiers colons portugais, sa plage de sable clair aménagée et son centre ancien ;
- le belvédère du Cristo Rei de Garajau en rentrant vers Funchal.
Jour 3 : du Pico do Areeiro au Pico Ruivo
C’est la journée phare de la semaine, à placer le premier matin où les sommets sont dégagés. De Funchal, 40 à 50 minutes de route en lacets mènent au Pico do Areeiro (1 818 m), le troisième sommet de l’île, accessible en voiture. Beaucoup y montent pour le lever du soleil au-dessus de la mer de nuages : arrivez 30 à 45 minutes avant, car le parking se remplit, et emportez une veste chaude (il fait froid au sommet à l’aube, même en été).
Le sentier PR1 Vereda do Areeiro relie ensuite le Pico do Areeiro au Pico Ruivo (1 862 m), point culminant de Madère : 6,1 km, environ 3 heures, difficulté moyenne selon l’office de tourisme, avec escaliers taillés dans la roche, tunnels et passages vertigineux sécurisés par des rambardes. Deux options :
- La traversée complète, réservée en billet « aller simple » : au-delà du belvédère de Pedra Rija, le sentier ne se parcourt que dans un sens. Du Pico Ruivo, descendez par le PR1.2 jusqu’au parking d’Achada do Teixeira, au-dessus de Santana (2,8 km, comptez 45 min à 1 h), où vous aurez organisé un taxi ou un transfert vers votre voiture restée à l’Areeiro. Comptez une journée entière.
- L’aller-retour jusqu’à Pedra Rija, plus court et moins cher, qui donne déjà les plus belles vues de la crête.
Si vous n’êtes pas à l’aise avec le vide, remplacez la crête par le PR11 Vereda dos Balcões, depuis Ribeiro Frio, sur la route du retour : 1,5 km (3 km aller-retour), environ 1 h 30, facile, jusqu’à un balcon sur les vallées de la forêt Laurisilva. Ribeiro Frio a aussi un petit élevage de truites et quelques restaurants pour le déjeuner.

Jour 4 : Santana et la Levada do Caldeirão Verde, puis la côte nord
Libérez la chambre de Funchal et passez au nord par Santana, à 50 minutes à 1 heure de route. Les maisons triangulaires au toit de chaume y sont devenues le symbole de l’île ; quelques-unes se visitent dans le centre.
Au-dessus du village, la maison forestière de Queimadas marque le départ du PR9 Levada do Caldeirão Verde : l’office de tourisme indique 8,7 km à l’aller (17,4 km aller-retour) jusqu’au terminus du Caldeirão do Inferno, difficulté moyenne, et une durée de 6 h 30 ; prévoyez la journée. Le sentier suit la levada dans la Laurisilva, la forêt de lauriers inscrite à l’Unesco en 1999, passe plusieurs tunnels et atteint, avant ce terminus, le Caldeirão Verde : une cascade d’une centaine de mètres qui tombe dans un bassin, où la plupart des marcheurs font demi-tour. Lampe frontale indispensable, vêtements de pluie conseillés : le nord est le versant humide. Ceux qui préfèrent une demi-journée peuvent faire demi-tour au bout d’une heure ou deux de marche.
En fin d’après-midi, rejoignez votre base du nord par la côte : São Vicente, Seixal ou Porto Moniz. Faites un arrêt au belvédère de Guindaste, au-dessus de la mer, peu après Santana.
Jour 5 : Rabaçal, 25 Fontes et la forêt de Fanal
Depuis São Vicente ou Seixal, montez sur le plateau de Paul da Serra (30 à 45 minutes), une lande plate à environ 1 500 m d’altitude, inattendue sur une île aussi verticale. Le départ des levadas de Rabaçal se fait en contrebas de la route ER105.
- PR6 Levada das 25 Fontes : 4,3 km à l’aller (8,6 km aller-retour), 3 heures, difficulté moyenne. Il mène à un bassin alimenté par une multitude de filets d’eau.
- PR6.1 Levada do Risco : 1,5 km, facile, environ 2 heures selon l’office de tourisme, vers une haute cascade. Il part du même endroit : les deux s’enchaînent dans la matinée.
C’est le sentier le plus fréquenté de l’île : prenez le premier créneau du matin. La petite route goudronnée qui descend à la maison forestière de Rabaçal (environ 2 km) n’est pas ouverte aux voitures particulières : garez-vous en haut, sur la route principale, puis descendez à pied (et remontez au retour) ou prenez la navette payante de la municipalité de Calheta quand elle circule.
L’après-midi, roulez vers la forêt de Fanal, à 25 à 35 minutes : de vieux lauriers tordus dans une prairie, souvent pris dans le brouillard, ce qui fait tout le charme du lieu. Une promenade libre d’une heure autour de la cuvette suffit ; le sentier balisé PR13 (10,8 km) est réservé à ceux qui veulent marcher davantage.
Jour 6 : Seixal, Porto Moniz et la pointe ouest
Journée de récupération au bord de l’eau :
- Seixal : plage de sable noir entre les falaises vertes, et piscines naturelles libres d’accès près du port.
- Porto Moniz, à un quart d’heure : les piscines de lave aménagées (entrée payante, vestiaires, maîtres-nageurs en saison) et, à côté, des bassins naturels gratuits. L’eau de l’Atlantique y reste fraîche, même en été.
- La route du sud-ouest : Ponta do Pargo et son phare sur la falaise, puis les villages en contrebas de Paul do Mar et Jardim do Mar.
Rentrez ensuite à Funchal par la côte sud (Calheta, Ponta do Sol, puis la voie rapide) : 1 h à 1 h 15 depuis Porto Moniz. Si vous aimez les couchers de soleil, attendez-le à Ponta do Pargo et dormez une nuit de plus dans l’ouest, à Calheta.
Jour 7 : Cabo Girão et Câmara de Lobos
Gardez une journée courte avant le vol.
- Cabo Girão (15 à 25 minutes de Funchal) : une falaise d’environ 580 m, avec une plateforme vitrée suspendue au-dessus des champs en terrasses et de la mer.
- Câmara de Lobos : port de pêche aux barques colorées, à 15 minutes de Funchal, où l’on goûte la poncha (rhum de canne, miel, citron).
- Ensuite, au choix : une sortie en mer depuis Funchal ou Calheta pour observer dauphins et cétacés (comptez 2 à 3 heures), ou le jardin botanique de Madère, sur les hauteurs de Funchal, si vous n’avez pas encore vu assez de fleurs.

Adapter la semaine à votre profil
- Peu de randonnée : gardez Funchal comme seule base, remplacez le PR1 par le lever du soleil au Pico do Areeiro et les Balcões, et le Caldeirão Verde par une balade d’une heure à Fanal. Les excursions organisées en minibus depuis Funchal couvrent l’est et le nord-ouest.
- Randonneurs : ajoutez le PR1.2 seul depuis Achada do Teixeira si la crête était dans les nuages, ou passez à dix jours avec d’autres levadas.
- En famille : São Lourenço jusqu’au premier belvédère, Balcões, Rabaçal par le Risco (court) et les piscines de Porto Moniz conviennent aux enfants habitués à marcher. Évitez la crête du PR1 avec de jeunes enfants.
- Sans voiture : restez à Funchal et combinez bus locaux, téléphérique et excursions à la journée ; l’accès aux départs de randonnée tôt le matin devient plus compliqué.
- Avec dix jours : ajoutez deux jours à Porto Santo, l’île voisine et sa longue plage de sable, à 2 h à 2 h 30 de ferry depuis Funchal ou un court vol.
Ce qu’il faut emporter pour cette semaine
- Chaussures de randonnée à semelle crantée : les chemins de levada sont souvent mouillés et glissants.
- Une lampe frontale par personne pour les tunnels (Caldeirão Verde, PR1).
- Coupe-vent et polaire pour l’altitude, même en été ; maillot de bain pour les piscines naturelles.
- Une gourde, de la crème solaire et un chapeau pour São Lourenço.
- Vos réservations SIMplifica enregistrées hors ligne sur le téléphone.
Pour un deuxième voyage dans l’Atlantique, notre itinéraire de 15 jours aux Açores suit la même logique de randonnées et de routes côtières, et le comparatif Lanzarote ou Tenerife en février aide à choisir entre les îles de l’hiver doux ; les îles Canaries sont l’autre archipel à combiner ou comparer. Si vous passez par le continent, Lisbonne mérite une escale : voyez ses musées les plus intéressants et notre page voyager au Portugal. Saison, budget et hébergements de l’île sont réunis dans le guide complet de Madère.
Questions fréquentes
Madère en 7 jours, est-ce suffisant ?
Oui pour faire le tour de l’île et trois ou quatre randonnées, à condition de changer de base à mi-séjour. Avec dix jours, vous ajoutez Porto Santo ou des levadas moins connues, et vous gagnez une marge pour les jours de mauvais temps en montagne.
Où loger pour visiter Madère en une semaine ?
L’idéal est de passer trois nuits à Funchal (centre, est, Pico do Areeiro), deux sur la côte nord, à São Vicente, Seixal ou Porto Moniz, au plus près de Rabaçal et de Fanal, puis la dernière de nouveau à Funchal. Une base unique à Funchal reste possible, au prix de trajets plus longs vers l’ouest.
Faut-il réserver les randonnées à Madère ?
Oui pour les sentiers classés PR, dont le Pico do Areeiro – Pico Ruivo, les 25 Fontes, São Lourenço et le Caldeirão Verde : réservation et paiement en ligne sur le portail SIMplifica, avec un créneau horaire. Les autres chemins restent libres.
Quel ordre suivre pour un itinéraire à Madère ?
Commencez par Funchal, puis placez la crête Areeiro – Ruivo le premier matin dégagé. Groupez l’est et Funchal pendant la première moitié, puis le nord et l’ouest depuis une seconde base, et terminez par Cabo Girão et Câmara de Lobos, proches de l’aéroport.
Que faire à Madère quand il pleut ou que les sommets sont dans les nuages ?
Basculez sur le versant sud, souvent plus sec : Funchal, ses jardins et ses caves, Cabo Girão, Câmara de Lobos, ou une sortie en mer si la houle le permet. La forêt de Fanal, elle, se visite très bien dans le brouillard.
