Soudan du Sud : capitale, géographie et conditions d’accès (pays déconseillé)

Le Soudan du Sud n’est pas une destination de voyage. Le ministère français des Affaires étrangères classe tout le territoire en zone formellement déconseillée, à l’exception de la capitale Djouba et des villes de Wau, Yambio et Aweil, elles-mêmes déconseillées sauf raison impérative. Les déplacements par la route sont formellement déconseillés. Cette page présente le pays (capitale, géographie, histoire, faune) et les conditions réelles d’accès pour les personnes qui s’y rendent pour des raisons professionnelles ou humanitaires.

Le Soudan du Sud en bref

CapitaleDjouba (Juba), plus grande ville du pays
Indépendance9 juillet 2011, après le référendum de janvier 2011 : c’est le plus jeune État reconnu du monde
Superficie644 329 km², un peu plus que la France métropolitaine
PopulationEnviron 12,1 millions d’habitants (estimation 2025)
LanguesAnglais (langue officielle) ; l’arabe de Djouba sert de langue commune ; nombreuses langues locales (dinka, nuer, bari…)
MonnaieLivre sud-soudanaise (SSP)
Décalage avec ParisUTC+3 toute l’année : +2 h en hiver, +1 h en été
VoisinsSoudan, Éthiopie, Kenya, Ouganda, république démocratique du Congo, Centrafrique
FormalitésVisa obligatoire, à obtenir avant le départ ; vaccin contre la fièvre jaune obligatoire ; à vérifier avant le départ
SécuritéTout le pays formellement déconseillé, sauf Djouba, Wau, Yambio et Aweil (déconseillées sauf raison impérative)

Quelle est la capitale du Soudan du Sud ?

La capitale du Soudan du Sud est Djouba, sur la rive ouest du Nil Blanc, dans le sud du pays. C’est le siège du gouvernement, des agences des Nations unies et de la plupart des ONG présentes dans le pays. L’aéroport international de Djouba est la seule porte d’entrée réaliste pour un étranger. Ne confondez pas avec Khartoum, capitale du Soudan voisin, dont le Sud s’est séparé en 2011.

Pourquoi le pays est-il déconseillé ?

Le Soudan du Sud a connu une guerre civile de 2013 à 2020 entre les partisans du président Salva Kiir et ceux de son ancien vice-président Riek Machar. Un accord de paix a été signé à Addis-Abeba le 12 septembre 2018, puis un gouvernement d’union a été formé en février 2020, mais les violences armées, les affrontements entre communautés et la criminalité restent fréquents dans de nombreuses régions. Le pays accueille aussi des réfugiés de la guerre au Soudan. Hors des villes, les routes sont peu sûres et, pendant la saison des pluies, beaucoup deviennent impraticables.

Concrètement, selon le Quai d’Orsay, les déplacements professionnels ne sont envisageables à Djouba, Wau, Yambio et Aweil que par voie aérienne et avec des règles de sécurité strictes. La situation peut changer vite : consultez la fiche Conseils aux voyageurs à jour et inscrivez-vous sur Ariane avant tout déplacement.

Géographie : le Nil Blanc et le Sudd

Le pays est traversé du sud au nord par le Nil Blanc, appelé ici Bahr el-Jebel. Avec son affluent le Bahr el-Ghazal, il alimente le Sudd, l’un des plus grands marais du monde : environ 30 000 km² de papyrus, de roseaux et de chenaux qui varient avec les crues. Le nord et le centre sont des plaines inondables où vivent des éleveurs de bétail (Dinka, Nuer). Le sud, vers l’Ouganda et la RDC, est plus vert et vallonné ; le point culminant, le mont Kinyeti (3 187 m), se trouve dans les monts Imatong, près de la frontière ougandaise.

Climat : saison sèche et saison des pluies

Il fait chaud toute l’année. À Djouba, les maxima moyens vont de 31 °C en juillet-août à 39 °C en février-mars. La saison des pluies s’étend d’avril à novembre, avec un pic en octobre (180 mm en moyenne), et la saison sèche de décembre à mars. C’est en saison sèche que les pistes sont praticables et que les organisations humanitaires acheminent l’essentiel de l’aide par la route ; en saison des pluies, de nombreuses zones ne sont accessibles que par avion.

Climat de Djouba, Soudan du Sud : températures maximales et pluies mois par moisNormales 1991-2020 à Djouba. Maxima moyens de 31 °C en juillet-août à 39 °C en février-mars. Pluies : 4 mm en janvier, 8 mm en décembre, 111 à 180 mm par mois d’avril à octobre, maximum en octobre. Saison sèche de décembre à mars, saison des pluies d’avril à novembre.Djouba : chaleur et pluies (normales 1991-2020)°C383939363432313133343637mm41136111129117143148116180718JFMAMJJASONDSaison sèche (routes praticables)Saison des pluies (pistes coupées)
Températures maximales moyennes (°C) et précipitations moyennes (mm) à Djouba. Source : normales OMM 1991-2020.

Faune : la migration des cobes à oreilles blanches

Le Soudan du Sud abrite l’une des plus grandes migrations d’antilopes d’Afrique. Chaque année, des centaines de milliers de cobes à oreilles blanches, de tiangs et de gazelles circulent entre le parc national de Boma (22 800 km², à l’est, près de l’Éthiopie) et le parc national de Badingilo, à l’est de Djouba. Les comptages aériens de 1980 dépassaient 800 000 cobes en saison sèche. Depuis 2022, l’ONG African Parks gère la restauration des deux parcs avec le gouvernement, et l’ensemble a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2026 sous le nom de « paysage migratoire Boma-Badingilo », sur la liste du patrimoine en péril.

Ces parcs ne sont pas ouverts à un tourisme classique : pas d’hébergements grand public, des accès par avion léger et un contexte de sécurité incompatible avec un safari d’agrément. Si c’est la grande faune d’Afrique de l’Est qui vous attire, les parcs du Kenya et de l’Ouganda voisins sont accessibles dans de bien meilleures conditions : voyez notre sélection des meilleurs parcs nationaux pour un safari au Kenya.

Peuples et cultures

Le pays compte plusieurs dizaines de groupes ethniques. Les Dinka et les Nuer, peuples d’éleveurs nilotiques, sont les plus nombreux ; viennent ensuite les Shilluk, les Bari, les Zandé (au sud-ouest, autour de Yambio) et bien d’autres. Le bétail tient une place centrale dans l’économie et la vie sociale (dot, statut, rites). La majorité de la population est chrétienne, avec des pratiques religieuses traditionnelles encore vivantes. L’économie repose presque entièrement sur le pétrole, exporté par oléoduc à travers le Soudan.

Conditions d’accès pour un déplacement professionnel

  • Vols : aucun vol direct depuis Paris. Djouba est desservie notamment par Ethiopian Airlines (via Addis-Abeba), Kenya Airways (via Nairobi), Egyptair (via Le Caire) et flydubai (via Dubaï) ; il faut donc au moins une escale.
  • Visa : obligatoire. Demande auprès de l’ambassade du Soudan du Sud à Paris, ou auprès des ambassades à Nairobi, Addis-Abeba et Kampala. Le visa à l’arrivée à Djouba est aléatoire et les compagnies peuvent refuser l’embarquement sans visa.
  • Enregistrement : pour un séjour de plus de trois jours, enregistrement obligatoire auprès du département de l’immigration dès l’arrivée.
  • Santé : certificat de vaccination contre la fièvre jaune exigé (plus de 9 mois) ; paludisme présent, surtout d’avril à octobre ; choléra. Le système de soins est très limité et une évacuation vers Nairobi ou Addis-Abeba est souvent nécessaire.
  • Assurance : une couverture des frais médicaux et du rapatriement est indispensable (voir notre page assurances voyage), en vérifiant qu’elle couvre bien une zone déconseillée.

Toutes ces conditions sont à vérifier avant le départ sur les pages entrée-séjour et santé du site France Diplomatie, mises à jour régulièrement.

Questions fréquentes

Peut-on faire du tourisme au Soudan du Sud ?

Non, pas dans des conditions raisonnables. Le pays est formellement déconseillé par la France, à l’exception de quatre villes elles-mêmes déconseillées sauf raison impérative. Il n’existe pas d’infrastructure touristique en dehors de quelques hôtels à Djouba fréquentés par les professionnels de l’aide et de la diplomatie.

Quelle est la différence entre le Soudan et le Soudan du Sud ?

Ce sont deux États distincts depuis le 9 juillet 2011. Le Soudan, au nord, a pour capitale Khartoum et pour langue principale l’arabe ; le Soudan du Sud, au sud, a pour capitale Djouba et pour langue officielle l’anglais. Les deux pays sont aujourd’hui déconseillés aux voyageurs.

Quelle langue parle-t-on au Soudan du Sud ?

L’anglais est la langue officielle, utilisée dans l’administration et l’enseignement. Dans la vie courante, l’arabe de Djouba sert de langue de communication entre les différents peuples, qui parlent chacun leur langue (dinka, nuer, bari, zandé…).

Quels pays voisins se visitent plus facilement ?

Au sud, l’Ouganda et le Kenya ont une offre touristique développée (parcs nationaux, lacs, montagnes). À l’est, l’Éthiopie compte de nombreux sites historiques, mais certaines de ses régions sont aussi déconseillées : vérifiez la fiche de chaque pays. Pour un panorama du continent, voyez notre page voyager en Afrique.