Voyage en Algérie : visa, sécurité, quand partir et que voir

On peut voyager en Algérie : Alger et Oran sont en vigilance normale selon le ministère des Affaires étrangères, et le Sahara se visite avec une agence agréée. En revanche, les zones frontalières sont formellement déconseillées, et un visa obtenu avant le départ est obligatoire. Comptez une semaine pour Alger, Tipasa, la côte de Béjaïa et Constantine, autant pour un circuit saharien dans le Tassili ou le Hoggar, à faire d’octobre à avril. Paris est à un peu plus de deux heures de vol d’Alger.

L’Algérie en un coup d’œil

CapitaleAlger
LanguesArabe et tamazight (berbère), langues officielles ; le français est très répandu
MonnaieDinar algérien (DZD), non convertible : les non-résidents ne peuvent ni en importer ni en exporter ; on change sur place
Décalage avec ParisAucun en hiver ; -1 h en été (pas d’heure d’été en Algérie)
Vol depuis ParisVols directs vers Alger, Oran, Constantine et d’autres villes, environ 2 h à 2 h 30 ; ferries depuis Marseille (une vingtaine d’heures pour Alger)
FormalitésVisa obligatoire, à demander au consulat d’Algérie ; visa à l’arrivée seulement pour les séjours organisés dans le Grand Sud par une agence agréée
Meilleure périodeAvril-mai et octobre au nord ; octobre à avril au Sahara
Durée conseillée7 à 10 jours pour le nord, 8 à 12 jours pour un circuit saharien

Quand partir en Algérie ?

Le littoral a un climat méditerranéen : à Alger, 17 °C l’après-midi en janvier, plus de 32 °C en août, et l’essentiel des pluies de novembre à mars. Les Hauts Plateaux et l’Est (Constantine, Sétif, Batna) sont plus contrastés, avec des hivers frais et parfois neigeux et des étés chauds. Le Sahara, qui couvre plus des quatre cinquièmes du pays, se visite d’octobre à avril : à Tamanrasset, il fait 20 à 26 °C le jour en hiver, mais les nuits peuvent descendre vers 0 °C dans les massifs et en bivouac.

Quand partir en Algérie : températures maximales moyennes à Alger, Constantine et TamanrassetTempératures maximales moyennes par mois, normales 1991-2020. Alger : 17 °C en janvier, 22 °C en avril, 32 à 33 °C en juillet-août, 27 °C en octobre. Constantine, à l’intérieur : 12 °C en janvier, 20 °C en avril, 35 °C en juillet. Tamanrasset, dans le Hoggar : 21 °C en janvier, 31 °C en avril, 36 °C en juin-juillet, 30 °C en octobre, avec des nuits proches de 5 °C en hiver. Printemps et automne conviennent au nord, octobre à avril au Sahara.Température maximale moyenne (°C)JFMAMJJASONDAlger · littoral171820222529323330262118Constantine · Hauts Plateaux de l’Est121317202531353529241813Tamanrasset · Sahara, Hoggar202326313436363534302522Frais (moins de 18 °C)Agréable (18 à 30 °C)Chaud (plus de 30 °C)
Températures maximales moyennes, normales 1991-2020 (Alger, aéroport de Constantine, Tamanrasset).
  • Avril-mai et octobre : le meilleur moment pour Alger, la Kabylie et les sites romains de l’Est.
  • Juin à septembre : saison des plages sur la côte (Tipasa, Béjaïa, Jijel, Oran), chaleur forte à l’intérieur ; le désert est à éviter.
  • Novembre à mars : la grande saison saharienne (Djanet, Tamanrasset, Timimoun) ; le nord est doux mais plus pluvieux.
  • Ramadan : sa date recule d’environ onze jours chaque année ; restaurants fermés en journée et rythme décalé vers la soirée.

Combien de jours et quel itinéraire ?

DuréeItinéraire type
4-5 joursAlger (Casbah, Notre-Dame d’Afrique, jardin d’Essai, musée du Bardo) et Tipasa
7-10 joursAlger (3 j) → Tipasa (1 j) → Béjaïa et sa corniche (2 j) → Constantine (2 j) → retour à Alger en avion
8-12 joursCircuit saharien organisé : Djanet et le Tassili n’Ajjer, ou Tamanrasset et l’Assekrem dans le Hoggar, ou Timimoun et les ksour du Gourara
Week-endOran : front de mer, fort de Santa Cruz, quartier de Sidi El Houari

Le pays est immense (le plus grand d’Afrique) : pour les longues distances, l’avion est recommandé plutôt que la route, notamment pour rejoindre le Sud. Pour Oran, voir notre article sur les choses à ne pas manquer à Oran.

Que voir en Algérie ?

Alger et la côte

La Casbah d’Alger, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, est une médina ottomane en escaliers dominant la baie, avec le palais du Dey et les mosquées anciennes ; visitez-la avec un guide local. La ville coloniale, la basilique Notre-Dame d’Afrique, le jardin d’Essai du Hamma et le Mémorial du martyr complètent la visite. À 70 km à l’ouest, Tipasa aligne des ruines romaines au bord de la mer, classées elles aussi ; à l’est, Béjaïa et la corniche de Jijel offrent les plus beaux paysages côtiers.

L’Est : Constantine et les cités romaines

Constantine, bâtie sur un rocher que le Rhumel entoure de gorges profondes, est surnommée la « ville des ponts suspendus ». Les deux grandes cités romaines de la région, Djémila (ancienne Cuicul) et Timgad, ville au plan en damier fondée sous Trajan, sont classées par l’Unesco. Elles se trouvent cependant dans les wilayas de Sétif et de Batna, que le ministère déconseille sauf raison impérative (trafics, groupes armés résiduels dans les massifs) : ne les visitez pas sans vous renseigner auprès des autorités et sans accompagnateur local.

Le Sahara

Le Tassili n’Ajjer, au-dessus de Djanet, est un plateau de grès sculpté qui abrite des milliers de peintures et gravures rupestres, classé au patrimoine mondial. Dans le Hoggar, autour de Tamanrasset, la piste de l’Assekrem mène à l’ermitage de Charles de Foucauld et à l’un des panoramas les plus connus du Sahara. Plus au nord, la vallée du M’Zab (Ghardaïa) et ses cinq ksour sont classés par l’Unesco, et Timimoun, oasis de terre rouge du Gourara, sert de base pour les dunes du Grand Erg occidental. Le désert ne se parcourt jamais sans guide : les randonnées se font avec l’accord des autorités, sur des parcours surveillés, parfois avec une escorte.

Comment y aller et se déplacer

Plusieurs compagnies relient sans escale Paris et les grandes villes françaises à Alger, Oran, Constantine et d’autres aéroports algériens, en un peu plus de deux heures. Des ferries partent de Marseille vers Alger (une vingtaine d’heures) et Oran (environ un jour), pratiques pour venir avec sa voiture ; une assurance et un titre de passage en douane sont alors souscrits au port. Sur place, le permis français suffit pour un séjour de moins de 90 jours, mais restez sur les grands axes : les routes de montagne et secondaires présentent des risques de banditisme. Le train relie les villes du nord, et l’avion dessert le Sud.

Le retrait d’argent aux distributeurs est difficile pour les cartes étrangères : emportez des euros et changez-les dans une banque ou un bureau agréé, en conservant les justificatifs. Les devises égales ou supérieures à 1 000 € doivent être déclarées à l’entrée et à la sortie.

Quel budget pour un voyage en Algérie ?

À titre indicatif : un aller-retour Paris-Alger coûte souvent entre 150 et 400 €, nettement plus pendant l’été et les fêtes, quand la demande de la diaspora est forte. Sur place, les transports intérieurs, les repas et les petits hôtels restent abordables ; l’hébergement de bon standing à Alger est plus cher. Un circuit saharien de 8 jours avec agence agréée, guide, véhicule et bivouacs représente le plus gros poste, souvent 1 200 à 2 000 € par personne avec le vol. Montants à vérifier auprès des agences.

Sécurité : les zones à éviter

Le ministère des Affaires étrangères classe Alger et Oran en vigilance normale, avec un dispositif de sécurité important. Le reste du pays est réparti ainsi :

  • Formellement déconseillé (rouge) : l’ensemble des zones frontalières, sauf au nord de Tébessa : frontière tunisienne à partir et au sud de Tébessa, frontières libyenne, nigérienne et malienne, frontière marocaine (fermée).
  • Déconseillé sauf raison impérative (orange) : wilayas d’Aïn Defla, de Batna et de Sétif, massif des Aurès, massif de Chréa, région de Tindouf et région pétrolière de Hassi Messaoud.
  • Vigilance renforcée (jaune) : le Sahara et les zones désertiques autour de Tamanrasset, accessibles uniquement avec un guide et une agence agréée ; l’axe transsaharien entre le sud de Ghardaïa et In Salah connaît des actes de banditisme.

Les intérêts français sont une cible déclarée des groupes terroristes : suivez les consignes des autorités, évitez les rassemblements et ne photographiez ni bâtiments officiels ni personnes sans leur accord. Drones, jumelles et GPS sont soumis à autorisation. Toute production de contenu destiné à être publié en ligne (blog, réseaux sociaux), même amateur, doit être signalée lors de la demande de visa. Le pays est aussi en zone sismique. Une assurance voyage couvrant soins et rapatriement est indispensable. Consultez la fiche Conseils aux voyageurs pour l’Algérie avant le départ, car la situation peut évoluer.

Questions fréquentes

Peut-on voyager en Algérie sans danger ?

Oui, avec un visa : Alger et Oran sont en vigilance normale et le Sahara se visite avec une agence agréée. Les zones frontalières sont formellement déconseillées, et plusieurs wilayas (Aïn Defla, Batna, Sétif, Aurès, Tindouf, Hassi Messaoud) le sont sauf raison impérative. Vérifiez la fiche du ministère avant le départ.

Quelles sont les formalités pour aller en Algérie ?

Un passeport et un visa demandé avant le départ au consulat d’Algérie de son lieu de résidence (il en existe dix-huit en France). Pour un séjour organisé dans le Grand Sud par une agence agréée, un visa peut être délivré à l’arrivée, pour trente jours au plus, sur présentation d’une autorisation d’embarquement fournie par l’agence. À vérifier avant le départ.

Pourquoi y a-t-il si peu de touristes en Algérie ?

L’obligation de visa, la décennie noire des années 1990, des infrastructures touristiques limitées hors des grandes villes et l’encadrement strict du Sahara ont longtemps freiné le tourisme. Le pays compte pourtant sept sites inscrits au patrimoine mondial et une partie du Sahara parmi les plus spectaculaires.

Quel est le prix d’un voyage en Algérie ?

En ordre de grandeur : 150 à 400 € pour le vol aller-retour hors haute saison, un coût de la vie modéré sur place, et 1 200 à 2 000 € par personne pour un circuit saharien organisé de 8 jours, vol compris.

Pour d’autres voyages au Maghreb : la Tunisie et le Maroc, plus faciles d’accès sans visa ; pour un autre grand désert et des sites antiques, l’Égypte. Toutes les destinations du continent sont sur la page voyager en Afrique.