Voyage au Nigéria : sécurité, Lagos, visa et ce qu’il faut savoir
Le Nigéria n’est pas une destination de tourisme classique : le ministère français des Affaires étrangères juge que traverser le pays à des fins touristiques est à proscrire. Une grande partie du Nord, du delta du Niger et des zones frontalières est formellement déconseillée, et la plupart des autres régions sont déconseillées sauf raison impérative. Seuls l’État de Lagos, la ville d’Abuja, Ibadan, Abeokuta et les autoroutes qui les relient sont en vigilance renforcée. La plupart des voyageurs y vont pour des raisons familiales ou professionnelles, d’abord à Lagos : visa obligatoire, vols directs depuis Paris, accueil organisé dès l’aéroport.
Le Nigéria en un coup d’œil
| Repère | À savoir |
|---|---|
| Capitale | Abuja ; Lagos est la plus grande ville et le centre économique |
| Langues | anglais (officielle) ; haoussa, yoruba, igbo et des centaines d’autres langues |
| Monnaie | naira (NGN) |
| Décalage avec Paris | aucun en hiver, −1 h en été (UTC+1 toute l’année) |
| Vol depuis Paris | vols directs d’Air France vers Lagos et Abuja ; sinon une escale (Casablanca, Istanbul, Addis-Abeba…) |
| Formalités (Français) | passeport valide 6 mois après le retour, visa obligatoire demandé en ligne puis déposé au centre de visas à Paris ; à vérifier avant le départ |
| Santé | vaccin contre la fièvre jaune très fortement recommandé (exigé si l’on vient d’un pays où elle sévit), paludisme toute l’année |
| Meilleure période | décembre à février, en saison sèche |
| Superficie et population | 923 768 km², environ 1,7 fois la France ; pays le plus peuplé d’Afrique |
Sécurité : la carte du Quai d’Orsay
La carte de vigilance distingue trois niveaux. Les noms d’États sont utiles pour comprendre la carte et préparer tout déplacement professionnel.
- Formellement déconseillé (rouge) : le Nord-Est (Borno, Yobe, Gombe, Bauchi, Jigawa, Kano hors la ville, Adamawa au nord de la Bénoué), le Nord-Ouest (Sokoto, Zamfara, Katsina, Kaduna hors la ville, l’ouest de Kebbi, la frontière avec le Niger et le Bénin), l’ouest de l’État de Niger, le nord et l’ouest de Kwara, le nord-ouest d’Oyo avec le parc national d’Old Oyo, les États pétroliers de Bayelsa, Rivers (hors Port Harcourt), Delta et Akwa Ibom, ainsi que la frontière camerounaise.
- Déconseillé sauf raison impérative (orange) : la Middle Belt (Benue, Plateau, Nasarawa, Kogi, Taraba…), la plupart des États du Sud et du Sud-Est (Edo, Enugu, Anambra, Imo, Cross River…), Ogun, Osun et Oyo hors Ibadan et Abeokuta, le territoire de la capitale fédérale hors la ville d’Abuja, les villes de Kano, Kaduna et Port Harcourt, et la zone maritime, en raison de la piraterie.
- Vigilance renforcée (jaune) : l’État de Lagos, la ville d’Abuja, Ibadan, Abeokuta et les autoroutes Lagos-Abeokuta-Ibadan.
Les risques sont durables : groupes djihadistes dans le Nord, enlèvements contre rançon dans tout le pays, grande criminalité, accidents de la route très fréquents. Même en zone jaune, le ministère recommande de se faire accueillir à l’aéroport par des personnes connues, de ne pas se déplacer à pied, de rouler vitres fermées et portières verrouillées, de ne pas circuler la nuit, d’éviter les transports en commun et les rassemblements, et de limiter l’usage de la carte bancaire internationale, souvent piratée. Inscrivez-vous sur le service Ariane et consultez la fiche Conseils aux voyageurs du Nigéria avant le départ, la carte pouvant évoluer.
Lagos : ce que l’on peut voir
Le ministère qualifie Lagos de plus grande métropole africaine. Les quartiers de Victoria Island, Ikoyi et Banana Island sont les plus sûrs ; la partie continentale, notamment la route de l’aéroport, est plus exposée aux agressions. On y circule en voiture avec chauffeur, de jour, entre quelques adresses :
- Lekki Conservation Centre : réserve de mangrove et de forêt en pleine ville, avec passerelles en bois, singes et une longue passerelle dans la canopée.
- Nike Art Gallery, à Lekki : plusieurs étages d’art nigérian contemporain et traditionnel, l’une des plus grandes collections du pays.
- Freedom Park, sur Lagos Island : ancienne prison coloniale devenue parc culturel, avec concerts et expositions.
- Musée national de Lagos, à Onikan : sculptures, masques et bronzes du Bénin et d’Ifè.
- Plages : Tarkwa Bay, accessible en bateau depuis le port, et les plages de Lekki. Les courants sont dangereux et la baignade souvent déconseillée.
- Badagry, à l’ouest de l’État de Lagos, près du Bénin : musées et sites de mémoire de la traite des esclaves.
Ailleurs dans le pays : le patrimoine
Le Nigéria compte deux sites au patrimoine mondial de l’Unesco, tous deux en zone déconseillée. Le bois sacré d’Osun-Osogbo (2005), dans l’État d’Osun, est une forêt dédiée à la déesse yoruba Osun, ornée de sculptures et de sanctuaires ; il est en zone orange. Le paysage culturel de Sukur (1999), village fortifié et terrasses agricoles dans les monts Mandara, se trouve dans l’Adamawa, en zone rouge. Abeokuta, en vigilance renforcée, est connue pour l’Olumo Rock, un affleurement granitique qui servait de refuge aux Egba au XIXe siècle. À Abuja, le grand monolithe de Zuma Rock marque l’entrée de la capitale par la route de Kaduna, un axe classé à risque.
Quand partir au Nigéria ?
Dans le Sud, il fait chaud et humide toute l’année, entre 28 et 32 °C. La saison sèche, de décembre à février, est la plus agréable, même si l’harmattan, vent sec venu du Sahara, voile souvent le ciel de poussière. Les pluies tombent d’avril à octobre, avec un maximum en juin à Lagos et une courte accalmie en août. Le Nord, sahélien, connaît une saison sèche plus longue et des chaleurs plus fortes d’avril à juin.
Formalités, santé et budget
Le visa se demande sur le portail de l’immigration nigériane ; le dossier imprimé est ensuite déposé, avec paiement des frais, au centre de visas mandaté par l’ambassade à Paris. Une invitation ou un justificatif de motif est généralement demandé ; renseignez-vous auprès de l’ambassade du Nigéria. Le paludisme est présent dans tout le pays : traitement préventif indispensable. La vaccination contre la fièvre jaune est très fortement recommandée par le ministère, et le carnet de vaccination peut être contrôlé. L’offre de soins de qualité est concentrée à Lagos et Abuja : une assurance voyage couvrant l’évacuation sanitaire est indispensable.
Lagos est une ville chère pour un étranger : hôtels sécurisés de Victoria Island ou d’Ikoyi, chauffeur et parfois escorte représentent l’essentiel du budget. Prévoyez des espèces en dollars ou en euros à changer dans un circuit officiel, et utilisez votre carte bancaire avec prudence.
Destinations voisines
Pour découvrir l’Afrique de l’Ouest dans de meilleures conditions de sécurité, le Bénin voisin partage la culture yoruba et l’histoire de la traite, et le Ghana offre forts côtiers et parcs nationaux. Le Cameroun borde la frontière orientale. D’autres idées dans notre sélection des plus beaux endroits d’Afrique à visiter et nos destinations en Afrique.
Questions fréquentes
Lagos est-elle dangereuse ?
L’État de Lagos est en vigilance renforcée, le niveau le plus bas au Nigéria, mais la criminalité y reste élevée. Logez à Victoria Island ou à Ikoyi, faites-vous accueillir à l’aéroport, circulez en voiture avec chauffeur et jamais à pied ni de nuit.
Faut-il un visa pour le Nigéria ?
Oui. Le dossier se remplit en ligne sur le portail de l’immigration nigériane, puis se dépose au centre de visas mandaté par l’ambassade à Paris. Le passeport doit être valide six mois après la date de retour. À vérifier avant le départ auprès de l’ambassade.
Peut-on faire du tourisme au Nigéria ?
Le Quai d’Orsay considère que traverser le pays à des fins touristiques est à proscrire. Une visite de Lagos, ou d’Abuja, Ibadan et Abeokuta, reste possible avec un accueil sur place et des précautions strictes ; le reste du pays est déconseillé.
Y a-t-il des vols directs Paris-Lagos ?
Oui, Air France relie de longue date Paris-Charles-de-Gaulle à Lagos et à Abuja. Le vol direct dure environ 6 h 30 ; vérifiez les fréquences au moment de réserver.
